- Les systèmes de justice formel et informel continuent de coexister : A travers 38 pays, près de la moitié des citoyens considèrent la police (41%) ou les tribunaux locaux (7%) comme leur premier recours pour résoudre leurs problèmes juridiques, tandis que 26% s’adresseraient d’abord aux chefs traditionnels, aux tribunaux traditionnels ou aux anciens (Figure 1).
- En moyenne, seulement la moitié (50%) des Africains se disent confiants à la capacité des citoyens ordinaires à obtenir justice devant les tribunaux. Quant à la perception de l'équité et de la célérité des procédures judiciaires, une courte majorité (51%) de répondants pensent pouvoir obtenir un jugement équitable, tandis que seulement 43% estiment que les affaires ont des chances d'être résolues dans un délai raisonnable (Figure 2).
- Le sentiment d'inégalité devant les tribunaux est également un problème répandu : Une majorité (59%) d'Africains estiment que les personnes sont « souvent » ou « toujours » traitées de manière inégale devant la loi (Figure 3).
- Le coût représente un obstacle majeur au recours aux tribunaux pour résoudre les problèmes. Seuls 46% estiment pouvoir se payer une assistance juridique, et à peine 44% pensent pouvoir assumer les frais de justice (Figure 4).
- Les préoccupations liées aux inégalités sont également largement répandues en ce qui concerne les peines prononcées par les tribunaux : Près de la moitié (48%) des répondants estiment que les puissants s’en tirent à bon compte, tandis que seulement 13% pensent que c’est le cas pour les gens ordinaires (Figure 5).

Les Africains continuent de recourir à la fois aux systèmes de justice formels et informels pour régler leurs différends juridiques, et nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la capacité des tribunaux à rendre une justice équitable et abordable dans des délais raisonnables, selon le dernier Profil Panafricain d’Afrobarometer.
Le nouveau rapport, basé sur 50.961 entretiens menés dans 38 pays africains en 2024-2025, révèle que si de nombreux citoyens s’adressent en premier lieu à la police ou aux tribunaux locaux pour résoudre leurs problèmes juridiques, environ un quart d’entre eux privilégient les chefs traditionnels, les tribunaux coutumiers ou les anciens. La confiance au système judiciaire formel n’est pas forte : Seulement la moitié des Africains sont confiants que les citoyens ordinaires peuvent obtenir justice devant les tribunaux, et la perception d’équité et de rapidité est tout aussi faible. Une majorité d’Africains estiment que les personnes sont fréquemment traitées de manière inégale devant la loi, et près de la moitié pensent que les individus puissants qui enfreignent la loi s’en tirent à bon compte.
Les obstacles financiers limitent également l’accès à la justice : Moins de la moitié des citoyens pensent pouvoir se permettre une assistance juridique ou les frais de justice en cas de besoin.