Skip to content
Key findings
  • Trois quarts (75%) des Tunisiens affirment n’avoir confiance en l’ARP que « juste un peu » ou « pas du tout ». La confiance est d’ailleurs en baisse depuis 2015, passant de 49% à 21% qui ont « quelque peu » ou « beaucoup » confiance envers les parlementaires. Parmi les institutions de l’Etat, l’ARP est celle à laquelle les Tunisiens accordent le moins leur confiance.
  • La majorité des répondants ne se sentent que « quelque peu » ou « jamais » écoutés par leurs parlementaires (84%) et leurs représentants locaux (82%). Ce sentiment présent depuis 2015 s’est d’ailleurs amplifié depuis.
  • La corruption est présente dans les institutions de l’Etat d’après une bonne partie des répondants. Plus de quatre Tunisiens sur 10 (43%) disent que « la plupart » ou « tous » les membres de l’ARP sont corrompus. Plus de six Tunisiens sur 10 (63%) affirment que le niveau de corruption est à la hausse dans le pays
  • Une grande majorité (72%) de Tunisiens affirment que la situation économique actuelle de leur pays est mauvaise, et 67% se disent insatisfaits de la gestion de l'économie par le gouvernement, notamment la façon dont le gouvernement traite les questions de pauvreté (81%) et de création d'emplois (81%).
  • Les Tunisiens sont pessimistes quant à l’avenir de la situation économique ; seulement 16% pensent qu’elle s’améliorera dans le court terme, contre 28% qui était optimistes en 2015. Plus de sept répondants sur 10 (72%) affirment d’ailleurs que le pays va dans la mauvaise direction.

Le dimanche 25 juillet, le Président de la République Tunisienne déclarait la suspension de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), la démission du chef du gouvernement et la levée de l’immunité parlementaire. Ces mesures font suite au bras de fer en cours depuis six mois entre le chef du Parlement, Rached Ghannouchi – aussi chef de file du principal parti, Ennahda – et le Président Kaïs Saïed qui paralyse le gouvernement et désorganise les pouvoirs publics. Alors que cette décision va à l’encontre du processus démocratique, elle a provoqué une liesse générale dans les rues (L’Orient-Le Jour).

Pourquoi ? Les perceptions et évaluations citoyennes avaient été précurseurs de la situation actuelle.

Le peuple tunisien a une perception négative de ses dirigeants politiques et plus particulièrement de l’ARP, selon la plus récente enquête d’Afrobarometer. C’est l’ARP qui est jugée l’institution de l’Etat la moins fiable et la plus gangrenée par la corruption. Très peu de citoyens pensent que les membres de l’ARP écoutent ce que les gens ordinaires ont à leur dire. Le manque de confiance du public n’est pas une nouvelle tendance mais date de depuis 2015, période avant laquelle la Tunisie était plongée dans une situation difficile – notamment avec une polarisation politique sévère, une tension sociale et une série d’attaques terroristes – qui s’est améliorée suite aux élections présidentielles de 2014.

Plus largement, les performances du gouvernement sont aussi pointées du doigt quant à sa capacité à créer des emplois, réduire les inégalités sociales et octroyer les services de base.

L’avenir comme le présent est sombre pour la majorité des répondants, la plupart désenchantés, s’attendant à une amélioration après la révolution mais en vain. Pour eux, la mauvaise situation économique du pays persiste, et le pays se dirige dans la mauvaise direction.

Imen Mezlini

Imen Mezlini is the research coordinator for Tunisia

Aboubacari Diallo

Aboubacari Diallo est ingénieur statisticien économiste chez One to One for Research and <br /> Polling, le partenaire national d’Afrobarometer en Tunisie.