Skip to content
Dispatch

AD216: La liberté d’expression au Togo serait-elle mise en quarantaine en période de crise?

27 Jun 2018 Togo
Download

La dernière décennie au Togo est marquée par une amélioration des libertés politiques et civiles (Freedom House, 2018). Toutefois, le chemin reste encore long pour passer de son statut de pays partiellement libre au statut de pays libre établis par Freedom House. Les crises sociopolitiques constituent, entre autres, un frein à cette évolution puisqu’elles conduisent souvent aux violations des droits de l’homme.

Or, le Togo traverse depuis août 2017 une crise sociopolitique qui a conduit à de répressions violentes et à de nombreuses arrestations (Togo-Online, 2018; Togoactualité, 2017; Togosite, 2017). Cette situation affecterait-elle les libertés publiques des Togolais, en l’occurrence la liberté d’expression?

Le dernier sondage d’Afrobaromètre au Togo révèle qu’après avoir fait un pas en avant en matière de liberté d’expression, le pays a fait deux pas en arrière. Une chute de 21 points de pourcentage depuis 2014 au niveau national est plus saisissante dans les régions les plus touchées par la crise. Ainsi, la région Centrale, d’où sont parties les marches de protestations et qui est restée l’épicentre de la crise (Togo-Online, 2018), connaît la plus grande chute du niveau de liberté d’expression. Sur une liste de 13 pays africains où le même sondage a été mené, le Togo occupe le dernier rang en matière de liberté d’expression. De plus, c’est le pays qui connaît la plus importante baisse du niveau de liberté d’expression entre les deux dernières séries du sondage.

Dans un contexte de crise sociopolitique où la tentation de succomber aux dérives et exactions est forte, ces résultats interpellent à plus de vigilance afin d’assurer, quelles que soient les circonstances, les droits les plus fondamentaux des populations.

Share
Language
Countries