- Plus d'un tiers (36%) des jeunes burkinabè (âgés de 18 à 35 ans) ont un niveau d'instruction secondaire ou post-secondaire, contre 4% à 17% dans les groupes plus âgés. Mais 43% des jeunes sont encore sans instruction formelle.
- Plus de la moitié (52%) des jeunes déclarent être au chômage et rechercher activement un emploi, contre 23%-40% des adultes d'âge moyen et plus âgés.
- La criminalité et l'insécurité, l’insécurité alimentaire et la guerre civile ou la violence politique sont les problèmes les plus importants auxquels les jeunes burkinabè estiment que leur gouvernement doit s'attaquer.
- Peu de jeunes burkinabè approuvent les performances de leur gouvernement sur leurs questions prioritaires, y compris la réduction de la criminalité (25%), la prévention ou la résolution des conflits violents (31%), la gestion de l'économie (19%) et la création d'emplois (17%).
- Huit jeunes sur 10 (79%) estiment que le pays va dans « la mauvaise direction ».
- Presque trois quarts (73%) des jeunes jugent l'économie nationale « assez mauvaise » ou « très mauvaise ». Six sur 10 (59%) en disent autant de leurs conditions de vie personnelles. La moitié d'entre eux (51%) s'attendent à ce que les choses s'améliorent au cours de l'année à venir.
- Les jeunes citoyens sont moins susceptibles que leurs aînés de s'engager dans des activités politiques et civiques telles que la prise de contact avec un dirigeant élu, la participation à une réunion communautaire et le vote aux élections.

Presque deux tiers de la population du Burkina Faso ont moins de 25 ans, ce qui fait des questions relatives à la jeunesse un enjeu essentiel des politiques et des programmes nationaux (UNICEF, 2020 ; Statista, 2023).
L’Indice Mondial de Développement de la Jeunesse 2023 classe le Burkina Faso au 165e rang sur 183 pays pour les indicateurs d’emploi et d’opportunités, d’éducation, d’égalité et d’inclusion, de santé et de bien-être, de paix et de sécurité, et de participation politique et civique (Commonwealth, 2024).
L’éducation et l’emploi constituent des défis persistants. Le taux d’analphabétisme des jeunes demeure alarmant : 41% des femmes et 33% des hommes âgés de 15 à 24 ans ne savent pas lire (Institut National de la Statistique et de la Démographie, 2023). Les opportunités de formation et de développement professionnel étant limitées, un tiers (34%) des jeunes ne poursuivaient pas d’études, ne travaillaient pas ou ne suivaient pas de formation en 2023 (Banque Mondiale, 2025). Le taux de dépendance des personnes âgées (75,3%) indique que la population active doit supporter une lourde charge pour les personnes dépendantes qui ne travaillent pas (World Economics, 2022).
Le gouvernement du Burkina Faso et ses partenaires ont mis en oeuvre diverses initiatives pour promouvoir l’emploi des jeunes et le développement des compétences. La politique nationale de l’emploi étant la pierre angulaire des efforts déployés pour réduire la pauvreté en créant des emplois et en améliorant l’employabilité (Organisation Internationale du Travail, 2008), ces initiatives vont du Projet de développement de l’emploi et des compétences des jeunes, conçu pour fournir des emplois aux jeunes moins-instruits grâce à des travaux publics à forte intensité de main-d’oeuvre (Banque Mondiale, 2013), au partenariat entre le Fonds pour l’emploi des jeunes (2023) et le Centre du Commerce International (2022) pour la formation professionnelle et l’esprit d’entreprise. Le projet de soutien à l’emploi des jeunes et au développement des compétences vise à améliorer l’employabilité des jeunes et à encourager l’esprit d’entreprise dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et de l’élevage (Banque Africaine de Développement, 2019).
Les militants de la cause des jeunes soulignent également l’importance d’inclure les jeunes dans les processus de gouvernance afin de concevoir des politiques efficaces qui répondent à leurs besoins. Cependant, des obstacles tels que la représentation limitée dans les fonctions politiques et les coûts associés aux campagnes électorales continuent d’entraver la participation des jeunes (UNICEF, 2020).
L’enquête Afrobarometer du Round 9 (2022) nous donne un aperçu de la situation de la jeunesse burkinabè. Les résultats montrent que la plupart des jeunes burkinabè pensent que le pays se dirige dans « la mauvaise direction », et seulement la moitié d’entre eux sont optimistes quant à l’amélioration de la situation dans un avenir proche. La majorité d’entre eux estiment que le gouvernement ne tient pas compte de leurs priorités. Malgré leur mécontentement, les jeunes citoyens sont moins susceptibles que leurs aînés de s’engager dans les processus politiques.
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