- La majorité des Burkinabè ont déclaré s’être sentis en danger dans leur quartier (77%) et avoir craint de subir un crime à domicile (65%) au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête. o Ces deux formes d'insécurité se sont intensifiées pendant la décennie écoulée. o Les citoyens pauvres étaient plus susceptibles de connaître ces formes d'insécurité que leurs concitoyens plus aisés.
- Un sur 10 répondants (10%) ont dit avoir demandé l'aide de la police au cours de l'année précédente. Cinq fois plus (51%) de citoyens ont affirmé avoir rencontré la police dans d'autres situations, comme aux postes de contrôle, lors de contrôles d'identité ou de contrôles routiers, ou lors d'une enquête. o Trois quarts (77%) de ceux qui ont sollicité l'assistance de la police l'ont obtenue facilement, mais 62% ont dû verser des pots-de-vin. o Près de la moitié (48%) de ceux qui ont eu affaire à la police dans d'autres situations ont dû verser des pots-de-vin pour éviter des problèmes.
- Environ quatre Burkinabè sur 10 (39%) ont déclaré que « la plupart » ou « tous » les policiers sont corrompus, en plus des 48% qui ont affirmé que « certains » le sont.
- Néanmoins, sept répondants sur 10 (71%) ont dit faire « partiellement » (26%) ou « beaucoup » (45%) confiance à la police.
- La majorité des répondants ont déclaré que la police fait « parfois », « souvent » ou « toujours » usage de force excessive avec les présumés criminels (59%) et lors des manifestations (56%), et arrête les conducteurs sans raison valable (55%).
- Cependant, près de six Burkinabè sur 10 (58%) ont affirmé que la police agit « souvent » ou « toujours » de façon professionnelle et respecte les droits de tous les citoyens.
- Seul un quart (25%) des Burkinabè ont approuvé la performance de leur gouvernement en matière de lutte contre l’insécurité et la criminalité, soit une baisse de 31 points de pourcentage par rapport à 2015 (56%).

Tout Etat moderne dispose d’un appareil sécuritaire censé lui garantir le monopole de la contrainte physique légitime sur l’ensemble de son territoire. Parmi les composantes de cet appareil sécuritaire figurent les forces de sécurité intérieures comme la police et la gendarmerie. Celles-ci sont chargées de maintenir l’ordre, de combattre la criminalité et la délinquance, de protéger ainsi les personnes et leurs biens. En remplissant efficacement ces missions de service public, la police et la gendarmerie permettent aux citoyens de vivre paisiblement et de vaquer librement à leurs occupations.
Le Burkina Faso, à l’instar d’autres Etats, dispose d’une police et d’une gendarmerie qui remplissent leurs missions mais restent confrontées au défi complexe de l’insécurité. Les formes de cette insécurité sont diverses. A la criminalité et délinquance ordinaires qui existent dans tous les pays s’ajoutent les attaques des groupes armés djihadistes qui ont fait plus de 2 millions de déplacés internes et plus de 26.000 morts depuis 2015, dont 15.000 depuis septembre 2022 (VOA, 2024 ; Toulemonde, 2024).
C’est dans ce contexte marqué par l’insécurité qu’une enquête Afrobarometer au Burkina Faso en 2022 a exploré les expériences et les évaluations des citoyens sur le professionnalisme de la police.
Selon les résultats, la majorité des Burkinabè ont déclaré s’être sentis en danger dans leur quartier ou dans leur propre maison au cours des 12 derniers mois. Ces formes d’insécurité ont nettement augmenté au cours de la dernière décennie, touchant plus durement les citoyens les plus pauvres.
Seul un dixième des Burkinabè ont sollicité l’aide de la police au cours de l’année précédente, tandis que la moitié ont eu des contacts avec la police dans d’autres situations, telles que les contrôles de routine. Parmi les citoyens qui ont demandé l’aide de la police, plus des trois quarts ont déclaré l’avoir obtenue sans difficulté, mais six sur 10 ont dit avoir dû verser des pots-de-vin. Cette exigence de corruption a été également rapportée par près de la moitié de ceux qui ont rencontré la police dans d’autres circonstances.
Malgré des perceptions de corruption policière élevées, la majorité des Burkinabè ont déclaré faire confiance à la police et ont affirmé que les agents agissent « souvent » ou « toujours » de manière professionnelle et dans le respect des droits des citoyens.
Toutefois, une majorité de citoyens ont jugé que la police a fréquemment recours à la force excessive, que ce soit envers les présumés criminels ou lors des manifestations, et qu’elle procède à des arrestations arbitraires de conducteurs.
Face à ce climat d’insécurité généralisée, la confiance dans l’action gouvernementale s’effrite. Seul un quart des Burkinabè ont approuvé la performance de leur gouvernement en matière de lutte contre l’insécurité et la criminalité, soit une baisse marquée depuis 2015.
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