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Key findings
  • Si les jeunes africains de 18-35 ans bénéficient plus de l’éducation formelle que leurs aînés, les niveaux d’éducation post-secondaire varient encore énormément en fonction du pays et du sexe.
  • Les plus jeunes (18-25 ans) sont confrontés aux difficultés les plus importantes en matière d'emploi : 45% d'entre eux déclarent être sans emploi et rechercher activement du travail.
  • Les jeunes des zones rurales sont beaucoup plus susceptibles d'être sans emploi et hors du système éducatif que les jeunes des zones urbaines (66% contre 45%).
  • Les jeunes africains identifient une formation inadéquate et un manque d'expérience requise comme les principaux obstacles à l'emploi des jeunes.
  • S'ils avaient le choix entre plusieurs secteurs d'activité, la plupart (52%) des jeunes de 18-35 ans préféreraient créer leur propre entreprise, tandis que ceux qui cherchent un emploi privilégient le secteur public (25%) par rapport au secteur privé (13%) et aux organisations non gouvernementales (6%).
  • L'intérêt pour l'entrepreneuriat varie considérablement d'un pays à l'autre, avec un intérêt plus marqué dans les pays d'Afrique de l'Est et de l'Ouest (56% à 57% en moyenne) que dans ceux d'Afrique australe (43%), peut-être en raison des disparités entre les opportunités sur le marché du travail formel.
  • Les répondants de 18-35 ans sont plus susceptibles que les groupes plus âgés d'envisager de s'installer dans un autre pays (55% contre 36%), quoique l'intérêt pour l'émigration varie considérablement d'un pays à l'autre.
  • Même si les facteurs économiques sont les principaux déterminants de l'intérêt des jeunes pour l'émigration, nous constatons que le lien entre les perceptions négatives de l'économie et l'intérêt accru pour l'expatriation est relativement faible.
  • La création d'emplois est la priorité absolue des jeunes quant aux investissements publics à faire pour les aider (48%), suivie par l'éducation (16%), la formation professionnelle (13%), l'accès aux prêts aux entreprises (13%) et les services sociaux (8%), ce qui montre bien que les questions liées à l'emploi prennent le pas sur les autres domaines politiques.
  • Deux tiers (66%) des répondants de 18-35 ans estiment que les dirigeants et les organisations communautaires affichent des performances « plutôt mauvaises » ou « très mauvaises » en matière de renforcement et de promotion du leadership des jeunes.
  • Cependant, six répondants sur 10 s'opposent à l'abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans, avec des tendances similaires dans toutes les tranches d'âge, ce qui suggère que les jeunes ne considèrent pas l'élargissement du droit de vote comme la solution à leurs préoccupations en matière de représentation.
  • Au cours de la dernière décennie, le soutien à la démocratie et le rejet du régime militaire ont décru chez les 18-35 ans (de 4 et 12 points de pourcentage, respectivement).
  • Les répondants les plus jeunes (18-25 ans) sont presque aussi susceptibles que leurs aînés de se joindre à d'autres pour réclamer des mesures gouvernementales, de contacter un parlementaire, de participer à une manifestation et de partager leurs opinions politiques sur les réseaux sociaux. Mais ils sont beaucoup moins susceptibles de voter (50%, contre 71% des 26-35 ans et 80% des citoyens de plus de 35 ans).
  • Il convient de noter que les facteurs de l'engagement civique ne sont pas les mêmes chez les plus jeunes (18-25 ans) et chez les moins jeunes (26-35 ans) : Chez les plus jeunes, le mécontentement à l'égard des performances gouvernementales en matière de création d'emplois et d'éducation est corrélé à une plus grande participation aux manifestations, tout comme un rejet moins marqué du régime militaire. Les évaluations négatives des performances gouvernementales correspondent également à un engagement politique accru sur les réseaux sociaux.
  • Chez les jeunes plus âgés, le soutien à la démocratie et le rejet du régime militaire sont de forts indicateurs de l'engagement civique, renforçant la probabilité de la prise de contact avec les représentants élus. Dans le même temps, ces dispositions démocratiques réduisent la probabilité de la participation à des manifestations.

L’Afrique a la population la plus jeune du monde, avec plus de 400 millions de personnes  âgées de 15 à 35 ans, un chiffre qui devrait dépasser les 830 millions d’ici 2050. Cette  explosion démographique soutenue conservera au continent sa jeunesse démographique  pendant des décennies, ce qui entraînera des défis importants mais aussi des opportunités,  en particulier dans des domaines tels que l’emploi, l’éducation et l’entrepreneuriat (Union  Africaine, 2025). 

Dans ce contexte, la trajectoire développementale de l’Afrique dépend de plus en plus de  sa capacité à participer à l’économie mondiale de la connaissance, où le capital humain  (éducation et compétences) est le moteur de la productivité, de  

l’innovation et de l’avantage concurrentiel (Commission Economique des  Nations Unies pour l’Afrique et Oxford Economics Africa, 2023). L’accès à  une éducation de qualité est donc un moyen essentiel d’accéder à  

l’emploi, qui apporte un but, une dignité et un épanouissement personnel,  en plus de la sécurité matérielle, aux jeunes du continent. 

La transition vers des économies axées sur le savoir confère une  

importance particulière à l’enseignement supérieur, à la formation professionnelle ou  technique et aux compétences spécialisées qui permettent aux travailleurs de s’adapter à  des marchés du travail en mutation rapide (Organisation Internationale du Travail, 2025). 

Pourtant, partout en Afrique, les jeunes évoluent dans un environnement complexe où  l’accès à l’éducation, les perspectives d’emploi et les aspirations personnelles divergent  souvent.

Il est essentiel pour les décideurs politiques, les partenaires au développement et les  responsables communautaires qui s’efforcent de libérer le potentiel du dividende  démographique africain de comprendre ces dynamiques : qui a accès à l’éducation, quels  types d’emplois les jeunes recherchent-ils et quels sont les obstacles qui se dressent sur leur  chemin ? 

Les jeunes jouent également un rôle crucial dans la garantie de la paix, de la stabilité et de  la gouvernance démocratique sur le continent. Les avancées démocratiques en Afrique ont  permis des progrès notables, mais elles ont également connu de sérieux revers ces dernières  années, notamment sous la forme de coups d’Etat militaires (Resnick & Signé, 2025).

Les  jeunes, souvent à l’avant-garde de l’action politique, ont joué un rôle de premier plan dans  les conflits politiques, des manifestations de rue au soutien aux coups d’Etat, soulevant des  inquiétudes quant à la résilience des normes démocratiques sur le continent (Bartlett &  Akinwotu, 2025). De précédentes enquêtes Afrobarometer ont révélé que le soutien à la  démocratie et l’opposition au régime militaire se sont affaiblis au fil du temps, soulignant  d’éventuelles vulnérabilités dans l’engagement politique des jeunes citoyens (Afrobarometer,  2024, 2025). 

Les résultats du dernier round des enquêtes d’opinion publique réalisées par Afrobarometer à  travers 38 pays africains montrent que les jeunes africains de 18-35 ans ont plus bénéficié des  niveaux supérieurs d’éducation que les générations précédentes, quoique d’importantes  disparités subsistent d’un pays à l’autre et selon le sexe quant au niveau d’études post secondaires.

Nous constatons que les progrès réalisés en matière d’éducation ne se sont pas  traduits par des opportunités d’emploi proportionnelles, les jeunes de 18-25 ans rencontrant  les difficultés les plus graves quant à l’accès au marché du travail. Ces défis sont aggravés  par les fortes inégalités entre les zones urbaines et rurales.

Les jeunes africains identifient  l’insuffisance de l’offre de formation, le manque d’expérience professionnelle requise et  l’inadéquation entre les formations disponibles et les compétences recherchées par les  employeurs comme les principaux obstacles à l’emploi, ce qui met en évidence à la fois les  contraintes du côté de l’offre et les défaillances de coordination sur les marchés du travail  des jeunes. 

Les aspirations des jeunes africains révèlent des préférences complexes et parfois  contradictoires. Si une majorité d’entre eux préfèrent l’entrepreneuriat, ceux qui recherchent  un emploi optent plutôt pour la sécurité de l’emploi dans le secteur public, ce qui met en évidence un conflit entre le désir d’indépendance et celui de la stabilité.

Nous constatons  également que les jeunes manifestent un intérêt nettement plus marqué pour l’émigration  que les générations précédentes, principalement pour des raisons économiques, même si la  corrélation entre la perception négative de l’économie nationale et l’intérêt réel pour  l’émigration s’avère étonnamment faible. 

Les perspectives quant à l’autonomisation des jeunes à travers le continent semblent  mitigées. Sans surprise, les jeunes accordent la priorité à la création d’emplois, loin devant les  autres domaines politiques. Ils sont toutefois très critiques vis-à-vis des efforts actuellement  déployés pour promouvoir le leadership des jeunes dans leurs communautés.

Malgré un  mécontentement généralisé à l’égard du statu quo, la majorité d’entre eux s’opposent à  l’abaissement de l’âge du droit de vote, ce qui indique que les jeunes ne considèrent pas  l’élargissement du droit de vote comme la solution à leurs problèmes sociaux et  économiques. Cela souligne l’importance des opportunités économiques et du  développement d’un leadership significatif, plutôt que de la seule inclusion politique  formelle, dans l’autonomisation des jeunes. 

En matière d’opinions politiques, les attitudes des jeunes reflètent globalement celles des  groupes plus âgés, notamment un soutien moindre à la démocratie et un rejet moins  marqué du régime militaire, avec des tendances régionales qui reflètent les récents  développements politiques, tels que les coups d’Etat.

Les plus jeunes de 18-25 ans sont  beaucoup moins susceptibles de voter que leurs aînés, et leur engagement civique et  politique est en partie motivé par leur insatisfaction à l’égard des performances  gouvernementales en matière d’emploi et d’éducation, qu’ils expriment par des  manifestations et des activités sur les réseaux sociaux. En revanche, les jeunes plus âgés (26- 35 ans) semblent davantage motivés par les normes démocratiques que par des doléances. 

Les niveaux de participation varient aussi considérablement d’un pays à l’autre, reflétant les  différences en matière de libertés politiques et d’opportunités d’engagement civique. 

Rorisang Lekalake

Rorisang Lekalake is the director of analysis at Afrobarometer.

Sophie Sunderland

Sophie Sunderland is a PhD student in the Department of Political Science at Michigan State  University. 

Komi Amewunou

Komi Amewunou is an editor at Afrobarometer.