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Pour la plupart des Burundais, la terre retrace leur histoire aussi bien qu’elle représente leur moyen de subsistance. Dans un pays densément peuplé où près de neuf sur 10 citoyens sont agriculteurs, la propriété foncière est un besoin vital et devient ainsi une véritable poudrière, exacerbée par les clivages ethniques et les vagues de migration et de retour.
Au cours des évènements de 1972 et d'une guerre civile en 1993-2005, le Burundi a connu l'exode de centaines de milliers de ses citoyens (Lemarchand, 2008, 1996 ; Bhavnani & Backer, 2000). Une grande partie de leur terre a été donnée à d'autres (Uvin, 1999). Les rapatriés – encore des centaines de milliers – se sont heurtés à de « nouveaux propriétaires » qui travaillaient sur les terres qui étaient autrefois leur moyen de subsistance (Johnson, 2014).

Afin de régler les litiges fonciers, le gouvernement, se basant sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation d’Arusha, a créé la Commission Nationale des Terres et Autres Biens en 2006. Quand bien même ladite commission n'a pas les pouvoirs d'un tribunal, elle joue le rôle de médiateur entre factions adversaires (Johnson, 2014) – un rôle essentiel à l’apaisement et au progrès des communautés.

Cette dépêche étudie comment le Burundais lambda perçoit les rouages de la CNTB. Les données d’enquête d’Afrobaromètre démontrent que les Burundais sont bien au fait de l'existence de la commission foncière et que même si plus de la moitié d’entre eux affirment qu’elle joue son rôle de façon équitable, une part importante de la population – soit une personne sur trois – la considèrent comme partiale.

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