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Key findings
  • Par rapport aux outils d’accès à l’information, près de neuf Togolais sur 10 (87%) déclarent posséder personnellement un téléphone portable, et 55% ont un poste radio. Environ quatre sur 10 (39%) disposent d’un poste téléviseur et 14% d’un ordinateur. o Parmi ceux disposant d’un portable, 61% ont accès à l’Internet sur leur téléphone.
  • La radio reste de loin la principale source d’information au Togo. Près des deux tiers (64%) des citoyens s’y informent au moins « quelques fois par semaine », contre 48% pour les médias sociaux, 39% pour la télévision, 27% pour l’Internet et seulement 5% pour les journaux. o Entre 2014 et 2024, l’usage régulier des réseaux sociaux et de l’Internet pour s’informer a considérablement augmenté, tandis que l’usage des médias traditionnels comme la radio, la télévision et la presse écrite a baissé ou est restée stagnante.
  • La majorité des Togolais pensent que les médias devraient être libres de publier toutes opinions ou idées sans contrôle du gouvernement (62%), et qu’ils devraient enquêter en permanence sur la corruption et les erreurs du gouvernement (65%).
  • Seuls 39% des Togolais estiment que les médias sont libres dans leur pays, contre 60% qui pensent le contraire.

Le paysage médiatique togolais est assez diversifié, avec une quinzaine de télévisions (sans  compter celles accessibles via les bouquets étrangers), environ 80 radios, ainsi qu’un nombre  similaire de journaux et de magazines (Reporters Sans Frontières, 2025). Ajoutez à cela une  dizaine de web TV et web radios, trois fois plus d’organes de presse écrite en ligne, et vous  avez une idée du développement de la création des organes de presse au Togo pour  environ 9,5 millions d’habitants (République Togolaise, 2023). 

Aujourd’hui encore, la mission des médias, qui est d’informer, d’éduquer et de divertir selon  Lord John Reith, reste pleinement d’actualité (Cavelier & Morel-Maroger, 2009). Même les  médias sociaux n’ont pas dérogé à la règle. Venus premièrement pour du réseautage, les  réseaux sociaux ont greffé à leur cahier de charge une série d’options qui font d’eux  aujourd’hui des médias à part entière (Les Echos, 2024). 

En janvier 2025, 934.000 Togolais utilisent les médias sociaux (Meltwater, 2025). Si l’imagerie  populaire s’accorde sur le fait que les réseaux sociaux servent premièrement un objectif de  divertissement, ils ont su s’imposer également pour ce qui est de l’information. Ils possèdent  l’avantage de générer du feedback régulièrement, de créer des communautés, et le  consommateur devient aussi un contributeur. 

Malgré la diversité et le développement du paysage médiatique togolais, la question de la  liberté reste centrale. La régulation, les contraintes financières, la corruption et les  perturbations de la connexion Internet influencent le fonctionnement des médias  (Tadégnon, 2025 ; Friedrich-Ebert-Stiftung, 2021). Ainsi, au-delà de leur rôle, les médias  togolais évoluent dans un environnement démocratique en construction où leur autonomie  éditoriale et leur capacité à jouer un rôle de contre-pouvoir constituent des défis  permanents. 

Selon la récente enquête Afrobarometer, la radio, média classique, demeure néanmoins en  tête des sources d’information au Togo. La majorité des citoyens s’y informent régulièrement,  loin devant les réseaux sociaux, la télévision et la presse écrite. Cependant, les usages  évoluent : en une décennie, l’usage des médias sociaux et de l’Internet pour s’informer a  fortement progressé, contrairement à celui des médias classiques. 

Si plus de six citoyens sur 10 estiment que les médias doivent être libres de publier toutes  opinions et de dénoncer la corruption et les erreurs du gouvernement, seule une minorité de  Togolais jugent que cette liberté est réellement garantie dans leur pays.

Victor Bébé

Victor Emmanuel Ekwa Bébé III est consultant et ancien coordinateur de la communication pour l’Afrique francophone à Afrobarometer.