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Key findings
  • En moyenne à travers 38 pays, une grande majorité d'Africains estiment que les femmes devraient pouvoir décider elles-mêmes si et quand elles veulent se marier (75%), ainsi que quand elles veulent avoir des enfants et combien elles veulent en avoir (62%). o Les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes à soutenir la liberté des femmes quant aux décisions matrimoniales (78% contre 71%) et aux choix de reproduction (69% contre 55%). o Les opinions quant à la liberté des femmes varient considérablement d'un pays à l'autre, d'une opposition majoritaire au Mali et en Mauritanie à un soutien massif aux Seychelles, en Afrique du Sud, au Cabo Verde et à São Tomé et Principe.
  • Plus de sept Africains sur 10 (73%) approuvent l’enseignement de l’éducation à la sexualité à l’école. Ce soutien est quasi universel à Madagascar et au Cabo Verde, mais tombe à moins d’un quart des citoyens au Maroc et en Mauritanie.
  • Environ huit citoyens sur 10 (81%), dont la majorité dans tous les pays sondés, estiment que les filles qui tombent enceintes ou ont des enfants devraient être autorisées à poursuivre leur scolarité.
  • La majorité (58%) des Africains estiment que les contraceptifs devraient être mis à la disposition de toute personne sexuellement active quel que soit son statut marital. o Mais seulement la moitié (49%) d’entre eux seraient disposés à les mettre à la disposition de toute personne sexuellement active quel que soit son âge. o L'accès aux contraceptifs, indépendamment de la situation matrimoniale et de l'âge est moins populaire parmi les habitants des zones rurales, les personnes âgées et les citoyens moins instruits.
  • La majorité (63%) des citoyens estiment que l'avortement peut « parfois » ou « toujours » se justifier si la santé ou la vie de la femme est en danger. o Presque la moitié (48%) des Africains sont du même avis pour les grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste, tandis que l'autre moitié (47%) des répondants ne sont pas d'accord. o Une forte majorité de répondants estiment que l'interruption de grossesse n'est « jamais justifiée » dans les cas où la femme n'a pas les moyens financiers de s'occuper d'un enfant (65%) ou lorsqu'elle ne souhaite pas mener sa grossesse à terme pour quelque raison que ce soit (69%).

L’opinion publique sur la santé et les droits sexuels et reproductifs en Afrique est très diverse et  en constante évolution (Svallfors et al., 2024 ; Uka, White, & Smith, 2024). Partout sur le  continent, les croyances traditionnelles, la religion et les normes culturelles ont longtemps façonné les attitudes à l’égard de sujets tels que la liberté de décision, la  contraception, l’éducation à la sexualité et le choix de la reproduction (Amoah, Larle, Beyuo, & Be-Ikuu, 2025). Dans de nombreuses communautés, ces sujets sont encore considérés sensibles ou tabous, et les  opinions conservatrices dominent souvent les débats publics (Mbarushimana, Conco, & Goldstein, 2022 ; Lukumay et al., 2023 ; Mohammed Tohit & Haque, 2024). Un certain changement est toutefois  amorcé. 

Les jeunes générations, les activistes des droits de la femme et l’accès croissant à  l’information contribuent à faire évoluer les mentalités au sein des communautés locales (Egbende et al., 2024). De plus en plus d’Africains reconnaissent que donner aux femmes et  aux filles les moyens de prendre des décisions éclairées au sujet de leur corps et leur santé  profite aux familles, aux communautés et aux économies (Union Africaine, 2018 ; Groupe de  la Banque Mondiale, 2024). Les initiatives d’autonomisation des femmes et les interventions  ciblées des gouvernements et des partenaires au développement ont contribué à renforcer  le soutien à l’accès à la planification familiale, aux soins de santé maternelle et à la lutte  contre des pratiques telles que le mariage précoce et les mutilations génitales féminines (Diagana, 2023 ; Farina, Ortensi, Pettinato, & Ripamonti, 2022). 

Les dernières enquêtes Afrobarometer, effectuées entre janvier 2024 et septembre 2025 à  travers 38 pays africains, mettent en lumière l’ampleur et les divergences de l’opinion  publique sur ces sujets. Si une majorité importante de répondants soutiennent la liberté des  femmes dans les décisions relatives au mariage et à la maternité et sont favorables à  l’éducation à la sexualité, les opinions sont plus mitigées quant à l’accès aux contraceptifs.  Les Africains sont à part égales divisés sur la question de l’avortement : Les résultats montrent  une large acceptation du principe de l’interruption volontaire de grossesse lorsque la santé  ou la vie de la mère est en danger, mais seulement la moitié des citoyens considèrent  l’avortement justifiable lorsque la grossesse est due à un viol ou à un inceste, et il existe une  forte opposition à l’avortement lorsque la femme ne souhaite pas avoir d’enfant ou n’a pas  les moyens de s’en occuper.

Les résultats révèlent l’importance des facteurs contextuels dans le façonnement des  opinions et de la disposition des gens à parler de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles en Afrique. Outre les lois et les normes culturelles et religieuses qui  varient d’un pays à l’autre, ces facteurs incluent les différences intra-nationales entre les  groupes démographiques, telles que l’âge, le sexe, la localisation urbaine ou rurale et le  niveau d’éducation. 

Maame Akua Amoah Twum

Maame Akua is the communications manager at Afrobarometer

Rajen Govender

Rajen Govender is an associate professor at the University of Cape Town’s Mandela School of Public Governance.

Joseph Asunka

Joseph Asunka is the chief executive officer at Afrobarometer.