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Key findings
  • Les jeunes maliens (18-35 ans) sont plus instruits que leurs aînés, même si 41% d'entre eux déclarent ne pas avoir reçu d'instruction formelle.
  • Malgré un niveau d'éducation plus élevé, les jeunes sont également plus susceptibles d'être au chômage que leurs aînés. Près de quatre sur 10 (38%) déclarent être sans emploi et rechercher activement un travail. Seuls 6% des jeunes affirment avoir un emploi à temps plein.
  • Les jeunes maliens citent le manque de formation adéquate (29%), la réticence à accepter certains types d’emplois (16%), le manque d’expérience requise par les employeurs (15%) et l’inadéquation entre la formation et les exigences de l’emploi (12%) comme principaux obstacles à l’emploi des jeunes.
  • Si on leur donnait le choix, la majorité (57%) des jeunes préféreraient créer leur propre entreprise, tandis que 17% opteraient pour des postes dans le secteur public et 9% pour des emplois dans le secteur privé.
  • La création d'emplois figure en tête des priorités des jeunes en matière d'investissement public accru, suivie par l'éducation et la formation professionnelle.
  • La santé est le problème le plus important que les jeunes maliens souhaitent voir leur gouvernement résoudre, avant même les pénuries alimentaires, la criminalité et l'insécurité, le chômage et l'éducation.
  • Sur ces questions prioritaires, les jeunes portent un regard globalement favorable sur l'action de leur gouvernement. Une nette majorité d’entre eux approuvent les efforts déployés pour réduire la criminalité (71%) et améliorer les services de santé de base (67%). En revanche, l'approbation concernant la création d'emplois n'atteint que 44%.
  • Les trois quarts (75%) des jeunes disent que le pays va « dans la bonne direction », contre seulement 14% en 2020.
  • o Cependant, 62% décrivent la situation économique du pays comme « assez mauvaise » ou « très mauvaise », et seulement 40% affirment qu’elle s’est améliorée au cours de l’année écoulée.
  • o Les opinions sur les conditions de vie personnelles restent prudentes, avec 47% d'évaluations positives – une amélioration par rapport aux 31% de 2020.
  • o Mais près des trois quarts (73%) sont optimistes quant à l’amélioration de la situation économique au cours de l’année à venir.
  • Environ six jeunes maliens sur 10 (59%) disent avoir envisagé d’émigrer, dont 21% qui y ont beaucoup pensé.
  • o Parmi ceux qui ont envisagé l’émigration, les principales motivations sont économiques : trouver du travail (45%) et échapper aux difficultés économiques ou à la pauvreté (44%). Niveau d’éducation

Le Mali possède une population exceptionnellement jeune : Près de la moitié des Maliens ont  moins de 20 ans, et plus d’un tiers ont entre 15 et 29 ans (Institut National de la Statistique,  2024). Cette jeunesse recèle un immense potentiel de transformation sociale, politique et  économique. Cependant, les taux élevés de chômage et de sous-emploi des jeunes  constituent un frein majeur au développement. A Bamako, la capitale, par exemple, le  chômage des jeunes est estimé à 32%, dépassant largement le taux national de 12% (Aikins,  2026). Sans politiques d’éducation et d’emploi pour tirer parti de ce dividende  démographique, la jeunesse malienne risque de devenir une source d’instabilité plutôt que  de résilience et de croissance (Bertelsmann Stiftung, 2024). 

Le gouvernement malien a lancé plusieurs initiatives pour surmonter cet obstacle. Parmi les  plus importantes figure le Programme de Promotion de l’Accès au Financement, à  l’Entrepreneuriat et à l’Emploi au Mali, piloté par le Ministère de l’Economie et des Finances  avec le soutien de la Banque Mondiale et de l’UNICEF. Ce programme cible les groupes  vulnérables – notamment les jeunes déplacés, les diplômés sans emploi, les femmes et les  personnes handicapées – en leur offrant des outils pour favoriser leur autonomie  économique et leur inclusion (UNICEF, 2024, 2025). En 2023, le gouvernement de transition a  adopté une Politique Nationale de la Jeunesse et un plan d’action visant à autonomiser les  jeunes en tant qu’acteurs clés de la réforme et du développement, et à promouvoir l’unité  nationale et la paix (Mali Coura Média, 2023). 

L’enquête Afrobarometer Round 10 (2024) apporte un éclairage sur les perspectives et les  priorités de la jeunesse malienne. Si les jeunes adultes (18-35 ans) sont plus instruits que leurs  aînés, une grande partie d’entre eux n’ont toujours pas accès à l’éducation formelle, et le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure. La santé figure en tête des  problèmes que les jeunes souhaitent voir le gouvernement résoudre, avant d’autres enjeux  essentiels tels que l’insécurité alimentaire, la criminalité et la sécurité, le chômage et  l’éducation. 

Les jeunes maliens dressent des bilans mitigés de leurs conditions de vie économiques et  personnelles, mais la plupart se montrent optimistes quant à l’avenir du pays. 

Malgré cela, une majorité de jeunes disent avoir envisagé d’émigrer, principalement pour de  meilleures perspectives d’emploi et économiques. 

Baba Adou

Baba Adou is a researcher of Political Science at the University of Florida and the UF Sahel Research Group