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Key findings
  • Près de six Comoriens sur 10 (58%) préfèrent la démocratie à toute autre forme de gouvernement.
  • La majorité des citoyens comoriens rejettent la dictature présidentielle (73%), le principe du parti unique (69%) et le régime militaire (63%).
  • Mais plus de la moitié (53%) des répondants disent que leur pays « n’est pas une démocratie », en plus des 25% qui affirment que c’est « une démocratie avec des problèmes majeurs ».
  • La grande majorité (82%) des Comoriens se disent « pas très satisfaits » ou « pas du tout satisfaits » de la manière dont la démocratie fonctionne dans leur pays.
  • La majorité (55%) des répondants soutiennent les élections comme moyen de choix des dirigeants.
  • Cependant, la moitié (51%) pensent qu’il est légitime que l’armée prenne le contrôle du pays lorsque les leaders élus abusent du pouvoir pour leurs propres intérêts.
  • Dans l’hypothèse où l’armée interviendrait dans le fonctionnement du gouvernement, deux tiers (67%) des Comoriens seraient favorables au rétablissement d’un régime civil, dont 31% le souhaiteraient le plus tôt possible et 36% préfèreraient une transition progressive.

Les Comores sont marquées par une instabilité politique récurrente, caractérisée par des coups d’Etat, des tensions institutionnelles et des crises électorales depuis l’indépendance en  1975 (Organisation Mondiale du Commerce, n.d.). 

Depuis la réforme constitutionnelle de 2018, le pays connaît une forte concentration du  pouvoir exécutif et un déverrouillage de la limitation des mandats présidentiels. Cette  réforme a également modifié le système de présidence tournante entre les îles et renforcé  les prérogatives du président, suscitant une vive contestation politique et citoyenne (Centre  d’Etudes Stratégiques de l’Afrique, 2023). Les élections présidentielles et législatives récentes  ont été marquées par des accusations d’irrégularités, des boycotts de l’opposition et une  faible confiance dans les institutions électorales (Tchakounte, 2025). 

C’est dans ce contexte que l’enquête Afrobarometer permet d’éclairer les perceptions et  attitudes des citoyens comoriens à l’égard de la démocratie et de la gouvernance. 

Selon les résultats, l’attachement aux principes démocratiques demeure majoritaire aux  Comores, même si l’expérience vécue de la démocratie est largement jugée insatisfaisante.  La majorité des répondants préfèrent la démocratie à toute autre forme de gouvernement, considèrent les élections comme le principal moyen légitime de désigner les dirigeants, et  rejettent explicitement les alternatives autoritaires. 

Toutefois, cet attachement normatif contraste avec une perception très critique du  fonctionnement réel de la démocratie. Plus de la moitié des répondants estiment que leur  pays n’est pas une démocratie. En conséquence, une large majorité des Comoriens se  déclarent insatisfaits de la manière dont la démocratie fonctionne dans leur pays. 

Par ailleurs, la moitié des citoyens jugent acceptable une intervention de l’armée lorsque les  dirigeants élus abusent du pouvoir à des fins personnelles. Néanmoins, même dans un tel  scénario, la majorité des Comoriens privilégieraient un retour à un régime civil, que ce soit  rapidement ou à travers une transition progressive. 

Faissoil Youssouf

Faissoil Youssouf is a statistician at Comores Finance Consulting (Con.Fin.Co), Afrobarometer's national partner in the Comoros.