- Une légère majorité de Tunisiens estiment que l’UMA (51%) et l’UA (53%) reconnaissent les besoins et les intérêts de leur pays dans leur processus de décision.
- Mais plus de huit sur 10 (82%) estiment que les pays africains devraient avoir davantage leur mot à dire dans les instances décisionnelles internationales comme les Nations Unies.
- Une légère majorité (54%) de citoyens préfèrent le libre-échange à la limitation du commerce international pour protéger les producteurs nationaux.
- Si le gouvernement décidait de faciliter le commerce international, près des trois quarts (72%) des Tunisiens seraient favorables à un commerce ouvert avec les pays du monde entier, tandis qu'un nombre plus restreint de répondants privilégieraient le commerce avec les pays africains (15%) ou avec les pays de l'UMA (7%).
- Seuls 5% des Tunisiens disent avoir entendu parler de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf).
- Interrogés sur l'influence économique et politique de différentes puissances étrangères sur leur pays, les Tunisiens se montrent plus favorables que critiques envers l'influence de la Chine, de l'UMA, de l'UA et de la Russie. En revanche, les puissances occidentales obtiennent de bien moins bons résultats : Seuls environ un sur 10 répondants apprécient positivement l'influence des Etats-Unis d’Amérique (11%) et de la France (12%).
- Interrogés sur les pays qui ont le plus aidé la Tunisie pendant la pandémie de COVID 19, les répondants citent le plus souvent la Chine (34%), suivie de l'Europe (17%) et des Etats-Unis d’Amérique (7%).
- La proportion de citoyens qui affirment que les activités économiques de la Chine influencent « quelque peu » ou « beaucoup » l’économie tunisienne a diminué de 15 points entre 2015 et 2024, pour atteindre 59%.

Classée par la Banque Mondiale (2025) parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, la Tunisie bénéficie d’une situation stratégique sur la côte méditerranéenne de l’Afrique du Nord et d’une économie diversifiée reposant sur l’agriculture, l’industrie légère, le commerce de détail et le tourisme. Le commerce international joue un rôle central dans la stratégie de développement de la Tunisie. L’Union Européenne (UE) est de loin son principal partenaire commercial, représentant près de 60% de ses échanges (International Trade Administration, 2024). Environ deux tiers (67,2%) des exportations tunisiennes sont destinées aux marchés de l’UE, tandis que 45% de ses importations proviennent de l’UE (Commission Européenne, 2025).
La Tunisie maintient également plusieurs accords commerciaux régionaux et continentaux. Il s’agit notamment de l’Accord d’Agadir de 2004 avec l’Egypte, le Maroc et la Jordanie, ainsi que d’accords bilatéraux de libre-échange avec l’Algérie et la Libye. En 2019, la Tunisie a ratifié son adhésion au Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA) (Kebe, 2018), après avoir ratifié l’accord sur la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) l’année précédente (International Trade Administration, 2024).
La Tunisie est membre fondateur de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), créée en 1989 pour promouvoir l’intégration régionale avec le Maroc, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie (Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, 2016). Cependant, les activités de l’UMA sont depuis longtemps au point mort en raison des tensions géopolitiques, notamment la rivalité entre l’Algérie et le Maroc concernant le statut du Sahara Occidental (Boukhars, 2018).
Afin de relancer la coopération régionale au-delà du cadre de l’UMA, la Tunisie a accueilli en avril 2024 à Tunis une première réunion consultative avec les dirigeants algérien et libyen. Selon les autorités tunisiennes, cette initiative vise à favoriser non seulement le dialogue politique, mais aussi une collaboration socio-économique renforcée entre les trois pays (VOA Africa, 2024).
Comment les Tunisiens perçoivent-ils leurs relations économiques et politiques avec le reste du monde ?
Les résultats de la dernière enquête Afrobarometer montrent que les opinions sur le libre échange sont partagées, une minorité significative étant favorable à des limitations du commerce international afin de protéger les entreprises tunisiennes. Très peu de citoyens connaissent la ZLECAf.
Les évaluations de l’influence économique et politique de la Chine, de l’UMA, de l’Union Africaine (UA) et de la Russie sont plus positives que négatives, mais une majorité rejettent l’influence des Etats-Unis d’Amérique et de la France.
La majorité des répondants estiment que l’UA et l’UMA prennent en compte les besoins et les intérêts de la Tunisie dans leur processus décisionnel, mais les citoyens affirment massivement que les pays africains doivent avoir davantage leur mot à dire au sein d’organismes internationaux comme les Nations Unies.
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