La corruption prend de l’ampleur en Côte d’Ivoire et risque de gangréner la gestion de la crise de la COVID-19

Les résultats de l’enquête récente d’Afrobarometer révèlent qu’une bonne partie des Ivoiriens perçoivent de la corruption chez « la plupart » ou « tous » les agents de l’État.

Les policiers et les gendarmes sont classés à la tête, suivis par les magistrats, les agents des impôts, et le président avec les officiels de la Présidence. En même temps, depuis 2013, l’insatisfaction des citoyens est croissante en ce qui concerne la lutte contre cette corruption au sein de l’administration publique. 

Dans un contexte de crise liée à la pandémie de la COVID-19, ces données suggèrent que les décideurs politiques, la société civile, et les médias doivent accentuer la lutte contre la corruption pour plus de transparence et reddition des comptes dans la gestion des ressources de l’État. Les aides destinées aux populations les plus vulnérables et aux travailleurs du secteur informel ou privé pourraient aussi être détournées si un processus transparent n’est pas mis en place par les services de l’État.

La corruption est aggravée par le fait que le citoyen lambda ne puisse dénoncer des actes de corruption en raison de la peur de représailles contre sa personne.

Pour toutes ces raisons, la corruption est une préoccupation particulière qui doit susciter l’intérêt des acteurs animés par les principes de bonne gouvernance en Côte d’Ivoire.