- Environ un sur sept Togolais (14%) déclarent que « souvent » ou « toujours » les familles privilégient l'éducation des garçons au détriment de celle des filles, et trois répondants sur 10 (31%) affirment que les élèves filles ou étudiantes sont « souvent » ou « toujours » victimes de discrimination, de harcèlement ou de demandes de faveurs sexuelles de la part de leurs enseignants dans leur communauté.
- Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à bénéficier des études secondaires ou post-secondaires (54% contre 69%), tandis qu’elles sont plus nombreuses à ne pas avoir suivi d’éducation formelle (16% contre 9%).
- Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à occuper un emploi à plein temps (10% contre 16%).
- La préférence accordée à l’embauche des hommes, le manque de services de garde d’enfants et l’insuffisance d’éducation ou de compétences nécessaires constituent les trois principaux freins à l’accès des femmes au marché du travail et à leur évolution professionnelle, aux yeux des citoyens.
- Près du quart (23%) des Togolais déclarent que « souvent » ou « toujours » les femmes sont empêchées par leurs conjoints ou leurs familles d'occuper un emploi rémunéré.
- La grande majorité (79%) des Togolais estiment que les femmes devraient avoir les mêmes opportunités que les hommes d’être élues à des postes politiques.
- Plus de deux Togolais sur 10 (22%) déclarent que les femmes sont « souvent » ou « toujours » victimes de harcèlement sexuel dans les espaces publics.
- Environ deux tiers (65%) des Togolais affirment qu’il est « quelque peu probable » ou « très probable » que les femmes et les filles soient crues si elles se plaignent de discrimination ou de harcèlement.
- Environ sept répondants sur 10 (69%) estiment que la police et les tribunaux devraient faire davantage pour protéger les femmes et les filles contre la discrimination et le harcèlement.

L’égalité de genre demeure une priorité essentielle du développement en Afrique, alors que le continent s’engage vers un avenir plus inclusif, conformément aux ambitions de l’Agenda 2063. Cette dynamique vise à repositionner les femmes et les jeunes au cœur des politiques publiques, en valorisant leur leadership, leur force et leur engagement (Mpemba, 2025). Le Togo s’illustre à l’échelle continentale par son engagement en faveur des droits des femmes (Affoum & Dry, 2022). Selon l’indice Les Femmes, l’Entreprise et le Droit de la Banque Mondiale (2025), le pays obtient un score remarquable de 97,5/100, au même rang que le Royaume-Uni, la Finlande et l’Italie.
La Constitution togolaise également garantit l’égalité entre les sexes (République Togolaise, 2019), et le Code Pénal prévoit des sanctions allant jusqu’à 30 ans d’emprisonnement et d’environ 2.000 à 20.000 dollars américains d’amende pour les auteurs de violences et de discrimination à l’égard des femmes (République Togolaise, 2022).
Dans le domaine scolaire, l’Assemblée Nationale a adopté en 2022 une loi relative à la protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel. Cette loi vient soutenir le cadre législatif déjà existant et définit des textes en ce qui concerne la prévention, la répression et la réparation des actes de violences à caractère sexuel contre les élèves et apprenants (Assemblée Nationale, 2022). De plus, le gouvernement a instauré un numéro vert pour faciliter les dénonciations (New Afrique, 2024) et lancé des campagnes de sensibilisation à destination des élèves et du personnel éducatif (Ministère de l’Education Nationale, 2025).
Au-delà des politiques nationales, des actions locales comme l’ouverture d’un centre de promotion féminine dans la commune de l’Ogou 1 illustrent la mobilisation des collectivités territoriales pour l’égalité de genre (Plateaux Actu, 2024).
Des avancées notables sont observées dans le domaine éducatif, avec une réduction progressive des écarts de genre dans l’accès et l’achèvement des études secondaires (Muller & van Damme, 2024). Dans la fonction publique, le Togo a généralisé la budgétisation sensible au genre à tous les ministères, permettant une prise en compte équitable des besoins différenciés des hommes et des femmes dans les politiques publiques (Ministère des Finances et du Budget, 2024).
Malgré ces avancées, la protection des femmes au Togo reste un défi important. Les discriminations et les violences à leur égard persistent, et les femmes continuent de subir un déficit dans l’exercice de leurs droits par rapport aux hommes. Des disparités subsistent ainsi dans l’accès à l’éducation (UNICEF, 2023), tandis que les grossesses précoces compromettent chaque année la scolarité de milliers de jeunes filles (Tadégnon, 2025). Par ailleurs, certaines normes et traditions continuent de cantonner les femmes à des rôles domestiques ou agricoles, limitant notamment leur accès à la propriété foncière (Matcheri & Mawuvi, 2025).
Les résultats de la plus récente enquête Afrobarometer révèlent que des écarts existent entre les niveaux d’éducation des hommes et des femmes. Les filles et les femmes continuent de faire face à des discriminations dans l’éducation et l’emploi, notamment à travers des préférences familiales en faveur des garçons, un accès plus limité à l’enseignement secondaire et supérieur, et une moindre présence dans l’emploi à plein temps. Ces inégalités sont renforcées par des obstacles structurels tels que la préférence à l’embauche des hommes, le manque de services de garde d’enfants et l’insuffisance de compétences, selon les répondants.
Par ailleurs, une proportion non négligeable de Togolais signalent des pratiques de harcèlement et de discrimination à l’encontre des femmes, tant à l’école que dans les espaces publics. Cependant, la grande majorité des citoyens soutiennent l’égalité des droits et des opportunités, notamment en matière de participation politique, et appellent à un renforcement de l’action des forces de l’ordre et de la justice pour mieux protéger les femmes et les filles.
Related content