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Key findings
  • Aux dires des Togolais, la santé se classe au second rang des problèmes les plus importants auxquels le gouvernement devrait s'attaquer, juste après le chômage.
  • Trois-quarts (76%) des Togolais affirment avoir dû se passer des médicaments ou des soins médicaux dont ils avaient besoin durant les 12 mois précédant l'enquête, dont 36% qui affirment que cela leur est arrivé « plusieurs fois » ou « toujours ». Les citoyens pauvres et les moins instruits sont particulièrement susceptibles de souffrir du manque de services de santé.
  • Presque la moitié (48%) des répondants qui ont essayé d'obtenir des soins dans un centre de santé public durant l'année précédant l'enquête affirment qu'il était difficile d'obtenir les soins dont ils avaient besoin. Ceci marque une légère amélioration par rapport à 2014.
  • Plus de Togolais pensent que les services de santé se dégradent: En comparaison à « quelques années » auparavant, 44% affirment que la possibilité pour eux d'obtenir des soins s'est dégradée, tandis que 33% affirment qu'elle s'est améliorée.
  • Six Togolais sur 10 (62%) affirment que la prestation gouvernementale quant à l'amélioration des services de santé de base est mauvaise, marquant une hausse de 11 points de pourcentage par rapport aux évaluations négatives de 2014.

Le système de santé au Togo, bien qu’ayant fait d’importantes avancées en ce qui concerne les indicateurs de base, reste fragile (Africa Renewal, 2010). Il traverse depuis plusieurs années des perturbations périodiques qui en 2018 ont été particulièrement éprouvantes pour les usagers des services de santé avec même une grève sèche sans service minimum (Tounou-Akué, 2018; L-frii, 2018; alome.com, 2018; VOA, 2018; Kamako, 2018). Ces mouvements de grèves portent non seulement sur l’amélioration des conditions de travail et du plateau technique, mais également sur les conditions salariales (Republicoftogo.com, 2018; lomeinfos.com, 2018).

La gouvernance du système de santé togolais semble aussi poser des problèmes, mais les solutions préconisées par le gouvernement ne convainquent pas leurs partenaires sociaux (Togotribune.com, 2018). En effet, si les responsables du Syndicat des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT), principal partenaire social du gouvernement, reconnait que l’option d’une contractualisation de la gestion du Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio prise par le gouvernement peut améliorer la gestion du centre, il rappelle aussi que les problèmes de santé ne se résument pas seulement à des questions de bonne gouvernance (Lomeinfos.com, 2018).

A l’occasion de l’enquête d’Afrobaromètre la plus récente au Togo, les citoyens expriment clairement leur mécontentement en ce qui concerne les services de santé dans leur pays. Ils mentionnent la santé comme l’une de leurs premières priorités d’action gouvernementale et pensent que la performance gouvernementale dans le secteur est médiocre. Dans le même temps, au moins trois-quarts des Togolais rapportent avoir fait l’expérience de devoir se passer des services de santé dont ils avaient besoin durant l’année dernière.

Hervé Akinocho

Hervé Akinocho is the director of the Center for Research and Opinion Polls – CROP, based in Lome in Togo.

Thomas Isbell

Post-doctoral research fellow and research assistant at Afrobarometer