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Key findings
  • En moyenne à travers 38 pays, l'approvisionnement en eau occupe la troisième place des problèmes les plus importants que les Africains souhaitent voir traités par leur gouvernement, derrière la santé et le chômage et à égalité avec l'éducation, la hausse du coût de la vie et les infrastructures/routes.
  • L'eau devance tous les autres problèmes en Guinée, au Tchad, au Bénin et au Mozambique.
  • L'approvisionnement en eau est une préoccupation particulière pour les habitants des zones rurales et les populations pauvres, qui sont fortement défavorisés au regard de tous les indicateurs d'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
  • Plus de la moitié (57%) des Africains déclarent que leur foyer a connu une pénurie d'eau potable au cours de l'année écoulée, dont 25% qui affirment que cette situation s'est produite « plusieurs fois » ou « toujours ».
  • Parmi les zones de dénombrement (ZD) visitées par les équipes de terrain d’Afrobarometer, 52% disposent d’un réseau d’adduction d’eau auquel la plupart des ménages pourraient accéder. Mais cela ne concerne que moins d’un quart des ZD en Angola (24%), en Guinée (23%), au Nigéria (16%), en Sierra Leone (15%) et au Libéria (9%).
  • Environ la moitié (49%) des Africains déclarent que leur principale source d’eau à usage domestique est un réseau public ou communautaire d’adduction d’eau, tandis que 20% dépendent d’un forage ou d’un puits tubé, 18% de puits creusés et 5% d’eaux de surface.
  • Un sur quatre répondants (25%) disposent d'une source d'eau principale à l'intérieur de leur domicile, 27% à l'extérieur de leur domicile mais à l'intérieur de leur concession, et presque la moitié (48%) à l'extérieur de leur concession.
  • L'évolution des conditions météorologiques a contraint un tiers (34%) des Africains à réduire leur consommation d'eau ou à changer de source d'approvisionnement au cours des cinq dernières années.
  • Un quart (25%) des zones sondées disposent d'un réseau d'assainissement, ce taux variant de seulement 2% en Mauritanie et en la Gambie à 82% au Maroc.
  • Un tiers (34%) des répondants ont des toilettes à l'intérieur de leur domicile, tandis que 38% disposent d'installations à l'extérieur de leur domicile mais à l'intérieur de leur concession. Un sur cinq (20%) utilisent des toilettes ou des latrines situées à l'extérieur de leur concession, et 8% déclarent ne pas avoir accès à des toilettes ou à des latrines.
  • Seuls 39% des citoyens jugent satisfaisante la performance gouvernementale en matière de services d'eau et d'assainissement.

L’Union Africaine (2026a) a proclamé 2026 « Année de la Durabilité de l’Eau », mobilisant la volonté politique pour surmonter un obstacle majeur au développement du continent : l’accès fiable à l’eau potable et à l’assainissement. Plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable, et plus de 700 millions vivent sans assainissement de base, ce qui a des conséquences désastreuses sur leur santé et leur bien-être (Conseil Economique, Social et Culturel de l’Union Africaine, 2026 ; Pain et Eau pour l’Afrique, 2025 ; Banque Mondiale, 2026). La croissance démographique rapide, des infrastructures inadéquates et vieillissantes, des cadres de gouvernance insuffisants et le manque de financement ralentissent encore les progrès visant à garantir ces services pour tous d’ici 2030, malgré l’engagement des gouvernements envers les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (Odey, 2025 ; Saad, Kayanja, & Ssevume, 2024 ; Armah-Attoh, 2022 ; Union Africaine, 2026a, b). Ces défis sont aggravés par le changement climatique, qui a modifié les régimes pluviométriques, intensifié les sécheresses et accentué la pression sur un système déjà fragile (Okesanya et al., 2024).

Tant les dirigeants politiques que les partenaires au développement réagissent à l’urgence de la situation. En février, l’Union Africaine (2026a, b) a, pour la première fois, placé l’eau et l’assainissement au cœur de son sommet annuel. Son thème pour 2026, « Assurer l’accès durable à l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », s’appuie sur la Vision Africaine de l’Eau à l’Horizon 2063 visant à accélérer les investissements dans les infrastructures, à renforcer la résilience climatique et à permettre au continent de s’exprimer d’une seule voix sur les plateformes mondiales telles que la Conférence des Nations Unies sur l’Eau en décembre (Voice of Africa, 2026). La Banque Mondiale (2026) a approuvé une enveloppe de 1,58 milliard de dollars pour aider à améliorer l’accès à des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène résilients au changement climatique dans 12 pays d’Afrique Orientale et Australe.

Si ces engagements témoignent clairement de la reconnaissance de l’importance cruciale de la sécurité de l’eau pour le développement durable, les lacunes dans leur mise en œuvre restent flagrantes, comme le montre le dernier round d’enquêtes réalisé par Afrobarometer.

A travers 38 pays africains, l’approvisionnement en eau arrive en troisième position parmi les problèmes les plus importants que les citoyens souhaitent voir réglés par leur gouvernement. Un sur quatre citoyens déclarent des pénuries fréquentes d’eau potable, et seule une minorité d’Africains ont accès à des réseaux d’assainissement. Ces difficultés sont particulièrement aiguës dans les zones rurales et parmi les populations pauvres. La plupart des Africains sont insatisfaits des performances de leur gouvernement en matière d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement.

Stephen Ndoma

Stephen is the assistant project manager for Southern Africa

Shannon van Wyk-Khosa

Shannon is the digital portfolio manager at Afrobarometer

Edward Chibwili

Edward Chibwili is the national investigator for Zambia.