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Key findings
  • Plus de la moitié (52%) des Béninois valorisent autant leur identité nationale que leur identité ethnique. Trois sur 10 (30%) accordent davantage d’importance à leur identité nationale, tandis que 18% se disent plus attachés à leur appartenance ethnique.
  • Près de quatre répondants sur 10 (36%) estiment que les citoyens de leur groupe ethnique sont « quelques fois », « souvent » ou « toujours » injustement traités par le gouvernement.
  • La majorité des Béninois disent faire « partiellement » ou « beaucoup » confiance à leur proche (86%) et à leurs voisins (56%). Seule environ la moitié accordent leur confiance aux personnes d’autres religions (53%), à celles d’autres groupes ethniques (52%) et à leurs concitoyens (48%).
  • La grande majorité des citoyens béninois aimeraient ou seraient indifférents au fait d’avoir pour voisins les personnes d’autres ethnies (92%) ou religions (91%), les immigrants ou travailleurs étrangers (89%), les réfugiés (88%) et les supporteurs d’autres partis politiques (88%). En revanche, 81% affirment qu’ils n’aimeraient pas avoir pour voisins des personnes homosexuelles.
  • La majorité des Béninois désapprouvent la performance du gouvernement dans la réduction du fossé entre riches et pauvres (76%) et dans l’amélioration des conditions de vie des pauvres (72%).

Dans un contexte mondial marqué par une recrudescence des tensions et un recul  généralisé de la paix, la cohésion sociale apparaît comme un fondement essentiel du vivre ensemble et de la stabilité des sociétés (Nations Unies, 2024).  

Le Bénin, souvent cité comme l’un des pays les plus stables de l’Afrique de l’Ouest, occupe la 112position sur 163 au classement de l’Indice Mondial de la Paix 2025 (Institute for  Economics & Peace, 2026). Cela traduit un niveau de paix intermédiaire à l’échelle  mondiale, marqué par des fragilités malgré l’absence de conflit majeur. Toutefois, cette  stabilité apparente masque des dynamiques sociales plus nuancées, où les perceptions de  confiance, de solidarité et d’équité entre citoyens demeurent contrastées (Sélo, 2025 ;  Nguyen & Dizon, 2017). Dans ce cadre, les attitudes interpersonnelles et les relations entre  groupes ethniques prennent une importance particulière, car ils conditionnent la capacité  des sociétés à préserver leur unité face aux défis contemporains (Nations Unies, n. d.). 

Une société véritablement cohésive se caractérise par la protection de ses membres contre  les risques de la vie, la confiance mutuelle entre citoyens et envers les institutions, ainsi que la  possibilité pour chacun de construire un avenir meilleur (Programme des Nations Unies pour  le Développement, 2020). Trois valeurs fondamentales structurent cette cohésion : l’inclusion  sociale, qui garantit à tous une participation équitable à la vie économique, sociale et  politique ; le capital social, qui repose sur la confiance et le sentiment d’appartenance ; et  la mobilité sociale, qui assure l’égalité des chances (Nations Unies, s.d.). Ainsi, au-delà des  indicateurs de stabilité politique, la qualité du lien social est un enjeu central pour le  développement harmonieux et durable des sociétés. 

Dans ce contexte, il est intéressant de comprendre les attitudes des Béninois sur les questions  identitaires et la confiance interpersonnelle et institutionnelle. 

Les résultats de la plus récente enquête Afrobarometer montrent que les Béninois combinent  largement une double identité nationale et ethnique, avec une majorité qui accordent de  l’importance aux deux. Toutefois, une part non négligeable des citoyens perçoivent des  traitements injustes fondés sur l’appartenance ethnique. 

Si la confiance est élevée à l’égard des proches, elle est plus limitée envers les personnes  d’autres groupes, qu’ils soient religieux, ethniques ou nationaux. Malgré cela, les attitudes  envers la cohabitation sont globalement ouvertes et tolérantes vis-à-vis de la diversité, à  l’exception notable des personnes homosexuelles, qui font face à un rejet majoritaire. 

Par ailleurs, les Béninois se disent insatisfaits de la performance du gouvernement sur  quelques facteurs économiques de la cohésion sociale, tels que la réduction des inégalités  entre riches et pauvres ainsi que l’amélioration des conditions de vie des pauvres.

Justine Gbaguidi

Justine Gbaguidi is a research assistant at Innovative Research in Economics and Governance (IREG), the Afrobarometer National Partner in Benin.