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Key findings
  • Presque trois-quarts (73%) des Tunisiens préfèrent la démocratie à toute autre forme de gouvernance. Moins d’entre eux rejettent les alternatives autoritaires comme les régimes de parti unique (56%), de « l’homme fort » (50%) et du militaire (39%).
  • Moins de la moitié (46%) des citoyens sont convaincus que la Tunisie est une démocratie performante, mais la majorité (54%) se déclarent satisfaite de la façon dont la démocratie fonctionne.
  • Près de neuf Tunisiens sur 10 (86%) affirment que le gouvernement doit toujours agir selon les lois en vigueur, mais la majorité qui affirment les mêmes contraints pour le Président de la République est plus faible (57%).
  • Près des deux tiers (64%) des Tunisiens disent qu’ils ont « quelque peu confiance » ou « beaucoup confiance » en leurs cours et tribunaux, une hausse de 21 points de pourcentage depuis 2013.
  • Malgré une tendance globalement positive de confiance envers les tribunaux, les deux tiers (66%) des Tunisiens déclarent que les gens sont traités de façon inéquitable devant la loi. Près de huit répondants sur 10 (77%) disent que les plus hauts placés qui commettent des crimes échappent « souvent » voire « toujours » à la loi.

La Tunisie se place huitième en Afrique et 56ième au niveau mondial selon l’Indice sur l’Etat de Droit du World Justice Project (2020) (Le360afrique.com, 2020). Basé sur des données primaires, cet indice mesure le rendement de chaque pays sur l’Etat de droit à travers huit facteurs : contraintes aux pouvoirs du gouvernement, absence de corruption, gouvernement ouvert, droits fondamentaux, ordre et sécurité, application des règlements, justice civile et justice pénale (Agence Ecofin, 2018).  En effet, la révolution tunisienne a entrainé des changements, et l’instauration d’un système démocratique est l’un d’eux. Aujourd’hui, le pays continue de jouir d’un élan de démocratie cependant freiné entre autres par les problèmes du système judiciaire. Pourtant, la justice constitue un pilier essentiel de la démocratie, et le principe de l’égalité devant la justice est son corollaire. Il est important d’œuvrer à sa mise en œuvre effective (Avocat Sans Frontière, 2018). Dans ce contexte, comment les Tunisiens perçoivent-ils l’égalité devant la justice ?Les résultats de la dernière enquête de Afrobarometer montrent que la majorité des Tunisiens accordent « partiellement » voire « beaucoup » de confiance à la cour de justice. Cependant, la plupart des citoyens s’accordent sur le manque à gagner en termes d’égalité devant la loi, en affirmant que les hauts placés échappent « fréquemment » à la justice, alors que les gens ordinaires sont « rarement » dans ce cas.

Aboubacari Diallo

Aboubacari Diallo est ingénieur statisticien économiste chez One to One for Research and <br /> Polling, le partenaire national d’Afrobarometer en Tunisie.