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Après plus d'un demi-siècle en tant que nation avec un double héritage colonial et deux langues officielles – l'anglais et le français – le Cameroun risque la partition. Les protestations contre la discrimination perçue et le manque d'inclusion ont commencé pacifiquement dans les régions anglophones en octobre 2016, mais ont dégénéré en conflit violent avec une réponse gouvernementale sévère (Africa Times, 2018; Morse, 2017; Confédération Suisse, 2018). Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme a exprimé sa profonde inquiétude face aux rapports d’exécutions extrajudiciaires commises par les forces armées de l'état ainsi que d’enlèvements et de meurtres commis par des séparatistes anglophones (AfricaNews, 2018; Atabong, 2018). Près d'un demi-million de Camerounais sont déplacés à l'intérieur du pays, et au moins 30.000 autres ont fui vers le Nigéria voisin (Africa Times, 2018).

L’élection présidentielle d’octobre 2018, qui a prolongé les 36 ans de règne du Président Paul Biya, a été marquée par des violences, des irrégularités, et un boycott par la plupart des habitants des régions anglophones. L’un des leaders de l'opposition a été emprisonné après des démonstrations par son parti contre le résultat électoral (France24, 2019; International Crisis Group, 2018).

Ces tensions entre les deux principales zones linguistiques ont clairement porté atteinte à l’unité du pays. Les Camerounais anglophones et francophones, qui ont vécu comme amis et voisins des décennies durant, sont profondément divisés sur les questions fondamentales de la démocratie et de la légitimité de l’état, selon une analyse des données de l'enquête Afrobaromètre de 2018. De grandes divisions sont apparues alors que de nombreux Camerounais anglophones ont abandonné leur soutien et leur confiance en la pérennité de la démocratie camerounaise, ainsi que leur confiance fondamentale en l’état.

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