- La majorité des Malgaches déclarent que les sécheresses (80%) et les échecs de récoltes (77%) se sont intensifiées dans leur région ces 10 dernières années. Près de la moitié font le même constat concernant les inondations (46%), tandis que beaucoup d’autres évoquent une intensification des cyclones et tempêtes tropicales (44%), des érosions (38%) et des glissements de terrain ou de boue (31%).
- Sept citoyens sur 10 (71%) disent avoir déjà entendu parler des changements climatiques.
- Parmi ceux qui sont informés des changements climatiques : o Près de neuf répondants sur 10 considèrent l'activité humaine (81%) ou la combinaison de l’activité humaine avec les procédés naturels (7%) comme principales causes des changements climatiques. o Une forte majorité (89%) de répondants affirment que les changements climatiques rendent la vie pire, soit une hausse de 8 points de pourcentage depuis 2018. o Plus de neuf sur 10 estiment que les pays riches doivent prendre des mesures urgentes (94%), y compris financer l’action climatique à Madagascar (94%).
- La majorité de tous les répondants soutiennent que le gouvernement investisse dans l’amélioration d’infrastructures adaptées aux changements climatiques (93%), fasse davantage de pression sur les pays riches pour qu’ils fournissent de l’aide aux personnes touchées (89%), investisse dans les technologies éoliennes et solaires (74%) et interdise l’abattage d’arbres pour le bois de chauffe ou le charbon de bois (51%).
- Beaucoup de Malgaches affirment avoir dû adapter leur style de vie à cause des changements météorologiques. Ces changements comprennent la modification de leurs habitudes de cultures ou de consommation (52%), la réduction de la consommation d’eau ou l’utilisation de sources d’eau différentes (28%), la diminution ou la réorganisation du travail à l’extérieur (28%), la réduction de la quantité du bétail ou l’adaptation des habitudes de pâturage (24%) et le déménagement dans un nouvel endroit (8%).
AD1016 : Face aux effets des changements climatiques, les Malgaches réclament des actions fortes
Les changements climatiques constituent une menace sans précédent pour l’humanité. Aucune société n’est épargnée, et ses effets influent sur la santé et le bien-être des populations (Banque Mondiale, 2023 ; Nematchoua, Ricciardi, Orosa, & Buratti, 2018). Ce constat prend une acuité particulière à Madagascar, où la majorité de la population dépendent de l’agriculture. En effet, le pays est classé quatrième pays au monde le plus touché par les changements climatiques (Nations Unies, 2024). Les projections du Fonds Mondial pour la Nature estiment d’ailleurs que si la dégradation de l’environnement se poursuit au rythme actuel, la grande île pourrait perdre jusqu’à 4,2% de son produit intérieur brut d’ici 2050 (Randrianarifidy, 2020).
En 2023, le cyclone Freddy a entraîné des pertes économiques estimées à environ U.S. $481,5 millions, affectant un total de 7,84 millions de personnes dans le pays (African Risk Capacity, 2023). Dans la capitale, une période de sécheresse persistante depuis novembre 2024 menace la sécurité alimentaire de plusieurs milliers de ménages (Ficou, 2025). Parallèlement, en début d’année, près de 8.000 enfants ont été déclarés en état de malnutrition aigüe sévère dans le Grand Sud suite aux épisodes climatiques extrêmes successifs subis par le pays (France 24, 2025).
Dans la perspective de mieux structurer ses actions d’atténuation des évènements climatiques, le gouvernement malgache a ratifié diverses conventions internationales et a élaboré un plan national d’adaptation aux changements climatiques. En outre, des projets ont été lancés pour réduire la production de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et promouvoir des pratiques agricoles durables, notamment le projet « Paysages durables dans l’Est de Madagascar », qui a permis d’éviter l’émission de 8,3 millions de tonnes de CO2 tout en renforçant la résilience de 23.800 ménages (Ida, 2025 ; Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, 2025). Dans la continuité du programme DEFIS, le programme DEFIS+ (2024-2030) bénéficiera directement à près d’un demi-million de petits exploitants agricoles, avec pour objectif de promouvoir des pratiques agricoles durables, d’améliorer l’accès aux marchés et de renforcer les infrastructures rurales (NewsMada, 2025).
Cette dépêche rend compte d’un module spécial d’enquête inclus dans le questionnaire Afrobarometer Round 10 pour explorer les expériences et les perceptions des Malgaches vis à-vis des changements climatiques.
Les impacts des changements climatiques sont de plus en plus ressentis à Madagascar. Selon beaucoup de répondants, les aléas climatiques et les mauvaises récoltes ont empiré dans leurs régions pendant la dernière décennie.
La majorité des Malgaches disent avoir connaissance du concept des changements climatiques. Parmi ceux qui en sont informés, une écrasante majorité pensent que le phénomène est principalement dû à l’activité humaine ou à sa combinaison avec des processus naturels, et disent que ces changements aggravent leur quotidien. La responsabilité des pays riches est largement soulignée. Plus de neuf répondants sur 10 estiment que ces pays doivent agir de toute urgence et financer l’action climatique à Madagascar. En parallèle, la majorité des citoyens souhaitent que leur gouvernement agisse urgemment, y compris prendre des décisions ambitieuses.
Confrontés aux défis des changements climatiques et de l’évolution des conditions météorologiques, de nombreux Malgaches disent avoir déjà commencé à adapter leur mode de vie. Cela inclut la modification des habitudes de culture ou d’alimentation, la réduction ou le changement de source d’eau, l’ajustement du travail extérieur, l’adaptation de l’élevage ou encore, pour certains, le déménagement vers une autre zone.
