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Key findings
  • Au Mali, environ la moitié des femmes et des hommes déclarent que les inondations (46%-51%) et les sécheresses (46%-47%) sont devenues « quelque peu plus graves » ou « beaucoup plus graves » dans leur communauté ces 10 dernières années. Les perceptions convergent davantage concernant les échecs de récolte, que 39% des femmes et des hommes considèrent comme de plus en plus graves.
  • En raison de l’évolution des conditions météorologiques, les femmes et les hommes déclarent dans des proportions similaires avoir réduit le temps consacré au travail à l’extérieur ou modifié leurs horaires de travail (32% chacun), ainsi qu’avoir réduit leur consommation d’eau ou changé de source d’approvisionnement (30% chacun). En revanche, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à avoir modifié les types de cultures ou d’aliments (28% contre 34%) ainsi que les pratiques de pâturages ou le nombre ou les types de bétail élevés (28% contre 38% parmi ceux qui possèdent un bétail). A l’inverse, elles sont plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir déménagé vers un autre endroit (15% contre 11%).
  • Les femmes maliennes sont moins nombreuses que les hommes (53% contre 73%) à déclarer avoir entendu parler du changement climatique. Par rapport à 2017, cette proportion est restée stable chez les femmes.
  • Parmi les citoyens maliens qui sont au courant du changement climatique :
  • o A peu près les mêmes proportions de femmes et d’hommes (76% contre 75%) affirment que le phénomène empire la vie au Mali. Par rapport à 2017, la proportion de femmes partageant cet avis a augmenté de 6 points de pourcentage.
  • o Des proportions comparables de femmes et d’hommes (71% contre 68%) pensent que l’activité humaine est la principale ou l’une des causes du changement climatique.
  • o De fortes majorités de femmes et d’hommes appellent le gouvernement à agir sans délai face au changement climatique (79%-80%) et estiment que les pays riches doivent prendre des mesures urgentes pour le limiter (81%-84%), notamment en aidant le Mali à financer les efforts d’adaptation (79%-81%).
  • Parmi l’ensemble des répondants, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à soutenir que l’Etat investisse dans les infrastructures résilientes (82% contre 89%), interdise l’abattage pour le bois de chauffe (64% contre 70%) et oblige les gens à passer aux fourneaux écologiques (50% contre 57%). En revanche, elles soutiennent dans des proportions comparables les investissements dans les énergies éolienne ou solaire (83% contre 86%), le renforcement des pressions sur les pays développés afin d’obtenir de l’aide (74% contre 75%) ainsi que la promotion des taxis ou bus électriques (48% contre 50%).

La crise climatique est l’un des problèmes les plus pressants de notre époque. Elle menace  d’inverser les progrès réalisés en termes de droits humains et de développement et de  creuser davantage les inégalités de genre (ONU Femmes, 2025). 

Au Mali, les femmes figurent parmi les populations les plus exposées aux effets du  changement climatique, en particulier en milieu rural. En raison de leur forte dépendance  aux ressources naturelles pour répondre aux besoins du ménage, elles sont particulièrement  touchées par la sécheresse, la désertification et la raréfaction de l’eau. Ces phénomènes  compliquent l’approvisionnement en eau et en bois de chauffe, réduisent les revenus tirés  de la cueillette et de l’agriculture, et fragilisent ainsi leur sécurité économique et alimentaire  (Nations Unies, 2022). Leur vulnérabilité est accentuée par un accès limité aux ressources  productives, une faible participation aux décisions relatives à la gestion de l’environnement  et des normes sociales qui restreignent leur capacité à se déplacer ou à saisir de nouvelles  opportunités lorsque les aléas climatiques dégradent les conditions de vie (Osman-Elasha,  2009). 

Dans certains cas, la dégradation de l’environnement pousse les ménages à quitter leurs  villages. Ces déplacements les conduisent souvent vers des habitations précaires dans des  zones urbaines, où les femmes et les enfants sont particulièrement exposés à l’insécurité  alimentaire, sanitaire et économique (African Climate Insights, 2024 ; Internal Displacement  Monitoring Centre, 2021). 

Toutefois, les femmes ne sont pas des victimes passives du changement climatique ; elles  jouent également un rôle essentiel dans l’adaptation des communautés. Grâce à leurs  connaissances et à leur expérience dans la gestion de l’eau, de la conservation des aliments  et de l’utilisation durable des ressources naturelles, elles contribuent à renforcer la résilience  des ménages face aux chocs climatiques (Ssemuwemba, Mudliar, & Donelan, 2022). En  outre, les savoirs traditionnels qu’elles détiennent et transmettent de génération en  génération constituent une ressource précieuse pour développer des stratégies locales  d’adaptation et préserver les moyens de subsistance des communautés (Nations Unies,  2022). 

Au regard des multiples défis du changement climatique, des organisations féminines maliennes ont animé une conférence de presse en juillet 2025 afin de réaffirmer le rôle des  femmes dans la gouvernance climatique. Cette initiative visait à plaider pour une plus  grande implication des Maliennes dans la lutte contre l’injustice climatique (Dia, 2025). 

C’est dans ce contexte que cette dépêche, basée sur les récentes données  d’Afrobarometer, explore les perceptions des citoyens à l’égard du changement climatique, en portant une attention particulière à la manière dont les femmes en perçoivent les effets  et y sont confrontées. 

Selon les résultats, les femmes et les hommes perçoivent de manière similaire l’aggravation  des effets du changement climatique, notamment les inondations, les sécheresses et les  échecs de récolte. Ils déclarent également avoir adopté des stratégies d’adaptation  comparables, même si les femmes sont moins nombreuses à modifier leurs pratiques  agricoles ou d’élevage et plus nombreuses à avoir déménagé. 

En revanche, elles sont moins nombreuses à avoir entendu parler du changement  climatique. Malgré ce déficit d’information, les femmes qui connaissent le changement  climatique partagent largement les perceptions des hommes : Elles reconnaissent ses effets  sur les conditions de vie et appellent, tout comme les hommes, à une action urgente du  gouvernement ainsi qu’à un soutien accru des pays riches.  

Enfin, si elles soutiennent dans des proportions comparables plusieurs politiques  d’adaptation, elles se montrent légèrement moins favorables que les hommes aux  investissements dans les infrastructures résilientes, à l’interdiction de l’abattage du bois de  chauffe et à l’adoption obligatoire de fourneaux écologiques.1





Koniba Ballo

Koniba Ballo is a young researcher at Conseils Donko pour la gouvernance et la sécurité and a participant in the 2025 Afrobarometer summer school.