Skip to content

Le postulat selon lequel « Nous sommes tous dans le même bateau » marque la crise COVID-19 à mesure que les dirigeants et les activistes se mobilisent en faveur d'une riposte mondiale et de l'ensemble de la société à la pandémie (Organisation Mondiale de la Santé, 2020; Union Africaine, 2020). Dans le même temps, les angoisses du public ont accentué les fissures sociales à travers des actes d'intolérance et de violence contre les Chinois et les ressortissants d'origine asiatique dans de nombreux pays, et même contre les Africains en Chine (DW, 2020; Guy, 2020; Kandil, 2020; Al Jazeera, 2020).

Si une pandémie « nous renvoie à la réalité de l'indispensable interconnexion au sein du genre humain », comme l'a déclaré le Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres (Nations Unies, 2020), elle pourrait également mettre à rude épreuve le tissu social de nos sociétés et de nos démocraties.

A quel point les sociétés africaines sont-elles « solidaires »? Les données d'Afrobarometer collectées en 2016/2018 suggèrent que les Africains ont une base solide de tolérance envers les autres ethnies, religions, et nationalités sur laquelle ils peuvent s'appuyer pour vaincre la pandémie et travailler à la création d'un « monde juste, équitable, tolérant, ouvert et socialement inclusif » tel qu'envisagé par les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies (Nations Unies, 2015). Le Cabo Verde, la Namibie, et São Tomé et Príncipe se distinguent comme des pays particulièrement tolérants en Afrique.

Mais la tolérance vis-à-vis de personnes présentant une identité ou une orientation sexuelle différente demeure faible, y compris chez les jeunes répondants, malgré quelques progrès dans certains pays. Les minorités sont toujours victimes de discrimination en raison de leur origine ethnique, de leur religion, de leur sexe, ou d'un handicap, et la majorité des répondants dans certains pays déclarent que le gouvernement traite injustement leur groupe ethnique.