
L’engagement politique et civique des jeunes africains est nécessaire pour revitaliser la démocratie et garantir la responsabilité sur tout le continent – tel est le message qui a fortement trouvé un écho auprès des parties prenantes lors d’un événement parallèle organisé par Afrobarometer, en collaboration avec le Partenariat européen pour la démocratie, pendant le 5e Symposium des jeunes du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) au Parlement panafricain de Midrand la semaine dernière.
Organisé sous le thème « La jeunesse dans la gouvernance : de la promesse à la prospérité », ce symposium de deux jours a réuni de jeunes leaders de toute l’Afrique, des représentants diplomatiques, des décideurs politiques, des dirigeants du secteur privé et des représentants des médias pour un dialogue intergénérationnel et un échange entre pairs visant à construire un avenir audacieux et uni pour les démocraties africaines.
Les participants ont exploré l’influence croissante de la génération Z et la manière dont l’activisme des jeunes remodèle les activités civiques et politiques à travers le continent. Ils ont souligné l’urgence de réformes de la gouvernance qui répondent véritablement aux attentes des citoyens, notant que les promesses non tenues risquent d’aggraver la frustration et le désengagement des jeunes. Les discussions ont également mis en lumière le rôle essentiel de la communication à l’ère numérique pour promouvoir la transparence, la responsabilité et la participation citoyenne à la gouvernance.
L’événement parallèle Afrobarometer/Partenariat européen pour la démocratie, intitulé « La voix des jeunes face aux données : transformer les connaissances en actions », a souligné l’importance des données pour l’élaboration de politiques adaptées à la jeunesse africaine. Cette session a présenté des analyses fondées sur les données concernant les aspirations des jeunes africains, le chômage, leurs opinions sur les migrations et leur participation politique et civique.
Les données d’Afrobarometer présentées par Asafika Mpako, coordinatrice de la communication pour l’Afrique australe, révèlent que les jeunes africains sont moins enclins que les générations précédentes à participer à diverses activités politiques et civiques, même s’ils sont plus enclins à manifester. Si nombre d’entre eux soutiennent la gouvernance démocratique et rejettent les régimes autoritaires, ils font moins confiance à leurs dirigeants élus que les citoyens plus âgés et sont plus susceptibles de les percevoir comme corrompus. Les jeunes Africains sont également la génération la plus encline à accepter un régime militaire en cas d’abus de pouvoir de la part des dirigeants élus. Parallèlement, le chômage élevé et l’accès limité aux opportunités économiques alimentent le désir d’émigrer chez les jeunes.
En complément de ces observations, l’Indice mondial de participation des jeunes, élaboré par le Partenariat européen pour la démocratie, offre une perspective comparative mondiale sur l’engagement des jeunes dans les activités politiques et civiques. Couvrant plus de 140 pays et mesurant quatre dimensions clés – le contexte socio-économique, l’espace civique, les affaires politiques et les élections –, l’indice démontre que, malgré leur désir de s’engager, les jeunes sont confrontés à d’importants défis, notamment en matière d’accès à l’information, aux ressources, aux espaces et à la représentation, et quant à leur capacité réelle d’influencer la prise de décision.
Mikhail Nyamweya, consultant en recherche au Partenariat européen pour la démocratie, a souligné le désir des jeunes de façonner l’avenir, mais a noté la lenteur des réformes : « Le message est clair : les jeunes sont actifs, mais les institutions tardent à réagir », a-t-il déclaré. « L’Afrique est la région la plus jeune du monde, pourtant la plupart des instances décisionnelles n’intègrent pas la représentation des jeunes ».
Lors de la séance plénière, la Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, ancienne présidente de la Commission de l’Union Africaine, a souligné l’importance de donner aux jeunes les moyens d’agir. « L’essentiel est d’investir dans la jeunesse », a-t-elle déclaré. « Le peuple est notre ressource la plus précieuse ».