Skip to content
Key findings
  • La majorité (60%) des Béninois estiment que le niveau de corruption a « quelque peu » ou « beaucoup » diminué pendant l’année écoulée.
  • La perception selon laquelle le niveau de corruption a baissé demeure majoritaire depuis 2020, malgré un recul de 10 points par rapport à 2022.
  • Parmi les Béninois qui ont eu affaire à certains services publics ou à la police au cours des 12 derniers mois, près de la moitié (45%) déclarent avoir versé au moins une fois de pots-de-vin pour éviter des ennuis avec la police, soit une hausse de 16 points de pourcentage par rapport à 2022.
  • D’autres déclarent avoir versé de pots-de-vin pour obtenir l’assistance de la police (23%), pour accéder à des soins médicaux (15%), et pour acquérir un document d’identité (13%).
  • Parmi les leaders et institutions évalués, les hommes et femmes d’affaires sont les plus perçus comme corrompus par les citoyens béninois.
  • Deux tiers (67%) des répondants qualifient de « plutôt bien » ou « très bien » la façon dont le gouvernement actuel lutte contre la corruption au sein de l’administration publique.
  • Cependant, près de sept Béninois sur 10 (68%) pensent que les citoyens ordinaires risquent des représailles ou d’autres conséquences négatives quand ils signalent les actes de corruption.

Robert Solow démontrait en 1957 que le progrès technique constituait le principal moteur de  la croissance économique à long terme. Si sa théorie visait d’abord la productivité  industrielle, elle trouve aujourd’hui un écho particulier dans la gouvernance publique. Le  numérique est devenu une arme pour moderniser l’administration et combattre la corruption (Bertot, Jaeger, & Grimes, 2010). Le Bénin ne fait pas exception à cette tendance  continentale. 

Ces dernières années, le pays a multiplié les initiatives pour combattre la corruption, plaçant  résolument la digitalisation au cœur de sa stratégie (Beninsite, 2019). E-gouvernement,  services en ligne, dématérialisation des procédures : L’idée est simple mais utile. Moins de  contacts directs entre usagers et agents publics, c’est moins d’opportunités de corruption. De  l’obtention de documents administratifs au paiement des impôts, en passant par les services  douaniers, le numérique s’impose progressivement comme un outil de transparence.  

Cette évolution n’est pas passée inaperçue sur la scène internationale. Selon l’Indice de  Perception de la Corruption 2024 de Transparency International, le Bénin a connu une  progression notable, passant de la 95e place en 2016 à la 69e sur 180 pays en 2024, signe  d’une amélioration de son image auprès des experts et des investisseurs internationaux. 

Mais au-delà des réformes institutionnelles et des reconnaissances internationales, que  pensent les citoyens béninois du niveau de la corruption dans leur pays, et quelle expérience  ont-ils de ce phénomène ? Car comme le soulignait De Soto (2000), les réformes n’ont  d’impact réel que si elles transforment effectivement le quotidien des populations.  

Selon les résultats de la récente enquête menée par Afrobarometer au Bénin, la majorité des  citoyens estiment que le niveau de corruption a diminué au cours de l’année écoulée, une  perception qui demeure majoritaire depuis 2020, bien qu’en recul de 10 points par rapport à  2022.  

Cette appréciation globalement positive coexiste toutefois avec des pratiques persistantes  de corruption au quotidien. Parmi les citoyens ayant eu recours à certains services publics ou  à la police au cours des 12 derniers mois, près de la moitié déclarent avoir versé des pots-de vin pour éviter des problèmes avec la police, et nombreux l’ont fait pour obtenir d’autres  services.  

Par ailleurs, les hommes et femmes d’affaires apparaissent comme les acteurs les plus perçus  comme corrompus aux yeux des citoyens. Si deux tiers des répondants saluent la manière  dont le gouvernement lutte contre la corruption au sein de l’administration publique, une  large majorité estiment néanmoins que les citoyens ordinaires s’exposent à des représailles  lorsqu’ils dénoncent des actes de corruption, révélant ainsi un climat de crainte qui limite  encore la dénonciation de ces pratiques.

Joao Babadoudou

Joao Babadoudou is Afrobarometer data quality officer for Francophone Africa.