- En moyenne à travers 38 pays, environ trois quarts (74%) des Africains soutiennent le choix de leurs dirigeants par le biais d'élections régulières, libres et transparentes.
- C'est la position majoritaire dans tous les pays sondés, même si le soutien aux élections a régressé au cours de la dernière décennie.
- Une forte majorité de répondants sont favorables à la concurrence multipartite (63%) et rejettent la dictature (79%) ainsi que la règle du parti unique (76%) comme alternatives aux élections.
- Sept citoyens sur 10 (71%) déclarent avoir voté lors des dernières élections nationales dans leur pays.
- Le taux de participation auto-déclaré est le plus élevé parmi les tranches d'âge supérieures (82%), les habitants des zones rurales (75%), les hommes (74%) et les citoyens non scolarisés (76%).
- Au niveau régional, les taux de participation auto-déclarés sont les plus élevés en Afrique de l'Ouest (78%) et les plus faibles en Afrique du Nord (53%).
- Plus de la moitié (55%) des Africains estiment les dernières élections nationales dans leur pays globalement libres et transparentes (soit « entièrement », soit avec « des problèmes mineurs »), mais 36% ne sont pas d'accord.
- Cependant, la plupart des Africains déclarent être « assez » ou « entièrement » libres d'adhérer à l'organisation politique de leur choix (77%) et de voter pour le candidat de leur choix sans se sentir contraints (86%).
- A travers les 28 pays régulièrement sondés depuis 2014/2015, la perception d'élections libres et transparentes a décliné de 7 points de pourcentage.
- Cependant, la plupart des Africains déclarent être « assez » ou « entièrement » libres d'adhérer à l'organisation politique de leur choix (77%) et de voter pour le candidat de leur choix sans se sentir contraints (86%).
- Environ un sur cinq répondants (19%) déclarent avoir craint des actes d'intimidation ou de violence politique pendant la dernière campagne électorale dans leur pays, et presque trois répondants sur 10 (28%) estiment qu'il est probable que des personnes influentes puissent découvrir pour qui ils ont voté.
- Seuls quelques quatre Africains sur 10 (38%) déclarent avoir « partiellement » ou « beaucoup » confiance en l'organisme de gestion électorale de leur pays.
- Plus de trois quarts (77%) des citoyens estiment que les élus devraient satisfaire les attentes des électeurs plutôt que de mettre en œuvre leurs propres programmes.
- Cependant, seuls 17% estiment que leurs députés font « souvent » ou « toujours » de leur mieux pour écouter ce que les gens ordinaires ont à dire.

Les élections sont unanimement reconnues comme la pierre angulaire de la démocratie, offrant aux citoyens un moyen pacifique de choisir leurs dirigeants et de les tenir responsables de leurs actions. A travers l’Afrique, les électeurs se sont rendus aux urnes dans presque 40 pays en 2024 et 2025, reflétant l’engagement durable des citoyens à participer à la gouvernance démocratique, et 17 autres pays devraient voter en 2026 (Gerenge, 2025 ; EISA, 2026).
Mais la valeur des élections ne dépend pas seulement de leur tenue. Satisfont-elles aux normes fondamentales que sont la liberté, la transparence et la pluralité ? Les citoyens jouissent-ils des libertés politiques fondamentales leur permettant de s’organiser et de voter sans subir de pressions ? Peuvent-ils participer sans crainte ? Leurs votes peuvent-ils conduire à un véritable changement ?
Les élections africaines ont donné lieu à une série remarquable de transitions pacifiques ces dernières années, comme au Botswana, au Ghana, au Libéria, à Maurice et au Sénégal (Brown, 2025). Mais d’autres scrutins ont mis en évidence la fragilité de l’intégrité électorale, comme les élections fortement manipulées au Cameroun et en Guinée fin 2025 (Wojtanik, 2026). Des leaders de l’opposition ont été emprisonnés en Tanzanie, où des cas courants de manipulation, d’intimidation et de violence ont été signalés, ainsi qu’en Ouganda, où le septième mandat du Président Yoweri Museveni a relancé le débat quant à savoir si les élections dans les pays dotés de régimes établis de longue date constituent encore de véritables mécanismes de choix démocratique (Wambi, 2025 ; Mwaniki, 2026 ; Gavin, 2025 ; Impact International, 2025).
Enfin, les élections sont importantes non seulement parce qu’elles permettent de choisir les dirigeants, mais aussi parce qu’elles sont censées aboutir à une gouvernance attentive aux besoins de la population. L’efficacité électorale – le sentiment que voter permet de se faire représenter et oblige les élus à rendre des comptes – joue sur la perception qu’ont les citoyens de l’importance des élections (Banducci & Karp, 2009). La confiance du public dans les élections s’érode lorsque les élus sont perçus comme indifférents ou peu soucieux de rendre des comptes.
Le déclin du soutien à la démocratie et la tolérance croissante à l’égard des régimes militaires dans certains pays africains (Afrobarometer, 2024) soulignent l’importance de bien comprendre comment les Africains perçoivent leurs élections, leurs libertés politiques et l’efficacité électorale.
Les résultats du Round 10 des enquêtes Afrobarometer réalisées dans 38 pays africains révèlent que la plupart des Africains souhaitent choisir leurs dirigeants lors d’élections libres et transparentes et déclarent participer au processus électoral. Plus de la moitié d’entre eux estiment leurs dernières élections globalement libres et transparentes, en dépit d’une certaine baisse de confiance. La plupart se sentent libres de voter sans pression et d’adhérer à des organisations politiques, mais une minorité importante d’Africains déclarent avoir craint des actes de violence ou d’intimidation durant la dernière campagne électorale et doutent du caractère véritablement secret du vote. Une majorité des Africains ne font pas confiance à l’organisme de gestion électorale pour garantir des élections libres et transparentes dans leur pays.
Enfin, la plupart doutent que les élections permettent d’élire des dirigeants qui répondent aux attentes de la population : Si la grande majorité des citoyens affirment que les élus devraient tenir compte des aspirations des électeurs, rares sont ceux qui pensent que leurs députés les écoutent.