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L’impôt est considéré comme un instrument de redistribution des revenus et un moyen, pour les pouvoirs publics, d’obtenir les ressources nécessaires au financement de leur politique (Jurion, 2011).

Le gouvernement du Sénégal a adopté en 2013 un nouveau code des impôts afin de le rendre plus lisible et mieux articulé aux objectifs de la politique économique et sociale du pays (Direction Générale des Impôts et des Domaines, 2013). A cela s’ajoutent la mise en place du projet de modernisation de l’administration fiscale (PROMAF) et le développement d’une application web pour déclarer et payer les impôts.

Ces efforts ont permis de relever faiblement l’assiette fiscale du Sénégal : Sur la période 2010- 2019, le ratio impôts/produit intérieur brut (PIB) au Sénégal a augmenté de 15,9% à 16,6% (Organisation de Coopération et de Développement Economiques, 2021).

Cependant, le Sénégal affiche un taux de pression fiscale inférieur à la moyenne sous- régionale (18,6% du PIB), alors qu’un objectif minimal de 20% est recommandé par l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. De plus, sur une population de 407.882 unités économiques recensées en 2016, environ 85.000 sont dans le fichier des contribuables de la Direction Générale des Impôts et des Domaines dont seulement 25.000 sont réellement actifs. De même sur une population active de plus de 6 millions d’individus, moins de 10% apportent une contribution directe à la couverture des charges publiques (Direction Générale des Impôts et des Domaines, 2020).

Lors de la plus récente enquête de sondage d’Afrobarometer, les Sénégalais expriment un manque d’informations sur les impôts à payer et leur utilisation par le gouvernement. De plus, seulement une faible majorité des citoyens soutiennent le droit du gouvernement d’imposer le paiement des impôts et taxes. Toutefois, les Sénégalais réclament plus d’équité dans le paiement des impôts.

La majorité des répondants pensent que les gens évitent souvent de payer les impôts et taxes qu’ils doivent à l’Etat. De même, moins de la moitié des citoyens font confiance à l’administration fiscale.

Par ailleurs, les répondants sont favorables à une augmentation des impôts et taxes si cela implique une amélioration des prestations de services de la part du gouvernement, surtout au profit des jeunes, ou si les ressources sont bien utilisées pour financer le développement du pays sans recourir aux prêts extérieurs. Malgré le déficit d’informations, ils s’accordent sur le fait que les impôts collectés par l’Etat servent à améliorer le bien-être des citoyens.

A la lumière de ces résultats, il apparait que la légitimité d’imposer des impôts et taxes dépendra des réponses que le gouvernement apportera à ces perceptions citoyennes. 

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