- Les jeunes béninois (18-35 ans) sont plus nombreux que leurs aînés à avoir atteint les niveaux d’éducation secondaire et post-secondaire.
- o Cependant, ils sont plus confrontés au chômage : La moitié (51%) des jeunes déclarent être sans emploi et à la recherche d’un travail, contre 16%-30% des cohortes plus âgées.
- Au-delà des difficultés économiques et la pénurie d’emplois, les principaux obstacles à l’accès des jeunes à l’emploi au Bénin sont, selon les jeunes, le manque de formation ou de préparation adéquate, la réticence des jeunes d’occuper certains emplois et le manque d'expérience requise par les employeurs.
- La plupart (68%) des jeunes affirment un vif intérêt pour l’entrepreneuriat, alors que 18% ont une préférence pour la fonction publique et 6% préfèrent travailler pour une société, une industrie ou une entreprise privée.
- Quatre jeunes sur 10 (40%) estiment que la création d’emplois est le domaine qui devrait faire l'objet d'investissements supplémentaires en priorité pour aider les jeunes. Environ deux sur 10 privilégient la formation professionnelle (23%) ou le soutien aux prêts pour la création d’entreprises (21%).
- Le chômage est le deuxième problème le plus important auquel le gouvernement devrait s’attaquer, aux yeux des jeunes.
- o Mais seuls trois jeunes sur 10 (29%) approuvent les performances du gouvernement actuel en matière de création d’emplois.
- La majorité des jeunes décrivent comme mauvaises leurs conditions de vie (58%) ainsi que la situation économique du pays (57%).
- Les jeunes sont moins susceptibles que leurs aînés à s’engager dans les activités politiques telles que contacter un député à l’Assemblée Nationale ou un responsable de parti politique, voter aux élections, se sentir proche d’un parti politique et se joindre à d’autres pour demander une action du gouvernement.
- L’âge et un niveau supérieur d’éducation augmentent significativement la probabilité des jeunes béninois d’être employés. Cette probabilité monte de 27 points de pourcentage chez les répondants ayant un niveau d’études post secondaire et de 7 points chez ceux ayant un niveau secondaire. En revanche, être une femme accroît le risque de chômage, surtout en zone rurale.

Dans un contexte mondial marqué par des transitions économiques, sociales et environnementales complexes, la jeunesse représente un levier stratégique pour le développement durable (Nations Unies, 2022).
Les jeunes de 15-35 ans représentent environ 35% de la population africaine, faisant du continent le plus jeune du monde (Union Africaine, n.d.). Ce potentiel démographique en Afrique subsaharienne se heurte cependant à plusieurs défis structurels persistants, notamment le chômage, le sous-emploi, la précarité de l’emploi et l’insécurité.
Au Bénin, une grande partie des jeunes exercent des activités informelles, faiblement rémunérées et caractérisées par un sous-emploi important (Banque Mondiale, 2025). Près de 16% des jeunes béninois âgés de 15 à 24 ans ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation (Organisation Internationale du Travail, 2025).
Face à ces enjeux, l’Etat béninois a engagé plusieurs réformes et programmes visant à améliorer l’insertion socio-professionnelle des jeunes et à renforcer leur capital humain. A travers le programme Azôli, 25.000 jeunes ont un emploi salarié et 11.000 s’auto-emploient (Coovi, 2023). Le Programme Spécial d’Insertion dans l’Emploi a permis à 7.130 jeunes dont 30,1% de femmes de trouver un travail entre 2021 et 2024 (Orekan, 2025). En parallèle, le gouvernement a développé la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, un pôle de transformation industrielle orienté vers l’agroalimentaire, le textile et le cosmétique. Porté par l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations, ce projet a permis la création de plus de 5.000 emplois directs pour les jeunes béninois entre 2021 et 2025, avec une projection de 35.000 emplois à terme (Groupe de la Banque Africaine de Développement, 2025).
Afin de faire la lumière sur les priorités, les aspirations, les défis et les perceptions des jeunes sur la situation économique, un module spécial a été intégré au Round 10 d’Afrobarometer.
Selon les résultats, les jeunes béninois sont plus instruits que les générations précédentes, mais cet avantage ne se traduit pas par un meilleur accès à l’emploi : La moitié des jeunes déclarent être au chômage et à la recherche d’un emploi. Face à cette réalité, ils identifient le manque de formation adaptée, l’insuffisance d’expérience et la réticence à occuper certains emplois comme les principaux freins à leur insertion professionnelle. Les jeunes citent le chômage parmi les priorités auxquelles le gouvernement devrait s’attaquer, et près des deux tiers aspirent à créer leur propre entreprise. Pourtant, seuls trois sur 10 jugent satisfaisante l’action du gouvernement en matière de création d’emploi. Ce contexte alimente un pessimisme marqué quant à leurs conditions de vie et à la situation économique du pays, tout en s’accompagnant d’un engagement politique plus limité que celui de leurs aînés.
Les analyses montrent enfin que l’âge et surtout un niveau supérieur d’éducation augmentent fortement l’employabilité, tandis que les jeunes femmes restent davantage exposées au chômage, en particulier en milieu rural.