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Key findings
  • La majorité des Camerounais estiment que les femmes devraient avoir la liberté de décider si et quand se marier (80%) et de décider du nombre et du moment où elles souhaitent avoir des enfants (60%).
  • La moitié (51%) des répondants estiment que les contraceptifs devraient être accessibles quel que soit l’âge, et près des deux tiers (64%) pensent qu’ils devraient l’être indépendamment du statut matrimonial.
  • La majorité (63%) des citoyens camerounais déclarent que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) se produit « souvent » ou « occasionnellement » dans leurs communautés.
  • La grande majorité des répondants estiment que l’IVG peut « toujours » ou « parfois » se justifier lorsque la grossesse met en danger la santé ou la vie de la femme (81%) ou résulte d’un viol ou d’un inceste (74%). Environ la moitié des répondants considèrent également qu’elle peut se justifier pour des raisons économiques (48%) ou « pour quelque raison que ce soit » (47%).
  • Environ huit Camerounais sur 10 estiment que l’éducation sexuelle devrait être enseignée dans les écoles (78%) et que les filles d’âge scolaire qui tombent enceintes ou ont des enfants devraient être autorisées à poursuivre leurs études (80%).

La santé et les droits sexuels et reproductifs constituent un enjeu majeur de développement humain et de santé publique au Cameroun. Le pays continue de faire face à des défis importants, notamment en matière de mortalité maternelle, de planification familiale, d’accès aux services de santé reproductive et de protection des droits sexuels et reproductifs des femmes, des adolescentes et des jeunes (Yamb, 2026). Ces problématiques demeurent d’autant plus préoccupantes qu’elles influencent directement le bien-être des populations, la réduction des inégalités sociales ainsi que l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (Fédération Internationale pour le Planning Familial, n.d.).

Selon les résultats de la plus récente Enquête Démographique et de Santé, le Cameroun enregistre un ratio de mortalité maternelle de 406 décès pour 100.000 naissances vivantes, un niveau qui témoigne de la persistance de difficultés d’accès aux soins obstétricaux, de disparités dans la qualité des services de santé et d’inégalités territoriales (Institut National de la Statistique, 2019). Par ailleurs, moins d’une femme sur cinq en âge de procréer utilisent une méthode moderne de contraception, tandis que 23% présentent encore un besoin non satisfait en matière de contraception moderne (Family Planning 2030, n.d.).

Les grossesses précoces demeurent également un défi majeur, surtout dans les régions septentrionales (Africa24, 2024). Près de trois adolescentes sur 10 âgées de 15-19 ans ont déjà été enceintes dans le pays, une proportion qui atteint 40% dans certaines zones rurales des régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Malgré une baisse progressive de la fécondité adolescente, le Cameroun enregistrait encore en 2024 environ 105 naissances pour 1.000 filles âgées de 15-19 ans, l’un des niveaux les plus élevés d’Afrique Centrale (Institut National de la Statistique, 2019).

Conscient de ces enjeux, le pays a progressivement renforcé son engagement politique et institutionnel en faveur de la santé sexuelle et reproductive à travers la ratification de plusieurs conventions internationales et régionales ainsi que l’adoption de politiques nationales. Le Cameroun a élaboré le Plan Stratégique National de Santé de la Reproduction, Maternelle, Néonatale, Infantile, de l’Adolescent et de la Nutrition, qui vise à réduire la mortalité maternelle et infantile, à promouvoir l’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive, à renforcer les droits des femmes et des jeunes et à mieux répondre aux besoins spécifiques des adolescents (Ministère de la Santé Publique, 2025). 

Le pays a également renouvelé son engagement dans le cadre de l’initiative mondiale FP2030, avec pour objectif de porter la prévalence de la contraception moderne à 35% d’ici 2030, de réduire les besoins non satisfaits en planification familiale, d’améliorer la disponibilité des produits contraceptifs et d’accroître les investissements nationaux en faveur de la santé reproductive (Family Planning 2030, n.d.).

C’est dans ce contexte qu’un module spécial inclus dans le questionnaire de l’enquête Afrobarometer Round 10 explore les opinions des Camerounais sur la santé et les droits sexuels et reproductifs.

D’après les résultats, l’opinion publique camerounaise se montre largement favorable aux droits et à l’autonomie des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive. Une forte majorité des citoyens soutiennent leur droit de décider librement du mariage et de la maternité, approuvent l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école et estiment que les filles enceintes ou déjà mères devraient pouvoir poursuivre leurs études. 

Les Camerounais affichent également une certaine ouverture à l’accès à la contraception et considèrent majoritairement que l’avortement peut être justifié dans certaines circonstances, notamment lorsque la grossesse met en danger la vie de la femme ou résulte d’un viol ou d’un inceste.

Komi Amewunou

Komi Amewunou is an editor at Afrobarometer.

Guillaume Aimée Mete

Guillaume Aimée Mete is a journalist and a participant in the Afrobarometer capacity-building workshop for journalists.