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Key findings
  • La majorité des Béninois perçoivent une aggravation des sécheresses (67%) et des échecs de récoltes (56%) dans leur région au cours des 10 dernières années. Près de la moitié (45%) signalent aussi une hausse des inondations, tandis que 38% mentionnent l’érosion des sols et 31% les glissements de terrain ou de boue.
  • Moins de la moitié (46%) des Béninois affirment avoir entendu parler du changement climatique.
  • Parmi ceux qui sont informés du changement climatique : o Plus de huit sur 10 (83%) disent que le phénomène rend la vie pire. o Trois quarts (75%) accordent la responsabilité à l’activité humaine (67%) ou à une combinaison d’activité humaine et de phénomènes naturels (8%). o La majorité des répondants disent que le gouvernement doit prendre des mesures urgentes pour le limiter (73%), et que les pays riches responsables du changement climatique devraient prendre des mesures pour l’atténuer (82%) et financer le Bénin à faire face à ses impacts (82%).
  • Parmi tous les répondants, des majorités déclarent soutenir l’investissement supplémentaire dans les infrastructures durables (78%), davantage de pression sur les pays développés pour obtenir de l’aide (70%), et l’investissement dans les technologies éoliennes et solaires (66%) pour répondre au changement climatique.
  • Beaucoup de Béninois affirment avoir dû adapter leur style de vie à cause des changements météorologiques. Ces changements comprennent la modification de leurs habitudes de cultures ou de consommation (29%), la réduction de la consommation d’eau ou l’utilisation de sources d’eau différentes (21%), la réduction de la quantité du bétail ou l’adaptation des habitudes de pâturage (19%), le déménagement dans un nouvel endroit (15%) et la diminution ou la réorganisation du travail à l’extérieur (14%).

Le changement climatique représente aujourd’hui l’un des plus grands défis mondiaux, avec  des conséquences particulièrement sévères pour les pays dont les économies reposent  largement sur l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et  l’Agriculture, 2025). En Afrique subsaharienne, et notamment au Bénin, cette menace  accentue les vulnérabilités structurelles déjà existantes, compromettant les efforts de  développement durable (Banque Mondiale, 2023). 

Le Bénin est confronté à une intensification des événements climatiques extrêmes. Le Nord, à  climat soudano-sahélien, est de plus en plus exposé aux sécheresses prolongées, tandis que  le Sud, à climat subéquatorial, subit des inondations récurrentes et une érosion côtière  accrue (Ministère du Cadre de Vie et du Développement, 2022). 

Ces perturbations affectent directement le secteur agricole, pilier de l’économie nationale  et source de subsistance pour une grande partie de la population (Centre Africain pour le  Développement Equitable, 2023). Elles se traduisent par des récoltes perturbées, une baisse  de la production et, par ricochet, une aggravation de l’insécurité alimentaire, une  fragilisation des moyens de subsistance et une instabilité sociale accrue dans les communautés rurales. 

Pour limiter les impacts du changement climatique, le gouvernement béninois a lancé ces  dernières années plusieurs initiatives. C’est le cas par exemple de la loi-cadre sur le  changement climatique, qui exige désormais que toutes les stratégies nationales et locales  intègrent l’adaptation et l’atténuation. S’y ajoute l’adoption d’un plan national  d’adaptation afin de renforcer la résilience de l’agriculture, des zones côtières et des forêts  (Présidence de la République du Bénin, 2018 ; Ministère du Cadre de Vie et du  Développement, 2022). De plus un cadre d’action climatique ambitieux qui inclut un  mécanisme de monétisation du carbone, un dispositif de financement innovant et la  création d’une plateforme nationale de financement climatique a été lancé en 2024 afin  d’attirer des investissements privés (Banque Africaine de Développement, 2024). 

Cette dépêche s’appuie sur un module spécial du Round 10 (2024/2025) d’Afrobarometer,  conçu pour examiner les expériences et les perceptions des Béninois concernant le  changement climatique. 

La majorité des Béninois déclarent que les sécheresses se sont aggravées au cours de la  dernière décennie et signalent une hausse des échecs de récoltes. Inondations, érosion des  sols et glissements de terrain s’ajoutent à cette liste de menaces qui pèsent sur les moyens  de subsistance.

Pourtant, moins d’un citoyen sur deux disent avoir entendu parler du changement  climatique. Mais parmi ceux qui en sont conscients, l’inquiétude est massive : Plus de huit sur  10 estiment que le phénomène rend la vie plus difficile, et les trois quarts en attribuent la  responsabilité aux activités humaines. 

Les attentes envers les autorités et la communauté internationale sont fortes. La majorité des  Béninois pensent que le gouvernement doit agir de toute urgence, tandis que huit sur 10 réclament que les pays riches – jugés responsables – prennent leurs responsabilités, en  réduisant leurs émissions et en soutenant financièrement le Bénin. 

Dans ce contexte, la plupart de tous les répondants veulent que le Bénin investisse dans les  infrastructures, développe les énergies renouvelables, et intensifient la pression diplomatique  pour obtenir l’aide nécessaire. Déjà, de nombreux Béninois disent avoir dû s’adapter en modifiant leurs cultures ou leur consommation, en réduisant leur usage de l’eau, en revoyant l’élevage ou même en déménageant. 

Auriane Aïna

Auriane Aïna est assistante de recherche à l’Innovante Recherche en Economie et  Gouvernance (IREG), le partenaire national d’Afrobarometer au Bénin.<br />