- Les jeunes guinéens (18-35 ans) sont plus nombreux à avoir profité d’éducation, y compris des niveaux secondaire et post-secondaire, que leurs aînés. o Cependant, ils sont plus confrontés au chômage : 45% des jeunes guinéens affirment être sans emploi et à la recherche d’un travail, contre 12%-29% des cohortes plus âgées.
- En dehors des difficultés économiques et la pénurie d'emplois, le manque de formation ou de préparation adéquate, le manque d’expérience, l’inadéquation entre les qualifications scolaires et les exigences de l’emploi et la réticence des jeunes à occuper certains emplois sont les principaux obstacles à l’accès des jeunes à l’emploi en Guinée, aux yeux des jeunes.
- La majorité (57%) des jeunes guinéens manifestent un intérêt plutôt pour l'entrepreneuriat, 19% sont attirés par la fonction publique, 12% par le secteur privé et 6% par les organisations non gouvernementales.
- La création d’emplois est le domaine qui devrait faire l'objet d'investissements supplémentaires en priorité pour aider les jeunes, selon les Guinéens.
- Pour les jeunes guinéens, l’eau, les infrastructures/routes et l’électricité sont les trois plus importants problèmes que le gouvernement devrait résoudre. Le chômage n’arrive qu’à la sixième position avec 26% des jeunes qui le citent. o Seulement une minorité de jeunes approuvent les performances de leur gouvernement dans l’entretien des ponts et routes (37%), l’amélioration des services de santé de base (32%), la fourniture des services d’eau et d’assainissement (22%), la fourniture fiable d’électricité (17%) et la création d’emplois (11%).
- Comme leurs aînés, la majorité des jeunes affirment que le pays se dirige dans la mauvaise direction (70%) et que la situation économique nationale est plutôt mauvaise (68%).
- Six jeunes sur 10 (60%) estiment que les conditions économiques du pays ont empiré comparées à il y a 12 mois. Pres de la moitié (46%) sont optimistes pour une amélioration dans les 12 mois à venir.
- Les jeunes citoyens sont moins susceptibles que leurs aînés de voter aux élections et d’avoir la proximité avec un parti politique, mais ils sont davantage enclins à participer à des manifestations ainsi qu’à publier des contenus politiques sur les réseaux sociaux.

La Guinée est un pays majoritairement jeune, avec plus de six citoyens sur 10 qui sont âgés de moins de 25 ans. Cette dynamique démographique représente à la fois une opportunité et un défi majeur pour le développement du pays (Direction Nationale Population et Développement, 2020). Parmi les principaux défis liés à cette jeunesse figurent la rareté des opportunités d’emploi, les inégalités d’accès à l’éducation, l’émigration irrégulière, ainsi que les enjeux environnementaux et climatiques (Banque Mondiale, 2019 ; Action Education, 2023 ; UNICEF, 2024).
Les gouvernements successifs en Guinée ont, chacun à leur manière, tenté de répondre aux défis auxquels fait face la jeunesse. Plusieurs initiatives ont ainsi été mises en œuvre pour favoriser leur épanouissement et renforcer leur contribution à la société. Parmi celles-ci, la création de l’Annuaire de la Jeunesse, un outil statistique recensant pour la période de 2014 à 2019 les difficultés éprouvées par les jeunes, constitue une étape importante pour une meilleure compréhension de leurs besoins (Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, 2020). Des plateformes de participation ont été établies pour leur donner la parole, et en plus des investissements dans leur éducation et leur formation, l’entrepreneuriat et l’innovation sont encouragés à travers divers programmes (Nations Unies, 2023).
La récente enquête d’Afrobarometer en Guinée donne un aperçu sur la situation et les perceptions des jeunes sur leurs conditions de vie ainsi que la situation économique du pays.
Les jeunes âgés de 18 à 35 ans sont plus nombreux que leurs aînés à avoir atteint les niveaux d’éducation secondaire et post-secondaire. Pourtant, ils se heurtent plus à des difficultés d’insertion professionnelle.
Au-delà du contexte économique général, les jeunes pointent plusieurs obstacles majeurs à leur employabilité : un manque de formation ou de préparation adéquate, un déficit d’expérience professionnelle, une inadéquation entre les qualifications scolaires et les exigences du marché, ainsi qu’une certaine réticence à occuper certains types d’emplois.
Face à ces défis, plus de la majorité des jeunes manifestent une préférence pour l’entrepreneuriat. La création d’emplois est de loin la priorité qu’ils souhaitent voir au cœur des investissements publics.
Les jeunes estiment que le pays va dans la mauvaise direction et déplorent sa situation économique, et moins de la moitié anticipent une amélioration.
Par ailleurs, les jeunes participent moins aux élections et entretiennent moins de liens avec les partis politiques ou les élus que leurs aînés, mais ils sont plus enclins à s’engager autrement, notamment par des manifestations ou encore la publication de contenus politiques sur les réseaux sociaux.
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