- Seulement environ un sur 10 Togolais (11%) bénéficient d’une couverture médicale. o La majorité des personnes qui possèdent une assurance maladie ont souscrit à une assurance nationale (37%) ou de la fonction publique (25%). o Six sur 10 bénéficiaires (62%) se disent satisfaits de leur service. o Le coût, le manque d’information sur l’existence des services d’assurance maladie et la procédure de souscription constituent les trois principales raisons qui empêchent les Togolais de souscrire à une couverture médicale.
- Près de sept Togolais sur 10 disent s’inquiéter « quelque peu » (30%) ou « beaucoup » (39%) de ne pas pouvoir eux-mêmes – ou un membre de leur famille – obtenir ou payer les soins médicaux nécessaires en cas de maladie, en plus des 22% qui disent s’inquiéter « un peu ». o Environ huit Togolais sur 10 (79%) disent qu’un membre de leur famille a manqué de soins médicaux ou de médicaments pendant l’année écoulée.
- Deux Togolais sur trois (66%) estiment que le gouvernement doit garantir l’accès aux soins, y compris si cela implique une augmentation des impôts.
- La majorité (64%) des Togolais disent avoir eu affaire à un hôpital public au cours des 12 derniers mois.
- Parmi ceux qui ont fréquenté un hôpital public pendant l’année écoulée : o Plus de la moitié (55%) déclarent qu’il leur a été « facile » ou « très facile » d’accéder aux soins de santé, tandis que 45% disent le contraire. o Près de deux sur 10 (16%) affirment avoir dû verser des pots-de-vin ou fait un cadeau ou une faveur à un employé de l’hôpital afin d’obtenir les soins ou services médicaux nécessaires. o La majorité des personnes signalent le coût élevé des soins (85%), les longues files d’attente (77%), le manque de médicaments ou de matériels (66%), le mauvais état des infrastructures (62%) et l’absence d’un membre du personnel médical (58%).
- La santé se hisse au deuxième rang des problèmes les plus pressants que le gouvernement togolais doit résoudre, selon les citoyens.
- La majorité des Togolais se disent satisfaits des efforts du gouvernement pour améliorer les services de santé de base (55%) et expriment leur confiance au Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins (64%).
- Concernant la vaccination, trois citoyens sur quatre (74%) estiment que les parents devraient être obligés de faire vacciner leurs enfants contre les maladies infectieuses. En revanche, 26% des répondants considèrent que la vaccination devrait rester un choix personnel des parents et ne pas être imposée.

Le système de santé togolais, à l’instar de nombreux pays africains, fait face à des défis persistants. En 2025, les dépenses publiques consacrées à la santé représentent seulement 4,8% du budget national, un niveau bien inférieur à l’objectif de 15% fixé par la Déclaration d’Abuja (Edoh, 2025 ; Union Africaine, 2006). La forte dépendance aux financements extérieurs, souvent orientés vers des programmes spécifiques, limite la capacité du pays à répondre de manière flexible à ses priorités nationales (République Togolaise, 2019). La faible couverture par un système de protection sociale renforce par ailleurs la vulnérabilité des ménages face aux coûts de santé (Association des Médecins Togolais de la Diaspora, 2024).
La pénurie de ressources humaines constitue un autre frein majeur. En 2022, le pays ne comptait qu’environ un médecin pour 10.000 habitants, contre une moyenne mondiale de 49 (Organisation Mondiale de la Santé, 2025). La répartition est en outre très inégale. Environ 36% des médecins exercent dans le Grand Lomé, qui abrite 27% de la population, tandis que les Savanes, qui regroupent 14% des Togolais, ne disposent que de 10% du personnel médical (Dossavi, 2025). Des conditions de travail peu attractives et l’émigration vers l’étranger ou le secteur privé aggravent ce déséquilibre (Tadegnon, 2023).
Ces difficultés s’ajoutent aux inégalités d’accès aux soins, à l’insuffisance des infrastructures, aux ruptures de médicaments et aux écarts de qualité des services, affectant particulièrement les populations rurales et les plus pauvres (République Togolaise, 2017).
Face à ces défis, le gouvernement a engagé plusieurs réformes. Le déploiement progressif de l’assurance maladie universelle (AMU), amorcé en 2024, vise à étendre la couverture à l’ensemble de la population (Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins, 2024). Dans le domaine de la santé maternelle et infantile, le programme Wezou a permis à plus de 600.000 femmes enceintes et nouveau-nés de bénéficier de soins subventionnés, soit plus de 3,2 millions de prestations en 2021-2023 (Edoh, 2024). Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de politiques de long terme, notamment la Politique Nationale de la Santé et les Plans Nationaux de Développement Sanitaire successifs (Ministère de la Santé, 2003 ; Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins, 2023).
Cette dépêche présente un module spécial du questionnaire Afrobarometer Round 10 qui explore les perceptions et expériences des Africains concernant la santé, tant en matière de couverture médicale que d’accès effectif aux soins.
Selon les résultats, l’accès aux soins de santé reste un défi majeur pour la population togolaise. Seulement une petite minorité des répondants bénéficient d’une couverture médicale, souvent via une assurance nationale ou de la fonction publique, et une grande partie des Togolais ignorent encore l’existence de ces services ou ne peuvent s’en permettre le coût. Cette situation alimente une inquiétude profonde. La majorité des citoyens craignent de ne pas pouvoir obtenir ou payer les soins nécessaires pour eux-mêmes ou leurs proches, et ont déjà manqué de soins ou de médicaments pendant l’année écoulée.
Deux tiers des Togolais estiment que le gouvernement devrait garantir l’accès universel aux soins, même si cela implique une augmentation des impôts.
Concernant les hôpitaux publics, plus de la moitié des répondants qui les ont fréquentés au cours des 12 derniers mois jugent facile l’accès aux soins, mais beaucoup rencontrent des obstacles persistants : Coûts élevés, longues files d’attente, infrastructures vétustes, manque de médicaments, absence de personnel, et parfois des demandes de pots-de-vin.
Malgré ces défis, la majorité des citoyens se disent satisfaits des efforts du gouvernement pour améliorer les services de santé de base.
Sur la question de la vaccination, trois répondants sur quatre estiment que les parents devraient être tenus de vacciner leurs enfants, même si une minorité de répondants plaident pour que cela soit un choix personnel.
Related content