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AD67: Par où commencer? Concilier les objectifs de développement durable et les priorités populaires

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Le 1er janvier 2016, le nouveau plan de développement des Nations Unies entrera en vigueur. Intitulé « Transformer Notre Monde: Le Programme de Développement Durable à l’Horizon 2030 », il poursuit et complète les objectifs du millénaire pour le développement (OMDs) à l’horizon 2015 avec des objectifs de développement durable (ODDs) visant à corriger les défis sociaux, économiques, et environnementaux auxquels se trouve confronté l’humanité. Les ODDs visent à atteindre des objectifs ambitieux sur un éventail très large de questions: éliminer la pauvreté, parvenir à la sécurité alimentaire, garantir à tous une vie prospère, un accès équitable à une éducation de qualité, l’égalité des sexes, la gestion efficiente des ressources en eau, l’accès à une énergie moins chère et fiable – 17 objectifs en tout, soutenus par 169 cibles (ONU, 2015).

Par où commencer? A quoi faut-il accorder la priorité, parmi tant de besoins et de rêves? L’ONU relève que la mise en œuvre exigera la participation de « tous les pays, toutes les parties prenantes et tous les peuples », en tenant compte « des réalités, capacités et niveaux de développement de chacun et dans le respect des priorités et politiques nationales » (ONU, 2015, pp. 2-3).

Afin de commencer à identifier les priorités, on peut s’informer auprès des populations. Pour les gouvernements et les activistes de la société civile, les données pays sur les priorités populaires (publiquement disponibles pour analyse à www.afrobarometer.org/online-data- analysis) peuvent aider dans le processus de décision quant à la définition du plan et aux investissements visant à combattre les défis les plus importants en matière de développement durable.

Dans son sixième round d’enquêtes (2014/2015), Afrobaromètre a demandé aux citoyens de 36 pays, qui représentent ensemble plus de trois-quarts de la population du continent, les problèmes qu’ils considèrent les plus importants et auxquels leurs gouvernements devraient s’attaquer, et ce que devrait être les priorités d’investissement des ressources de leur pays.

Cette dépêche présente les résultats de 32 pays dont les données du Round 6 sont actuellement disponibles1. Nous constatons que le problème le plus fréquemment cité à travers le continent est le chômage, suivi par la santé, l’éducation, et les infrastructures. Mais dans certains pays, d’autres questions émergent plus, dont l’approvisionnement en eau potable en Guinée et au Burkina Faso; l’insuffisance alimentaire au Mali, au Malawi, et au Niger; et l’insécurité au Kenya et à Madagascar. La santé et l’approvisionnement en eau potable sont les plus prioritaires au sein des populations les plus pauvres.

Quant aux priorités pour lesquelles les Africains voudraient que leur gouvernement investisse plus, l’éducation et la santé viennent en tête dans tous les groupes démographiques majeurs. L’éducation, en particulier, s’avère être l’une des premières priorités d’investissement sinon la première dans tous les pays enquêtés. Ici encore, les réalités pays se reflètent dans les priorités nationales; au Malawi, au Mali, et au Burundi, par exemple, le développement agricole est plus souvent mentionné que l’éducation et la santé comme priorité devant bénéficier d’un accroissement des dépenses du gouvernement – conformément au classement dans ces pays de l’insuffisance alimentaire comme un problème de haute priorité.

Thomas Bentley

Thomas Bentley is a research assistant for Afrobarometer and a PhD student in the Department of Political Science at Michigan State University.

Markus Olapade

Markus Olapade is thdirector of the Institute for Empirical Research in Political Economy (IREEP) and a professor at the African School of Economics.

Pauline M. Wambua
Nora Charron

Nora Charron is a research assistant for Afrobarometer and an undergraduate student in the Department of Sociology at Michigan State University