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Key findings
  • Seuls (20%) des Mauritaniens disent bénéficier d’une couverture maladie.
  • Trois quarts (75%) des citoyens disent « quelque peu » ou « beaucoup » craindre de ne pas pouvoir se faire soigner ou payer les soins nécessaires en cas de maladie.
  • Sept citoyens mauritaniens sur 10 (71%) soutiennent que le gouvernement devrait garantir l’accès universel aux soins, même si cela implique une hausse des impôts.
  • Les Mauritaniens estiment que la santé est le principal problème auquel le gouvernement devrait s’attaquer.
  • Mais seulement 36% des citoyens approuvent la performance du gouvernement dans l’amélioration des services de santé de base.

L’accès universel à des soins de santé de qualité constitue un objectif fondamental de développement, pourtant encore hors de portée pour des millions de personnes dans le monde. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (2017), de nombreuses populations restent privées de services médicaux essentiels, faute de moyens financiers ou de systèmes sanitaire efficaces. En Afrique, l’accès aux soins demeure un défi majeur, aggravé par des inégalités régionales, des déficits d’investissement et des difficultés de gouvernance (Africanova, 2025).

En Mauritanie, le système de santé fait face à de nombreux obstacles structurels. Parmi ces défis figurent la pénurie d’infrastructures, le manque de personnel médical qualifié, le coût élevé des soins, et les ruptures fréquentes de médicaments ou de matériel médical (Diallo et al., 2023). Le pays ne compte qu’environ 26 médecins pour 100.000 habitants, un ratio largement inférieur à la norme recommandée (Organisation Mondiale de la Santé, 2025).

Ces insuffisances ont des répercussions dramatiques sur la santé publique. La mortalité infantile, bien qu’en léger recul, reste élevée avec 46,35 décès pour 1.000 naissances vivantes en 2024 (Macrotrends, 2025). Quant à la mortalité maternelle, elle demeure l’une des plus préoccupantes au monde, atteignant 766 décès pour 100.000 naissances vivantes, soit plus de trois fois la moyenne mondiale (Fonds des Nations Unies pour la Population, 2023). 

A ces défis s’ajoutent un sous-financement chronique du secteur et des problèmes de gouvernance, notamment liés à la corruption (Groupe de la Banque Africaine de Développement, 2023).

Face à cette situation, les autorités mauritaniennes ont engagé d’importantes réformes. Le gouvernement a accru les ressources allouées à la santé, en mettant l’accent sur les soins communautaires et materno-infantiles (Banque Mondiale, 2025). Il a également adopté une stratégie nationale de santé numérique visant à moderniser les services et à renforcer l’accès aux soins à distance, notamment dans les zones rurales, à moindre coût (Njoya, 2024).

Cette dépêche rend compte d’un module spécial inclus dans le questionnaire Afrobarometer pour mettre en lumière les expériences et perceptions des Mauritaniens concernant les soins de santé.

En Mauritanie, seuls deux citoyens sur 10 disent bénéficier d’une couverture maladie, dont la majorité ont souscrit à une assurance du gouvernement ou de la fonction publique. Trois quarts des Mauritaniens déclarent redouter de ne pas pouvoir se soigner ou payer les soins nécessaires en cas de maladie.

Les difficultés d’accès aux soins sont bien réelles. Près de six citoyens sur 10 ont eu recours à un centre de santé public récemment, mais la majorité d’entre eux disent avoir eu du mal à obtenir les soins nécessaires, souvent confrontés à de longs délais, à un personnel insuffisant, au manque de médicaments et à des infrastructures délabrées. Trois sur 10 disent même avoir dû verser des pots-de-vin ou faire une faveur pour accéder aux services.

Face à cette situation, les attentes sont fortes. La plupart des citoyens souhaitent que le gouvernement garantisse un accès universel aux soins, même si cela implique une hausse d’impôts. La santé est d’ailleurs identifiée par les répondants comme la première priorité nationale. Pourtant, seule une minorité approuvent les efforts du gouvernement dans l’amélioration des services de santé.

Par ailleurs, la grande majorité des Mauritaniens se disent favorables à la vaccination obligatoire des enfants pour lutter contre les maladies infectieuses.

Chriva Salem

Chriva Salem is a research professor at the Polytechnic School of Nouakchott, Mauritania.