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Key findings
  • Un Togolais sur quatre (26%) seulement affirment faire « partiellement » ou « beaucoup » confiance à la Commission Electorale Nationale Indépendante, ce qui représente une baisse de 11 points de pourcentage par rapport à 2014. Les citadins, les citoyens les plus instruits, et les plus pauvres affichent le plus petit niveau de confiance en la commission.
  • Quatre citoyens sur 10 (40%) seulement affirment que les toutes dernières élections nationales étaient globalement libres et transparentes, marquant une baisse de 21 points de pourcentage par rapport aux 61% qui les ont perçues ainsi en 2014.
  • Quand bien même les trois-quarts (74%) des Togolais affichent un soutien franc au choix des dirigeants à travers les élections, la proportion qui pensent que des solutions alternatives pourraient être explorées s'est accrue de 16% en 2012 à 25% en 2017.
  • Plus de sept Togolais sur 10 (73%) affirment qu'une commission électorale indépendante et technique serait mieux à même de conduire et proclamer les résultats des élections. Même les citoyens qui affirment faire confiance en la commission « politique » actuelle sont fortement en faveur d'une version indépendante et technique.

Le Togo depuis août 2017 est secoué par une nouvelle vague de protestation d’une coalition de partis d’opposition, la C14, pour les réformes constitutionnelles, institutionnelles, et électorales qui auraient dû permettre d’aboutir à non seulement des élections législatives et locales mais également au référendum constitutionnel plus consensuels (Togo Times, 2018). Le succès de ce marathon électoral aurait dû en partie être conditionné par la confiance que les différents acteurs ont aux institutions intervenant dans le processus électoral, notamment la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Ainsi, comme on peut si attendre, la bataille pour le contrôle de la CENI – dont les membres représentent les partis politique ainsi que la société civile et l’administration – a fait rage entre la coalition de l’opposition et la mouvance au pouvoir (Atlantic Infos, 2018; Lemask, 2018; Deguenon, 2018; RFI, 2018a; Togosite.com, 2018). Cette bataille a finalement abouti au boycott par la C14 de la CENI et des élections législatives du 20 décembre 2018 (RFI, 2018b; Digitalcongo.net, 2018).

Il faut aussi dire que par le passé les élections ont conduit à de nombreuses contestations des résultats et à des accusations de partialité de la CENI (Vampouille, 2010; lemonde.fr, 2015; togotribune.com, 2018). Une réputation dont la CENI a du mal à se défaire et qui peut affecter la confiance des citoyens à son encontre.

Les résultats de l’enquête la plus récente d’Afrobaromètre au Togo révèlent que la confiance populaire en la commission électorale est basse, et quand bien même les citoyens soutiennent que les élections sont le meilleur moyen de choisir les dirigeants, la perception qu’ils ont de la qualité des élections a chuté. La plupart des Togolais – même ceux qui font confiance en la commission électorale – affirment qu’une commission électorale apolitique et plutôt technique fonctionnerait mieux.

Thomas Isbell

Post-doctoral research fellow and research assistant at Afrobarometer

Hervé Akinocho

Hervé Akinocho is the director of the Center for Research and Opinion Polls – CROP, based in Lome in Togo.