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Key findings
  • Les femmes mauritaniennes sont moins nombreuses que les hommes à profiter des niveaux d’éducation secondaire (26% contre 30%) et post-secondaire (5% contre 12%), tandis qu’elles sont plus nombreuses à n’avoir bénéficié d’aucune éducation formelle (42% contre 35%).
  • Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à n’avoir pas d’emploi et en être à la recherche (45% contre 35%), ainsi qu’à être sans emploi sans en rechercher (40% contre 25%). En revanche, elles sont nettement moins nombreuses à occuper un emploi à temps plein (4% contre 21%) ou à temps partiel (11% contre 19%).
  • La majorité (69%) des Mauritaniens estiment que les hommes devraient plus avoir le droit à l’emploi que les femmes.
  • Près de deux répondants sur 10 (17%) déclarent qu’il arrive « souvent » ou « toujours » que les filles soient empêchées d'aller à l'école parce que leur famille donne la priorité à l'éducation des garçons. Plus du quart (27%) affirment que les femmes sont « souvent » ou « toujours » empêchées par un membre de leur famille d’occuper un emploi rémunéré.
  • Deux citoyens sur 10 (20%) affirment que « souvent » ou « toujours » les élèves filles ou étudiantes sont victimes de discrimination, de harcèlement ou de demandes de faveurs sexuelles de la part de leurs enseignants. Trois sur 10 (30%) déclarent que les femmes sont « souvent » ou « toujours » harcelées sexuellement dans des lieux publics tels que les marchés, les rues ou les transports publics.
  • Trois quarts (76%) des Mauritaniens estiment que la police et les tribunaux doivent faire plus pour protéger les femmes et les filles contre la discrimination et le harcèlement.
  • Les femmes sont moins autonomes dans la gestion de leurs revenus que les hommes (41% contre 52%), tandis qu’elles sont plus nombreuses à déclarer ne pas avoir de revenus (15% contre 10%).
  • Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à posséder des actifs tels qu’un téléphone portable (90% contre 94%), un compte mobile money (46% contre 57%), un compte bancaire (20% contre 27%) ou encore une voiture ou moto (11% contre 29%).

La Mauritanie a entrepris des efforts en faveur de l’égalité de genre en renforçant son cadre  institutionnel, politique et juridique, notamment à travers la ratification d’instruments  internationaux des Nations Unies, de l’Union Africaine et de l’Organisation Internationale du  Travail (Groupe de Travail des Nations Unies sur la Discrimination à l’Egard des Femmes et des  Filles, 2023). Par ailleurs, la Constitution interdit toute forme de discrimination, et le pays a  adopté des politiques pertinentes, telles que la Stratégie Nationale d’Institutionnalisation du  Genre (2015-2025) (République Islamique de Mauritanie, 2017 ; Agence Française de  Développement, 2016). Des unités spécialisées chargées des questions de genre ont  également été mises en place au sein des ministères. En outre, l’Observatoire National des  Droits des Femmes et des Filles a été créé pour suivre et promouvoir ces droits (Partenariat  EDIFIS, 2025 ; Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille, 2022). 

En matière d’éducation, la gratuité de l’éducation à tous les niveaux est assurée par l’Etat, et une révision des manuels scolaires a été entreprise afin d’éliminer les contenus stéréotypés  basés sur le genre (UNESCO, 2025). De plus, le gouvernement déploie des efforts pour  privilégier les filles dans l’octroi de bourses, avec un quota de 30% pour les filles dans divers  programmes. Le taux des filles dans les universités publiques est aussi passé de 37% en 2019 à  48% en 2023 (Carrefour de la République Islamique de Mauritanie, 2012 ; Groupe de Travail  des Nations Unies sur la Discrimination à l’Egard des Femmes et des Filles, 2023). 

Sur le plan de la représentativité politique, un décret a été adopté en 2006 introduisant des  quotas de genre, réservant 20 des 88 sièges parlementaires aux femmes et 20% des sièges aux  femmes pour les élections municipales. Depuis lors, la représentation des femmes au  Parlement a augmenté, passant de 17% en 2006 à 23,3% en 2023 (Carrefour de la République  Islamique de Mauritanie, 2024 ; Programme des Nations Unies pour le Développement, 2023). 

Toutefois, des lacunes persistent en matière d’égalité de genre en Mauritanie. 

Sur le marché du travail, les femmes sont moins actives que les hommes, et sont plus  nombreuses dans le secteur informel, souvent précaire et dépourvu de protections formelles  (Banque Africaine de Développement, 2022). 

Dans le domaine foncier, peu de femmes possèdent une propriété foncière ou immobilière,  ce qui compromet énormément leur droit à un niveau de vie adéquat, leur sécurité  alimentaire et leur accès au crédit (Office Nationale de la Statistique, 2021). 

Cette dépêche présente les résultats d’un module spécial inclus dans le questionnaire du  Round 10 de l’enquête Afrobarometer qui explore les perceptions des Mauritaniens sur  l’égalité des sexes.

Les résultats mettent en évidence des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes  en Mauritanie en matière d’éducation, d’emploi et d’autonomie économique. Les femmes  sont moins nombreuses à atteindre les niveaux d’enseignement secondaire et post secondaire, et plus susceptibles de n’avoir aucune éducation formelle.  

Les normes sociales restent également défavorables aux femmes, une large majorité des  citoyens estimant que les hommes devraient être prioritaires en matière d’emploi, et les  femmes bénéficient moins que les hommes d’un emploi. 

Dans les sphères familiale et communautaire, certaines filles sont encore empêchées d’aller à  l’école, tandis que certaines femmes se voient refuser l’accès à un emploi rémunéré. Par  ailleurs, des proportions non négligeables de la population signalent des cas de discrimination,  de harcèlement et de violences sexistes, tant dans les milieux scolaires que dans les espaces  publics.  

Peu surprenant, une forte majorité des Mauritaniens considèrent que les institutions,  notamment la police et les tribunaux, doivent intensifier leurs efforts pour mieux protéger les  femmes et les filles.  

Enfin, les femmes demeurent moins autonomes économiquement, étant moins impliquées  dans la gestion de leurs revenus et plus exposées à l’absence de ressources.  

Komi Amewunou

Komi Amewunou is an editor at Afrobarometer.

Adu Kakra Duayeden

Adu Kakra Duayeden is the data quality manager for fieldwork at Afrobarometer.

Hassana Diallo

Hassana is Afrobarometer's communications coordinator for Francophone Africa