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La lutte contre le chômage constitue une préoccupation majeure pour les gouvernements, en particulier dans les pays en développement. Plusieurs études ont montré que le chômage a un effet négatif et significatif sur l’inflation, la croissance économique ainsi que les investissements directs étrangers (Zerbo, 2017 ; Omitogun & Longe, 2017 ; Dib, El Amin, & Aicha, 2020). Par ailleurs, une situation de chômage endémique peut conduire à la délinquance et l’insécurité et par ricochet à la pauvreté (Bondo, Chunda, Kabozya, & Katalay, 2020 ; Adenike, 2021). Aux yeux des Sénégalais, le manque d’emplois des jeunes est la principale cause de la hausse de l’insécurité et de la délinquance dans le pays (Diallo & Diallo, 2021).

Dans son plan de développement national, le gouvernement du Sénégal s’est engagé à créer chaque année 100.000 à 150.000 emplois décents, productifs et rémunérateurs à travers la promotion des investissements publics à haute intensité de main-d'œuvre et l’amélioration du suivi du marché du travail (République du Sénégal, 2014). Ainsi, l’emploi occupe une place importante dans le programme du gouvernement actuel pour répondre aux attentes des Sénégalais. Toutefois, il subsiste des défis à relever dans ce domaine.

Le plus récent sondage d’opinions d’Afrobarometer au Sénégal révèle que les problèmes les plus importants pour les citoyens demeurent le chômage, la santé, l’éducation, l’agriculture et dans une moindre mesure l’insécurité alimentaire. De plus, le chômage est plus prononcé en milieu urbain et chez les jeunes, les femmes et les plus instruits. Bien que le taux de chômage soit en baisse, les Sénégalais jugent plutôt négatives les performances du gouvernement en matière de création d’emplois et de prise en compte des besoins de jeunes.

La création d'emplois et la formation professionnelle sont également les principales priorités des citoyens pour un investissement supplémentaire dans les programmes destinés aux jeunes, et les citoyens sont prêts à payer plus d'impôts pour soutenir les programmes d'aide aux jeunes. Cependant, la majorité des Sénégalais – et même des jeunes – pensent qu'il est plus important d'écouter la sagesse des anciens que les idées nouvelles des jeunes gens.