- Les systèmes de justice formel et informel continuent de coexister : A travers 38 pays, près de la moitié des citoyens considèrent la police (41%) ou les tribunaux locaux (7%) comme leur premier recours pour résoudre leurs problèmes juridiques, tandis que 26% s’adresseraient d’abord aux chefs traditionnels, aux tribunaux traditionnels ou aux anciens. La préférence pour les mécanismes informels est beaucoup plus marquée chez les populations rurales (47%), les personnes les plus pauvres (41%) et les moins instruites (53%).
- Les systèmes de justice formel et informel continuent de coexister : A travers 38 pays, près de la moitié des citoyens considèrent la police (41%) ou les tribunaux locaux (7%) comme leur premier recours pour résoudre leurs problèmes juridiques, tandis que 26% s’adresseraient d’abord aux chefs traditionnels, aux tribunaux traditionnels ou aux anciens. La préférence pour les mécanismes informels est beaucoup plus marquée chez les populations rurales (47%), les personnes les plus pauvres (41%) et les moins instruites (53%).
- Les systèmes de justice formel et informel continuent de coexister : A travers 38 pays, près de la moitié des citoyens considèrent la police (41%) ou les tribunaux locaux (7%) comme leur premier recours pour résoudre leurs problèmes juridiques, tandis que 26% s’adresseraient d’abord aux chefs traditionnels, aux tribunaux traditionnels ou aux anciens. La préférence pour les mécanismes informels est beaucoup plus marquée chez les populations rurales (47%), les personnes les plus pauvres (41%) et les moins instruites (53%).
- Le coût représente un obstacle majeur au recours aux tribunaux pour résoudre les problèmes. Seul un quart (25%) des Africains connaissent l'existence des services d'aide juridique, bien que 53% pensent pouvoir obtenir une assistance juridique en cas de besoin. Cependant, seulement 46% estiment pouvoir se permettre une telle assistance, et à peine 44% pensent pouvoir assumer les frais de justice.
- Les inquiétudes concernant l'intégrité du système judiciaire peuvent également limiter l'accès à la justice. La confiance aux tribunaux (44%) et la police (44%) est faible, et la perception de la corruption parmi les juges et magistrats ainsi que les forces de l'ordre est plus élevée que pour les autres institutions. Une majorité (51%) de citoyens estiment également que les juges fondent souvent leurs décisions sur l'influence de personnalités politiques et autres personnes influentes, plutôt que sur la loi.
- La confiance aux tribunaux est fortement liée à la perception de leur intégrité et de l'égalité de traitement. En revanche, des coûts élevés peuvent dissuader certaines personnes de recourir aux tribunaux, mais ils ne semblent pas compromettre la confiance à l'équité des décisions et à l'Etat de droit.
- Les plus grandes différences en matière d’accès à la justice sont liées au statut économique individuel : Les plus riches sont beaucoup plus confiants dans leur capacité à obtenir justice (61%) que les répondants les plus pauvres (43%).
- Bien que les femmes puissent être confrontées à des difficultés particulières liées à la violence, au harcèlement et à la discrimination dans la société, et qu'une large majorité des citoyens estiment que le système juridique devrait faire davantage pour les protéger, les différences entre les sexes concernant les principaux indicateurs d'accès à la justice restent mineures.
- En moyenne, les pays démocratiques obtiennent de meilleurs résultats que les pays non démocratiques en matière d'accès à la justice pour leurs citoyens, mais il existe aussi des disparités et des exceptions notables. Un indicateur plus fiable de l'accès local à la justice est le respect de l'Etat de droit au niveau national : Lorsque les présidents honorent les tribunaux et le Parlement, ce respect du droit semble imprégner l'ensemble du système judiciaire.
- Les préoccupations liées aux inégalités sont également largement répandues en ce qui concerne les peines prononcées par les tribunaux : Près de la moitié (48%) des répondants estiment que les puissants s’en tirent à bon compte, tandis que seulement 13% pensent que c’est le cas pour les gens ordinaires.

L’accès à la justice est une pierre angulaire de la gouvernance démocratique. Il conditionne la capacité des citoyens à faire valoir leurs droits, à demander des comptes à leurs dirigeants et à résoudre leurs litiges de manière équitable, efficace et conforme aux lois de leur pays et aux principes de justice, que ce soit par le biais d’institutions formelles ou informelles (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime & OCDE, 2025). Pour y parvenir, il est indispensable de disposer de lois et d’institutions judiciaires compréhensibles, abordables, impartiales, efficaces et responsables (OCDE, 2019).
L’accès à la justice est considéré comme un droit humain fondamental (Ncube, 2017 ; Nations Unies, 2025) et, plus important encore, comme un outil essentiel qui « conditionne l’exercice de tous les autres droits humains » (Commission Sud-Africaine des Droits de l’Homme, s.d.). Cet objectif crucial est inscrit dans la cible 16.3 des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies (2026), qui appelle tous les pays à « promouvoir l’Etat de droit aux niveaux national et international et à garantir l’égalité d’accès à la justice pour tous ». L’accès à la justice est également reconnu comme un moteur essentiel d’une croissance économique inclusive, contribuant à réduire les inégalités et les troubles sociaux, tout en favorisant la stabilité et la prévisibilité, et donc l’investissement économique (OCDE, 2019).
L’accès à la justice reste toutefois loin d’être garanti pour de nombreux citoyens à travers le continent, notamment pour les femmes, les personnes pauvres et les autres groupes vulnérables (Malik & Maghani, 2023 ; Nations Unies, 2025). Les efforts visant à élargir cet accès se heurtent à des obstacles persistants qui entravent l’accessibilité financière et l’équité d’accès à la représentation juridique (Programme des Nations Unies pour le Développement, 2024). La perte de confiance envers les forces de police et les institutions judiciaires dissuade également les citoyens de recourir aux procédures légales (Human Rights Watch, 2023 ; Institut de La Haye pour l’Innovation en Droit, 2025). Enfin, le recul démocratique et le déclin du respect de l’Etat de droit observés dans de nombreux pays au cours de la dernière décennie ont sapé la confiance à l’intégrité des tribunaux et les attentes d’un jugement équitable (Fondation Mo Ibrahim & Institut de La Haye pour l’Innovation en Droit, 2026). Des enquêtes récentes sur les retards dans les poursuites relatives aux crimes commis durant l’apartheid en Afrique du Sud, par exemple, soulignent comment la longueur des procédures judiciaires et les lacunes en matière de responsabilité peuvent miner la confiance des citoyens au système judiciaire (Commission Sud-Africaine des Droits de l’Homme, 2024 ; Amnesty International, 2023).
Il y a près de 10 ans, Afrobarometer dressait un bilan des progrès réalisés, mais aussi des nombreux défis persistants, en matière d’accès à la justice sur le continent, notamment la faible confiance du public, les piètres performances des tribunaux et le manque de confiance à l’égalité de traitement pour tous les citoyens (Logan, 2017). Nous réexaminons ces questions à la lumière de nouvelles données recueillies dans un module spécifique sur l’accès à la justice intégré au questionnaire Afrobarometer du Round 10 (2024/2025).
Les résultats de l’étude révèlent que l’accès universel à la justice demeure un rêve lointain sur une grande partie du continent. Si la situation varie considérablement d’un pays à l’autre, et que certains enregistrent des progrès significatifs, d’autres semblent confrontés à des crises d’accès et de confiance du public. Ce constat mitigé se reflète dans le fait que seulement la moitié des Africains pensent pouvoir obtenir justice devant les tribunaux de leur pays, laissant ainsi un nombre égal de personnes privées d’un accès sûr à ce droit fondamental.
Partout en Afrique, les citoyens font état de nombreux obstacles persistants à l’accès à la justice, allant des coûts élevés aux inégalités de traitement et au manque d’intégrité des tribunaux. Ces constats révèlent une inquiétude généralisée quant au double standard qui règne au sein du système judiciaire et qui favorise les riches et les puissants au détriment des citoyens ordinaires.
Si les pays démocratiques obtiennent généralement de meilleurs résultats que les pays non démocratiques en matière d’accès à la justice, des disparités et des exceptions subsistent. Le respect de l’Etat de droit par le président constitue un indicateur plus fiable d’un accès positif à la justice.
Dans les sections suivantes, nous examinerons les résultats relatifs aux recours des Africains en matière de justice, à la confiance et à l’égalité au sein du système judiciaire, à l’accessibilité financière des services juridiques et à l’intégrité du système. Enfin, nous aborderons brièvement les attitudes concernant des peines équitables et acceptables.
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