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Key findings
  • Près de six Gabonais sur 10 (57%) affirment qu’il n’est « pas très probable » ou « pas du tout probable » qu’ils s’unissent à d’autres pour amener leur conseiller municipal ou départemental à écouter leurs doléances sur un sujet important de leur communauté.
  • Environ huit Gabonais sur 10 (79%) n’ont jamais contacté un conseiller municipal ou départemental lors des 12 mois précédents l’enquête.
  • La majorité (52%) des Gabonais pensent que les conseillers municipaux ou départementaux ne font « jamais » de leur mieux pour écouter les gens ordinaires.
  • Près de neuf Gabonais sur 10 pensent qu’il n’est « pas très probable » ou « pas du tout probable » qu’ils aient accès à des informations comme un contrat ou un achat financé par le gouvernement (86%) ou aux plans de développement ou au budget local (85%).
  • Environ huit Gabonais sur 10 (79%) font « juste un peu » ou « pas du tout » confiance à leur conseil municipal ou départemental.

Le retour au multipartisme dans les années 1990 en Afrique a soulevé un espoir de changement de l’exercice du pouvoir sur le continent. Ce paradigme libéral qui s’inscrit dans la politique de bonne gouvernance fait de la décentralisation un pilier de la démocratisation et du développement.

D’une part, le concept de la décentralisation est perçu comme une réponse à la nécessité de refondation de la gouvernance des affaires publiques, d’asseoir la démocratie sur des principes de redevabilité et d’accroître la participation des citoyens au processus de développement et de prise de décision (Leservoisier, 2011 ; Syll, 2005). D’autre part, la décentralisation permet d’éviter la concentration du pouvoir au niveau du gouvernement central en rapprochant l’administration aux administrés (Mandjouhou Yolla, 2021). C’est pourquoi les acteurs politiques ont fait de la décentralisation, dans les Etats unitaires, une question centrale de l’exercice du pouvoir.

Le Gabon n’est pas resté en marge de cette dynamique. Mais 26 ans après que les administrations qui y sont issues – les mairies et les conseils départementaux – soient fonctionnelles, il apparaît que l’action de ces institutions demeure empreinte de beaucoup de défis.

Les résultats de la dernière enquête d’Afrobarometer permettent d’établir qu’une large majorité des Gabonais désapprouvent la performance des élus locaux, et manquent de confiance en ces derniers. Plus de la moitié des citoyens pensent qu’ils sont impliqués dans des actes de corruption et ne sont jamais disposés à écouter les gens ordinaires.

Christian Wali Wali

National Afrobarometer Researcher and Investigator at CERGEP, Gabon.