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Key findings
  • La grande majorité (85%) des Mauritaniens disent être informés des programmes gouvernementaux de protection sociale dans leur pays.
  • Parmi les personnes informées de ces programmes, quatre sur 10 (40%) indiquent qu’un membre de leur ménage en a bénéficié, et trois quarts estiment que ces initiatives ont été « assez » (48%) ou « très » (27%) efficaces pour améliorer les conditions de vie des populations vulnérables en Mauritanie.
  • Quatre citoyens mauritaniens sur 10 (41%) jugent leurs conditions de vie bonnes, tandis que 38% les considèrent comme mauvaises.
  • La majorité des répondants ont « quelques fois », « plusieurs fois » ou « toujours » manqué de revenus en espèces (64%), d’eau potable (63%), de soins médicaux (56%), de combustible pour la cuisson (53%) et de nourriture (52%) au cours des 12 derniers mois qui ont précédé le sondage.
  • Près des trois quarts (73%) des Mauritaniens ont vécu une situation de pauvreté modérée (35%) ou élevée (38%).
  • La majorité de citoyens (55%) déclarent avoir dû solliciter l’aide de leur famille au cours des 12 derniers mois pour joindre les deux bouts, tandis que 42% se sont tournés vers des voisins ou amis et 9% vers une organisation religieuse ou communautaire.

La Mauritanie fait face à des défis socio-économiques persistants, notamment une pauvreté structurelle qui touche près de 30% de sa population (Banque Mondiale, 2024). Dans un contexte marqué par des inégalités, des chocs économiques récurrents et une vulnérabilité accrue aux effets des changements climatiques, la protection sociale est devenue un axe central des politiques publiques.

Depuis l’adoption de la Stratégie Nationale de Protection Sociale en 2013, le gouvernement mauritanien a multiplié les efforts pour renforcer la résilience des populations vulnérables (Ministère des Affaires Economiques et du Développement, 2012). Des programmes tels que Tekavoul, TAAZOUR, ElMaouna ou encore le Registre Social visent à améliorer les conditions de vie à travers des transferts monétaires, une aide alimentaire ciblée et un meilleur accès aux services sociaux de base (Alliance Sahel, 2025). Le programme Tekavoul a apporté un appui direct à plus de 200.000 personnes en situation d’extrême pauvreté, tandis qu’environ 24.000 ménages supplémentaires ont reçu des transferts monétaires d’urgence en réponse à des situations de crise (Banque Mondiale, 2024). 

Face à des risques climatiques récurrents, comme les sécheresses de 2012, les autorités ont aussi intégré des mécanismes d’alerte précoce, des transferts adaptatifs et des outils de financement des risques pour mieux répondre aux besoins des ménages affectés (Agence Fides, 2012).

Malgré ces efforts, d’importants défis subsistent. En 2023, le Programme Alimentaire Mondial alertait sur des niveaux préoccupants d’insécurité alimentaire dans plusieurs régions, aggravés par la hausse des prix des denrées de base et les effets des changements climatiques.

Cette dépêche présente les résultats d’un module spécial du Round 10 d’Afrobarometer, conçu pour recueillir les perceptions des citoyens mauritaniens concernant les programmes de protection sociale, leurs conditions de vie et la situation économique nationale.

Une grande majorité de Mauritaniens déclarent être informés de l’existence des programmes gouvernementaux de protection sociale. Parmi eux, quatre sur 10 affirment qu’un membre de leur ménage a bénéficié d’un tel programme. Les perceptions de leur efficacité sont globalement positives : Trois quarts des personnes informées estiment que ces initiatives ont contribué à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables.

Mais malgré ces retombées perçues, les réalités économiques des citoyens restent préoccupantes. Plus de six Mauritaniens sur 10 déclarent avoir manqué au moins « quelques fois » d’éléments de base au cours des 12 mois précédant le sondage. Au total, près des trois quarts des citoyens ont connu une pauvreté modérée ou élevée. Pour faire face à leurs besoins, beaucoup ont dû solliciter l’aide de leur entourage.

Sur le plan économique, plus de quatre citoyens sur 10 jugent la situation du pays mauvaise, et seuls quatre sur 10 pensent qu’elle s’améliorera pendant les 12 prochains mois. La majorité des citoyens expriment leur insatisfaction quant aux efforts du gouvernement sur les questions économiques et sociales.

Maïmouna Abdoulaye Ba

Maïmouna Abdoulaye Ba is a student in statistics and data engineering at the Ecole Supérieure Polytechnique de Nouakchott.

Komi Amewunou

Komi Amewunou is an editor at Afrobarometer.