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Le 31 janvier 2017, le Royaume du Maroc a rejoint l'Union Africaine (AU) après une absence de 33 ans. Le pays avait quitté l'Organisation de l'Unité Africaine en 1984 après que la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) – sur laquelle le Maroc affirme avoir autorité – a été reconnue comme un état membre et acceptée au sein de l'organe continental (Mohamed, 2017).

L'adhésion à l'Union Africaine implique un engagement à contribuer à l'atteinte des objectifs de l'organisation, dont « accélérer l'intégration politique et socio-économique du continent » (Union Africaine, 2002). Cet objectif est de nouveau accentué dans l’Agenda 2063 de l'UA, qui souligne que « l'unité politique de l'Afrique sera l'aboutissement du processus d'intégration, dont la libre circulation des personnes, la mise en place d'institutions continentales, et une intégration économique totale » (Union Africaine, 2014).

Suite au retour du Maroc au sein de l'UA, nous nous servons des données d'enquêtes d'Afrobaromètre collectées en novembre 2015 pour étudier les attitudes des Marocains par rapport à l'intégration régionale et aux responsabilités qui en découlent. Nous observons que seule une minorité des Marocains perçoivent l'UA et l’organisation économique régionale, l'Union du Maghreb Arabe (UMA), comme utiles au Maroc. Presque la moitié des Marocains rapportent des difficultés à franchir les frontières, mais le soutien à la liberté de mouvement aux frontières est limité. L'aversion envers les travailleurs étrangers est considérablement plus élevée au Maroc qu'en moyenne à travers l'Afrique, tandis que le soutien à l'intervention régionale pour protéger la démocratie et empêcher les violations des droits de l'homme est moins élevé que les moyennes d'Afrique du Nord et d'Afrique.