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Key findings
  • Une nette majorité (63%) des Marocains sont favorables à la libre circulation des Nord-Africains à travers les frontières internationales pour commercer ou travailler à l'étranger. Un quart (26%) estiment que le gouvernement devrait restreindre la circulation transfrontalière des personnes et des biens. o Mais deux tiers (66%) des personnes interrogées affirment qu’en pratique, traverser les frontières internationales est « difficile » ou « très difficile ».
  • Plus d'un tiers (36%) des citoyens considèrent l'impact économique des immigrants sur le Maroc comme positif. La plupart le perçoivent comme négatif (21%) ou n’expriment pas d’opinion précise à ce sujet (43%).
  • La majorité des répondants disent qu’ils aimeraient ou seraient indifférents d’avoir pour voisins des immigrants (78%) ou des réfugiés (56%).
  • Plus de quatre Marocains sur 10 (44%) déclarent avoir envisagé d'émigrer. L'intérêt pour l'émigration est particulièrement élevé chez les jeunes (64%), les personnes économiquement défavorisées (74%), les plus instruits (61%) et les chômeurs en recherche d'emploi (69%). o Parmi ceux qui envisagent de déménager dans un autre pays, les raisons les plus courantes sont économiques : recherche d’opportunités d’emploi (50%), de meilleures opportunités d’affaire (12%) et désir d’échapper aux difficultés économiques ou à la pauvreté (12%). o La destination la plus privilégiée par les émigrants potentiels est l’Europe (58%), suivie de l’Amérique du Nord (27%).

Le Maroc est devenu un acteur majeur de la gouvernance migratoire, tant au niveau  régional qu’international. Conformément à sa Stratégie nationale sur l’immigration et l’asile  de 2014, le pays a lancé des campagnes de régularisation visant à légaliser le statut des  immigrants sans papiers et à élargir leur accès aux services publics et au droit de vote  (Organisation Internationale pour les Migrations, 2017). Il a également adhéré au Pacte  mondial pour les migrations et au programme migratoire de l’Union Africaine afin d’aligner  ses stratégies nationales sur les normes et cadres internationaux plus larges (Royaume du  Maroc, 2022). 

Malgré ces mesures, d’importants défis persistent. Accueillant près de 19.000 demandeurs  d’asile et réfugiés, le Maroc peine à les intégrer au marché du travail, à faire respecter les lois  contre la traite des êtres humains et à gérer les déplacements internes causés par la  sécheresse et les inondations (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, 2024).  La Banque Mondiale (2023) souligne que le Maroc a besoin d’une meilleure adéquation  entre les flux migratoires et les priorités de développement. 

Les engagements du Maroc en matière de droits humains sont également en contradiction  avec ses pratiques nationales. Jiménez-Alvarez, Espiñeira et Gazzotti (2021) constatent qu’en  dépit d’un discours progressiste, de nombreux migrants – notamment originaires d’Afrique  subsaharienne – sont toujours victimes de détention arbitraire et d’abus de la part des forces  de l’ordre marocaines. 

Les changements environnementaux et les normes sociales influencent les décisions  migratoires des Marocains. Si les femmes sont souvent les plus touchées par les sécheresses  et les pénuries d’eau en raison de leur rôle dans l’agriculture et le ménage, les hommes sont  plus susceptibles de quitter leur foyer pour chercher du travail, que ce soit dans le pays ou à  l’étranger (Van Praag, Ou-Salah, Hut & Zickgraf, 2021). Elliot (2021) ajoute que même parmi  ceux qui ne migrent pas, nombreux sont ceux qui sont touchés par la migration via les  transferts de fonds de leur famille à l’étranger. 

La dixième enquête d’Afrobarometer a exploré l’opinion des Marocains sur la migration. Les  résultats indiquent un fort soutien à la libre circulation transfrontalière des Nord-Africains à  des fins professionnelles et commerciales, même si la plupart des citoyens affirment qu’en  pratique, le franchissement des frontières internationales est difficile. 

Si les évaluations de l’impact économique de l’immigration sont mitigées, les Marocains  affichent une tolérance générale à l’égard des travailleurs étrangers et, dans une moindre  mesure, des réfugiés. Néanmoins, une majorité d’entre eux sont favorables à une réduction  du nombre d’immigrants et de réfugiés admis dans le pays.

Près de la moitié des adultes déclarent avoir envisagé d’émigrer, principalement à la  recherche de meilleures opportunités économiques, l’Europe et l’Amérique du Nord étant les  destinations les plus privilégiées. 

 

Obaloluwa Ayooluwa Aka

Obaloluwa Ayooluwa Aka is a PhD student in the Department of Political Science at the University of Kentucky.