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Key findings
  • La majorité (64%) des Maliens rejettent la règle du parti unique.
  • Cependant, plus de six Maliens sur 10 (62%) disent que les partis politiques créent la division et la confusion, qu’il n’est donc pas nécessaire d’en avoir plusieurs.
  • Seulement 14% des répondants se sentent proches d’un parti politique.
  • Près des deux tiers (64%) des citoyens maliens pensent que leurs dirigeants devraient être choisis à travers des élections régulières, libres et transparentes.
  • Pour 58% des Maliens, les élus devraient écouter l’opinion des électeurs et faire ce qu’ils demandent.
  • La grande majorité (85%) des Maliens pensent qu’il est légitime que l’armée prenne le contrôle du pays lorsque les leaders élus abusent de leur pouvoir pour leurs propres intérêts.
  • Dans l’hypothèse où l’armée interviendrait dans le fonctionnement du gouvernement, quatre répondants sur 10 sont favorables au rétablissement d’un régime civil le plus tôt possible (9%) ou suite à une transition progressive (34%). La majorité (56%) estiment que les militaires doivent gouverner aussi longtemps qu'ils pensent que c'est le mieux pour le pays.
  • La majorité (57%) des Maliens souhaitent que le gouvernement de transition organise des élections présidentielles.
  • Une majorité relative (44%) des Maliens disent préférer la démocratie à toute autre forme de gouvernement.
  • Mais seuls trois Maliens sur 10 estiment que leur pays est « une démocratie avec des problèmes mineurs » (19%) ou « une pleine démocratie » (11%).
  • La majorité (69%) des citoyens se disent insatisfaits de la manière dont la démocratie fonctionne au Mali.

Le Mali renoue avec la démocratie multipartite après 23 ans de règne du Général Moussa Traoré, tantôt sous un régime d’exception, tantôt sous un régime monopartite. L’ouverture démocratique de 1992 a consacré la démocratie et le multipartisme (République du Mali, 1992). En 30 ans, plus de 200 partis politiques ont été créés, entraînant une fragmentation de la scène politique. Cette ère démocratique s’est accompagnée d’un désaveu des partis politiques et d’une insatisfaction croissante du fonctionnement de la démocratie (Sangaré & Cissé, 2025).

Les partis politiques sont les principaux acteurs de la démocratie, mais en raison de leur prolifération, du déficit de formation et de sensibilisation politiques, et leur mauvaise organisation, ils peinent à mobiliser et à convaincre les citoyens, perdant ainsi progressivement leur crédibilité (Traoré & Sogodogo, 2018).

En transition depuis août 2020, les autorités maliennes ont fait de cette période un moment de réformes politico-institutionnelles visant à refonder la gouvernance du pays. Les assises nationales de la refondation, tenues en décembre 2021, ont formulé 517 recommandations, parmi lesquelles figurent la révision de la charte des partis politiques, notamment la réduction du nombre de partis politiques, le renforcement du chef de file de l’opposition, la limitation du financement public des partis et l’interdiction du nomadisme politique (Présidence de la République du Mali, 2025).

Après une première suspension en avril 2024, un décret présidentiel pris en mai 2025 dissou tous les partis politiques et organisations à caractère politique en République du Mali, suite à une concertation des forces vives de la nation (Malga, 2025).

Dans ce contexte, cette recherche basée sur les récentes données d’Afrobarometer se propose de nourrir le débat et d’orienter la rédaction de la nouvelle charte des partis politiques en mettant en lumière les perceptions des Maliens sur les partis politiques, les dirigeants et la démocratie.

Selon les résultats, la majorité des Maliens rejettent la règle du parti unique, affirmant leur attachement à un pluralisme politique. Pourtant, ils sont également majoritaires à considérer que les partis politiques créent la division et la confusion, et seule une minorité d’entre eux se disent proches d’un parti politique, illustrant un scepticisme profond vis-à-vis de ces formations.

Malgré cette défiance, la plupart des citoyens estiment que leurs dirigeants devraient être choisis à travers des élections régulières, libres et transparentes, et jugent que les élus doivent écouter les électeurs et répondre à leurs attentes.

Cependant, l’armée reste perçue comme un acteur légitime de l’ordre politique, dans certaines circonstances. Une large majorité des Maliens considèrent acceptable que l’armée prenne le contrôle du pays lorsque les leaders élus abusent de leur pouvoir. Dans cescénario, seulement quatre sur 10 favorisent un rétablissement rapide ou progressif d’un régime civil, tandis que la majorité estiment que les militaires devraient gouverner aussi longtemps qu’ils le jugent nécessaire.

Sur le plan des préférences de régime, une majorité relative des Maliens disent préférer la démocratie à toute autre forme de gouvernement. Pourtant, seuls trois sur 10 considèrent que le pays est aujourd’hui une démocratie en bon état. Cette ambivalence se reflète dans le niveau élevé d’insatisfaction envers le fonctionnement démocratique, partagé par la plupart des citoyens.

Koniba Ballo

Koniba Ballo is a young researcher at Conseils Donko pour la gouvernance et la sécurité and a participant in the 2025 Afrobarometer summer school.