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Key findings
  • En moyenne à travers les 38 pays sondés, les services publics occupent une place prépondérante dans les priorités des Africains en matière d'action gouvernementale. La santé arrive en tête des préoccupations citoyennes, tandis que l'éducation, les infrastructures/routes, l'approvisionnement en eau, la criminalité/sécurité et l'électricité figurent toutes dans le top 10.
  • Les Africains sont insatisfaits de la prestation des services publics essentiels. Six répondants sur 10 (60%) estiment que leur gouvernement n'est pas à la hauteur en matière d'approvisionnement en eau et d'assainissement ainsi que de lutte contre la criminalité, et 54% ne sont pas satisfaits des services de santé, des infrastructures et de l'électricité. Seul le secteur de l'éducation présente un équilibre entre les opinions positives et négatives.
  • En moyenne, 60% des ménages sondés sont raccordés au réseau électrique national, et 49% sont alimentés en eau par un réseau public ou communautaire.
  • Les habitants des zones rurales et les citoyens pauvres sont beaucoup moins susceptibles d’avoir accès à l’eau courante et à l’électricité que leurs pairs citadins et plus aisés.
  • L'accès à ces services varie considérablement d'un pays à l'autre. Seuls 7% des Nigérians déclarent bénéficier de l'eau courante, et seulement 14% des Malawiens sont raccordés au réseau électrique, contre un accès quasi universel à ces deux services à Maurice et aux Seychelles.
  • Par rapport à il y a cinq ans, l’accès à l’électricité est resté globalement stable. Dix pays affichent des progrès significatifs, menés par le Kenya (+15 points de pourcentage), la Tanzanie (+13 points) et le Libéria (+13 points), tandis que l’on observe des reculs en Zambie (-15 points), au Gabon (-13 points) et dans six autres pays.
  • Parmi les citoyens ayant sollicité certains services publics au cours de l'année précédente, seulement environ la moitié d’entre eux estiment qu'il a été facile d'obtenir un document d’identité officiel (50%), des soins médicaux dans un hôpital public (49%) et une assistance policière (48%), tandis que l'autre moitié d’entre eux déclarent que cela a été « difficile » ou « très difficile ».
  • Les individus en situation de précarité économique sont nettement plus susceptibles que les citoyens plus aisés de signaler des difficultés d’accès à ces trois types de services.
  • En moyenne, sur les 30 pays sondés tant en 2014/2015 qu’en 2024/2025, une proportion croissante de citoyens sollicitant la délivrance de pièces d’identité et des soins de santé publics signalent des difficultés à les obtenir.
  • Une grande partie des répondants ayant utilisé certains services publics au cours de l'année écoulée déclarent avoir dû verser des pots-de-vin pour éviter des problèmes avec la police (37%) et pour obtenir une assistance policière (36%), un document d’identité (29%) et des soins médicaux (22%).
  • Les citoyens pauvres et les jeunes étaient plus susceptibles d'avoir dû verser des pots-de-vin à la police, aux fonctionnaires et au personnel de santé que les citoyens plus aisés et plus âgés.
  • La fréquence de versement de pots-de-vin pour obtenir ces services varie considérablement d'un pays à l'autre, atteignant 83% pour une assistance policière au Libéria, 64% pour un document d’identité au Congo-Brazzaville et 62% pour les services médicaux en Sierra Leone.
  • Au cours de la dernière décennie, le versement de pots-de-vin pour obtenir des pièces d'identité et des soins médicaux s'est généralisé, avec une hausse moyenne de 7 à 8 points de pourcentage à travers 30 pays.

Sur le continent africain, la qualité de la vie quotidienne de nombreuses personnes dépend  de leur accès à des services publics essentiels. L’électricité, l’eau potable, les soins de santé,  l’éducation, les transports, la sécurité et d’autres services ont non seulement une incidence directe sur leur vie quotidienne, mais déterminent également leurs opportunités  économiques, leur parcours social et leur perception de l’Etat. Ce sont les  ménages les plus vulnérables qui souffrent le plus lorsque les services publics font défaut ou sont inaccessibles ou de mauvaise qualité (Banque  Mondiale, 2023 ; Programme des Nations Unies pour le Développement,  2024). 

Ces dernières années, de nombreux gouvernements africains ont déployé  des efforts afin de développer les services publics et d’améliorer les infrastructures. Malgré des années d’investissements considérables, les progrès réalisés dans la fourniture de services de base à l’ensemble de la population  africaine restent inégaux. D’importants écarts subsistent entre les zones rurales et urbaines,  ainsi qu’entre les régions et les groupes socio-économiques, ce qui empêche les  investissements de contribuer de manière significative à la réduction des inégalités. 

De plus, la manière dont les citoyens vivent leurs interactions avec les prestataires de services  publics joue un rôle important dans leur perception de la performance gouvernementale. Obtenir des soins de santé, un document d’identité, l’assistance policière ou d’autres services  peut être une expérience longue, coûteuse et parfois humiliante pour les citoyens. Dans de  nombreux pays, ces difficultés sont exacerbées par la corruption, notamment par les  paiements informels exigés pour accéder à des services essentiels pourtant garantis par la loi (Transparency International, 2024).  

Le présent Profile Panafricain se penche sur le quotidien des Africains face aux services  publics. Il met en lumière des inégalités importantes en matière d’accès, des difficultés  persistantes pour obtenir des services essentiels, ainsi que l’ampleur de la corruption dans les  relations entre les citoyens et leurs gouvernements. Ensemble, ces défis expliquent pourquoi  les services publics occupent une place prépondérante parmi les priorités citoyennes pour  l’action gouvernementale. 

Mamadou Abdoulaye Diallo

Mamadou Abdoulaye Diallo is a research associate for the Consortium pour la Recherche Economique  et Sociale (CRES) in Dakar, Senegal

Yayra Azaglo

Yayra Azaglo is research assistant for Afrobarometer.

Mohamed Nejib Ben Saad

Mohamed Nejib Ben Saad is the data quality manager for post-fieldwork at Afrobarometer.