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Dispatch

AD61: Les Burkinabè s’acheminent avec confiance vers les élections présidentielles et législatives

Peter Halley Penar 19 Nov 2015 Burkina Faso
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Key findings
  • Une majorité (63%) des Burkinabè pensent que le pays va dans la bonne direction (Figure 1), mais près de la moitié (49%) décrivent les conditions économiques de la nation comme « très mauvaises » ou « assez mauvaises » (Figure 2).
  • Une écrasante majorité pensent que les élections sont la meilleure façon de choisir les dirigeants (95%) (Figure 3) et qu'un bon citoyen dans une démocratie doit toujours voter aux élections (90%) (Figure 4), même si la majorité des Burkinabè pensent que le fonctionnement des élections ne permet pas aux électeurs de se défaire des dirigeants contre-performants (60%) (Figure 5) et que les dirigeants politiques servent davantage leurs propres ambitions (65%) plutôt que l’intérêt du peuple (31%) (Figure 6).
  • Près des deux tiers (64%) des citoyens pensent que les élections législatives de 2012 étaient « entièrement libres et équitables » ou « libres et équitables, mais avec des problèmes mineurs » (Figure 7). Il s’agit là d’un niveau moyen de qualité perçue d'une élection parmi les 13 pays membres de la CEDEAO (Figure 8).
  • La majorité des Burkinabè disent qu'ils font « très confiance » (37%) ou « assez confiance » (23%) à la CENI (Figure 9). Ce niveau élevé de confiance classe le Burkina au troisième rang derrière le Niger et le Mali parmi les pays de la CEDEAO (Figure 10).
  • Plus de la moitié des Burkinabè pensent que la corruption des électeurs se produit « toujours » ou « souvent » (56%), et presque la moitié (47%) disent que les médias ne couvrent « jamais » les candidats aux élections de manière équitable ou le font seulement « parfois » (Figure 11). Beaucoup moins de Burkinabè pensent que les votes ne sont « jamais » ou sont seulement « parfois » comptés de manière équitable (25%).

Le 29 novembre 2015, le Burkina Faso tiendra ses premières élections présidentielles et législatives depuis que les protestations populaires d’octobre 2014 ont évincé du pouvoir l’inamovible Président Blaise Compaoré. Initialement prévues pour la mi-octobre 2015, les élections ont été retardées par un coup d’état en septembre, qui a été mis en échec par des manifestations de rue et des pressions diplomatiques de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Africaine, et l’Organisation des Nations Unies.

Bien que les factions politiques continuent de débattre autour de l’éligibilité des alliés de Compaoré, les résultats d’une enquête Afrobaromètre en avril-mai 2015 présente des signes encourageants d’un large soutien du public en faveur du processus démocratique en cours dans le pays. La plupart des Burkinabè adhèrent à l’idée de choisir les dirigeants à travers des élections régulières et considèrent qu’il est du devoir des bons citoyens de voter. Une majorité de citoyens font confiance à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et croient que les dernières élections législatives en 2012 ont été, pour l’essentiel, libres et équitables. Les Burkinabè sont moins susceptibles de craindre l’intimidation ou la violence liée aux élections que les citoyens dans la plupart des pays de la CEDEAO. Près des deux tiers des Burkinabè disent que leur pays va dans la bonne direction.

Par contre, près de la moitié des citoyens disent que l’économie nationale se porte « très » ou « assez » mal, et six sur 10 pensent que les élections ne fonctionnent pas bien pour éliminer les dirigeants qui ne sont pas performants et pour inciter les politiciens à servir les intérêts du peuple plutôt que leurs propres ambitions. Les préoccupations relatives à l’environnement électoral ont trait à la corruption des électeurs, à la couverture médiatique biaisée, à la possibilité d’un décompte frauduleux des voix, et à la perception que les électeurs ne se voient « jamais » ou seulement « parfois » offert un véritable choix (cité par 24% des répondants au sondage d’avril- mai 2015, dans les premiers stades du débat sur l’éligibilité des différents partis et candidats).

Peter Halley Penar

Peter Halley Penar is a research assistant for Afrobarometer and a PhD student in the Department of Political Science at Michigan State University.