Skip to content
Key findings
  • La radio reste la source d'information la plus courante en Afrique : A travers les 38 pays sondés en 2024/2025, six citoyens sur 10 (59%) déclarent s'informer « tous les jours » ou « quelques fois par semaine » à la radio, contre environ la moitié qui le font à la télévision (53%) et sur les réseaux sociaux (50%), et une proportion plus faible qui consultent régulièrement d'autres sources sur Internet (38%) et la presse écrite (13%).
  • La radio est également la source d'information la plus accessible sur le continent, avec un taux d'accès supérieur à celui des autres médias chez les femmes, les habitants des zones rurales, les répondants les plus pauvres et les répondants les moins instruits.
  • Cependant, la prédominance de la radio s'affaiblit progressivement : A travers les 28 pays régulièrement sondés depuis 2014, la proportion des individus déclarant écouter la radio au moins « quelques fois par semaine » a régressé de 10 points de pourcentage par rapport à il y a 10 ans.
  • La croissance de la consommation fréquente des médias d'information numériques a ralenti après avoir connu une forte progression à la fin des années 2010.
  • Malgré ces changements, la proportion des Africains qui déclarent suivre régulièrement l'actualité via au moins un média de masse n'a pas évolué de manière significative au cours de la dernière décennie, ce qui suggère que les progrès technologiques n'ont pas accru l'audience des médias d'information.
  • L’engagement avec les médias est limité : Seuls 6% des répondants disent avoir contacté les médias au cours de l’année écoulée, et une proportion équivalente de répondants déclarent avoir publié des messages sur les réseaux sociaux traitant de politique ou de questions communautaires.
  • La plupart (72%) des Africains soutiennent que les médias jouent un rôle dans le contrôle de l’action gouvernementale, y compris une majorité dans tous les pays sondés.
  • Les avis sur la liberté de la presse sont mitigés : 53% des répondants estiment que les médias dans leur pays sont globalement libres, mais 43% considèrent qu’ils sont soumis à la censure ou influencés par le gouvernement.
  • La perception de la liberté des médias varie considérablement à travers l'Afrique, de 81% en Tanzanie et 77% au Libéria à seulement 28% aux Comores et 16% au Congo-Brazzaville.
  • Presque deux tiers (65%) des citoyens sont favorables à la liberté des médias, y compris une majorité dans tous les pays sondés à l'exception de la Tanzanie (49%) et du Mali (27%).
  • Les personnes qui considèrent que les médias dans leur pays sont libres sont quelque peu moins susceptibles que celles qui ne partagent pas cet avis de soutenir la liberté des médias (63% contre 69%).

Le paysage médiatique continue d’évoluer en Afrique, tout comme dans le reste du monde.  L’essor des technologies numériques a transformé la manière dont de nombreuses personnes  s’informent, offrant un accès facile et rapide à celles qui possèdent un smartphone ou un  ordinateur (Yu, Bekerian, & Osback, 2024). Dans ce contexte, les médias traditionnels se sont adaptés en renforçant leur présence sur les plateformes numériques : La  plupart des journaux, chaînes de radio et de télévision gèrent désormais  des sites web ou des comptes sur les réseaux sociaux par le biais desquels  ils diffusent leurs contenus (Al-Quran, 2022). 

Quel est l’impact de ces mutations sur la consommation de l’information  par les Africains et sur leur perception des médias et de la démocratie ?  

Sur la base des enquêtes Afrobarometer 2024/2025 réalisées dans 38 pays  africains, nous constatons que plus de huit citoyens sur 10 à travers le continent s’informent  régulièrement via au moins un média de masse. La radio reste le média le plus utilisé pour  s’informer, probablement en raison de sa large accessibilité à tous les groupes socio économiques. 

Cependant, le recours aux informations via la radio est en baisse constante. Les médias  numériques semblent supplanter la radio et les journaux comme sources d’information pour  certaines personnes, bien que la croissance de la consommation d’informations en ligne ait  ralenti ces dernières années. 

Les Africains sont globalement favorables à ce que les médias contrôlent l’action publique,  et ils ont tendance à privilégier la liberté de la presse plutôt que la réglementation  gouvernementale ; toutefois, les avis des citoyens quant à la protection effective de cette  liberté dans leur pays sont mitigés. De plus, certains éléments indiquent que beaucoup ne  considèrent pas nécessairement une presse libre comme un avantage incontestable : Le  soutien à la liberté de la presse est quelque peu moins élevé parmi les répondants qui  perçoivent la presse de leur pays comme libre que parmi ceux qui l’estiment non libre. 

Jeffrey Conroy-Krutz

Jeffrey Conroy-Krutz is an associate professor at Michigan State University and editor of the Afrobarometer Working Papers series.

Komi Amewunou

Komi Amewunou is an editor at Afrobarometer.

Kelechi Amakoh

Data analyst for Afrobarometer and a PhD student in the Department of Political Science, Michigan State University.