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Key findings
  • La majorité (56%) des Gabonais affirment avoir au moins une fois, pendant l’année précédant l’enquête, s’être sentis en insécurité dans leur quartier. Le tiers (35%) ont craint d’être victime d’un crime dans leur maison.
  • Trois Gabonais sur 10 (32%) déclarent avoir été quelques fois victime de vols dans leur maison durant les 12 derniers mois.
  • Par ailleurs, un Gabonais sur six (17%) disent avoir été physiquement agressé pendant l’année écoulée.
  • Toutefois, les deux-tiers (67%) des Gabonais estiment qu’il est probable que la police puisse réagir s’ils se rendent au poste de police de la localité pour signaler un délit.
  • Plus de huit Gabonais sur 10 (84%) jugent « très mal » ou « plutôt mal » la performance du gouvernement sur la réduction de la criminalité.

La question de la sécurité est extrêmement prégnante au Gabon, et cela depuis longtemps. En effet, il ne se passe pas un seul jour sans que les populations ne se plaignent des actes d’insécurité liés aux larcins, aux braquages, aux assassinats et autres actes délictueux. Selon les médias, cette situation semble grandissante et non maîtrisable au point où les forces de sécurité donnent l’impression d’être impuissantes (Koleba, 2018).

Les grandes villes, notamment la capitale de Libreville, sont des lieux où l’insécurité est la plus ressentie. Ceci a conduit les populations de certains quartiers sous-intégrés (Akébé, PK, etc.) à constituer des groupes d’autodéfense pour se protéger (Dzonteu, 2018). Mais les autorités du pays, par l’entremise du Ministre de l’Intérieur, ont rappelé que la protection des populations est dévolue à la police et à l’armée et ont indiqué que ces groupes étaient « illégaux » (Ondo Nzuey, 2018). Récemment, la vidéo d’un braquage filmé par des amateurs dans la capitale Libreville a choqué tout le Gabon et contraint la police à réagir face à cette montée de l’insécurité (RFI, 2018).

Pour juguler ce phénomène, le gouvernement gabonais a procédé au renforcement des capacités des forces de défense et des forces de l’ordre (recrutement du personnel, augmentation des budgets de ces institutions) et à la réorganisation de la police par la création de la police de proximité. En dehors des missions régaliennes de sécurisation et de maintien de l’ordre, le gouvernement, par l’entremise de la police, organise des opérations de « traque » des bandits à Libreville avec des résultats parfois probants (Dzonteu, 2016; Makoumba Dissumba, 2018).

D’après la plus récente enquête d’Afrobaromètre, des proportions importantes de la population gabonaise ne se sentent pas totalement en sécurité dans leurs quartiers et leur maison, et la majorité estiment que la sécurité personnelle des citoyens s’est dégradée.

Christian Wali Wali

National Afrobarometer Researcher and Investigator at CERGEP, Gabon.