- La majorité des Sénégalais estiment que les besoins et les intérêts de leur pays sont reconnus de manière adéquate dans les décisions de l’Union Africaine (66%) et de la CEDEAO (64%).
- La grande majorité (82%) des répondants estiment que les pays africains devraient avoir davantage leur mot à dire dans les organes de décision internationaux tels que les Nations Unies.
- Les Sénégalais sont divisés entre le libre-échange (49%) et la limitation du commerce international pour protéger les producteurs nationaux (50%).
- Toutefois, si le gouvernement opte pour l’ouverture du commerce, plus des trois quarts (78%) des citoyens sont favorables à un commerce avec les pays du monde entier, tandis que 16% privilégieraient le commerce avec les pays africains et seulement 4% approuveraient la limitation du commerce aux pays de l’Afrique de l’Ouest.
- Seuls un sur sept Sénégalais (14%) déclarent avoir entendu parler de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf).
- Une faible majorité (53%) des répondants soutiennent la liberté de circulation des gens en Afrique de l’Ouest, tandis que près de la moitié (46%) considèrent que le gouvernement devrait limiter ces mouvements pour protéger les citoyens et les biens nationaux.
- La majorité des Sénégalais estiment positive l'influence économique et politique sur leur pays de la CEDEAO (62%), de la Chine (57%), de l'Union Africaine (57%) et des Etats-Unis d’Amérique (51%). En revanche, 45% d'entre eux jugent négative l'influence de la France, tandis que seulement 35% la jugent positive.
- Six répondants sur 10 (60%) pensent que les activités économiques de la Chine influencent « quelque peu » ou « beaucoup » l’économie sénégalaise.
- Huit Sénégalais sur 10 (81%) informés de la guerre entre la Russie et l’Ukraine sont favorables à une position neutre du Sénégal dans la guerre.

Le Sénégal s’appuie fortement sur le commerce et la coopération internationale comme piliers de sa stratégie de croissance (Diaw & Tran, 2009). Alors qu’il est établi que les investissements directs étrangers favorisent la croissance économique (Touray, 2024), le pays en accueille un stock important, évalué à U.S. $2,64 milliards en 2023 (Nations Unies, 2024). Parallèlement, le Sénégal tire profit d’importants transferts de fonds de sa diaspora, notamment en France, en Espagne et aux Etats-Unis d’Amérique. Le montant de ces transferts était évalué à U.S. $2,94 milliards en 2023, soit 11% du produit intérieur brut national (Daba, 2025).
Par ailleurs, le Sénégal entretient des relations commerciales aussi bien avec les pays africains que les pays des autres continents. Le pays a signé des accords bilatéraux et multilatéraux pour renforcer le commerce et l’investissement, notamment avec l’Union Européenne, la Chine et les Etats-Unis d’Amérique (Bassene, 2025), et est membre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA) et de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf). En 2024, le pays a importé l’équivalent de U.S. $12,7 milliards en biens et services (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, 2025). Ces importations proviennent principalement de l’Europe (45,1%) et de l’Asie (31,1%). Les échanges commerciaux avec la Chine, la France et la Russie, quant à eux, s’élèvent respectivement à 11,8%, 10,1% et 8,1%. En revanche, les exportations du Sénégal, en 2024 sont orientées principalement vers le continent africain (37%), européen (27,2%) et asiatique (23,6%).
Dans ce contexte d’intégration économique et d’ouverture sur les marchés régionaux et internationaux, il est pertinent d’examiner comment les Sénégalais perçoivent la place et les intérêts de leur pays dans ces dynamiques.
Le plus récent sondage d’Afrobarometer révèle que la majorité des Sénégalais estiment que les intérêts de leur pays sont bien pris en compte dans les décisions de l’Union Africaine et de la CEDEAO, et sont favorables à une plus grande voix du continent sur la scène internationale.
Toutefois, les opinions apparaissent plus nuancées en matière d’ouverture économique. Ils sont divisés entre libre-échange et protection des producteurs nationaux, même si une large majorité d’entre eux restent favorables à un commerce ouvert avec le reste du monde.
Dans le même temps, la grande majorité des Sénégalais n’ont jamais entendu parler de la ZLECAf. Les citoyens sont également partagés sur la libre circulation en Afrique de l’Ouest, reflétant un équilibre entre aspirations à l’ouverture et préoccupations liées à la protection nationale.
Par ailleurs, les influences extérieures sont perçues de manière contrastée. Si la plupart des Sénégalais perçoivent positivement l’influence économique et politique de la CEDEAO, de la Chine, de l’UA et des Etats-Unis d’Amérique, la France suscite plus de réserve. L’influence économique de la Chine est en particulier largement reconnue.
Enfin, sur les enjeux géopolitiques, une forte majorité de Sénégalais informés de la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine se prononcent en faveur d’une position de neutralité de leur pays.