Briefing Papers | BP113FR: Coulibaly, Massa and Michael Bratton. La crise au Mali : attitudes populaires ambivalentes sur la voie à suivre. 2013

La crise au Mali : attitudes populaires ambivalentes sur la voie à suivre




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Document d¶information de l¶Afroba 113romè tre N
 
LA CRISE AU MALI : ATTITUDES POPULAIRES 
AMBIVALENTES SUR LA VOIE À SUIVRE 
 
par Massa Coulibaly et Michael Bratton  
 
Février 2013 
 
 
Le Mali est confronté à une crise politique aux multiples facettes. Un coup d¶État militaire a 
sérieusement entravé l¶volut du pionays vers la démocratie et une escalade du conflit armé a 
ébranlé la souverainet d  e l¶État.
 
Ce document dinformation value les atti-tà-udevis des du pu la démocrblatiie ec vt die lsa 
gouvernance au Mali à un moment difficile de l¶histoiu rréte du pablissemayents. Le d  d¶un fi d
gouvernement efficace et responsable nécessitera une direction visionnaire nationale. Mais cela 
ne pourra se faire sans des citoyens exigeant que le pays ne revienne sur la voie du 
développement politique durable. Il est donc important de s¶informsuerr  l¶opini deson Maliens 
sur les causes et la situation de la crise politique de leur pays ± et les solutions possibles.  
 
Une enqute de l¶Afrobaromtre condun i2012 dvte au Maoilil e fil¶humeur inquite et 
ambivalente de l¶lectorat. Une grande majorit pense que le pays va dans la mauvaise direction. 
Ils attribuent cette évolution défavorable principalement à l¶incomptence des politiciens civils et 
à la fragilité des institutions de lɶtat. Ils sont partagés sur le meilleur moyen de mettre fin à 
l¶insurrection  : lara gmuerere ou les négociations. Dans cette recherche de solutions, les Maliens 
expriment une perte de confiance dans la dmocratie, ainsi quune g en dirmandinute (ion) mais
confiance dans l¶Caepermndane. t, signe de résilience démocratique, une grande majorité des 
Maliens continue de croire que les élections restent le meilleur moyen de reconstituer un 
gouvernement. 
 
L¶enqut e
Projet de recherche basé sur des enquêtes comparatives et indépendantes dirigées par des 
Africains, l¶Afrobaromappotrre te rl¶opinion publique sur les questions de dmocratie et de 
gouvernance dans 35 pays africains. Le projet sappuie sdesur éc hantillons nationaux aléatoires 
représentatifs de la population adulte dans chaque pays. Les participants à l¶enqute rpondent en 
personne et dans la langue de leur choix aux questions posées par des recenseurs formés. Les 
données sont pondérées afin de représenter de manière égale chaque sondé et chaque pays.  
 
Trois éléments doivent être pris en compte en ce qui concerne l¶enqute du Rou 5 réandlisée par 
l¶Afrobaromtre au M : ali
 
(a) Les réponses ont été recueillies entre le 16 et le 31 dcembre 2012. Lenqute fait donc suite 
au coup dÉtilatitai mre (22 mars 2012), à la prise du nord du Mali par les insurgés (avril), à 
l¶attaque du prsident civil (mai) et à l¶arrestat décion du embre 201pr2)em. iMaeris  ministre (10
elle prcde l¶avancpe militaire des combattants jihadaly, aiisnsit ques e sur Konna et Diab
l¶intervention dirige par les Franais qui l es2013 on). Les t rrepouésultatsss prsése n(tjésanv ier
ne constituent donc quune photo de l¶opinion publique à un moment particulier d¶une priode 
tumultueuse de changements.  
 



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(b) L¶chantn a éiltlé otronqué. En raison des conflits armés dans le nord, la portée géographique 
de l¶enqute a t limitpe aux six rgions mridionales du pays (Bamako, Kayes, Koulikoro, 
Mopti, Ségou et Sikasso). Les régions de Gao, Kidal et Tombouctou, représentant plus de 50 % 
de la superficie du Mali, mais moins de 10 % de sa population, en sont donc exclues. De ce fait, 
les Touaregs et les personnes parlant Tamasheq n Lontcha pasnt iltl on eintster drogonc s.
représentatif de la population adulte âgée de 18 ans et plus des six régions du sud.  
 
(c) L¶avantage de la mthode comparative de l¶Afrobaromtre est de fournir des informations sur 
les attitudes politiques gnrales envers le rgime et l¶État. Les cinq enqutes menes par 
l¶Afrobaromtre depuis 20ttent00 per aux analmeystes de suivre les tendances de ces attitudes au 
fil du temps. Mais les enquêtes illustrent moins les sources et la trajectoire des conflits civils ou le 
rôle des forces armées nationale ou internationale.  
 
Les attitudes à l¶gard de ocratile a dm
· Les Maliens sont-ils pour la démocratie ? En décembre 2012, une nette majorité (62 %) a 
déclaré préférer la démocratie à toute autre forme de régime politique. Mais la proportion 
en faveur de la démocratie est en baisse de 10 % par rapport à 2008 (figure 1). 
 
· Dans le même temps, les Maliens reconnaissent que la construction de la démocratie est 
loin drtre acheve dans leur pays. Il estes vtirmaiant que  le Malli coa pmmroe portion 
étant « une démocratie pleine et entière » a constamment augmenté entre 2000 et 2008. 
Mais fin 2012, aprs le coup dÉtat militaire et l¶effondrement partiel de l¶État, seuls 
12 % considéraient leur pays comme pleinement démocratique.  
 
· Cette chute dans l¶opinion retpublrouve  ique égalemseent  dans la satisfaction populaire 
envers « la manière dont la démocratie fonctionne ». Après avoir culminé en 2002, cet 
indicateur a commenc à dcliner. En 2008, avant mme le coup d¶État, moins de la 
moitié des Maliens exprimaient leur satisfaction, en partie à cause du mécontentement 
croissant vis-à-vis de la corruption perue dans l¶administration Amadou Toumani Tour 
(également appelé « ATT »). En 2012, la satisfaction envers la pratique démocratique a 
encore chut à moins dun tiers de  l¶lectorat. 
 
 
 2 

Figure 1 : Attitudes à l¶pgard de la 
démocratie, Mali 2000-2012* 
100
9086
8281
82
80
7172
7068
606362
57
60
5949
50
40
30323331
30
24
20
12
10
0
20002002200520082012
Préfèrent la démocratie
Perçoivent une démocratie pleine et entière
Sont satisfaits de la démocratie
Sont attachés aux élections
Pourcentage des adultes exprimant cet avis. Se reporter au texte pour la formulation de la question.
*Six régions en 2012 (Bamako, Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou et Sikasso). Les neuf régions pour 2000-2008.



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· Malgr la perte de confiance dans l¶exercice de la dmocratie dans leur pays, les Maliens 
restent attachés aux élections. En 2012, 82 % continuent à privilégier « le choix des 
dirigeants par des élections régulières, ouvertes et honnêtes » plutôt que par « une autre 
méthode ». En effet, les élections sont devenues une caractéristique institutionnalisée de 
la vie politique malienne, avec plus de huit sondés sur dix favorables à des élections selon 
toutes les enquêtes depuis 2002. 
 
Les attitudes à l¶ gal¶arrd demp e
· Quels sont les sentiments des Maliens à propos du pouvoir militaire ? La majorité (58 %) 
rejette cette forme de gouvernement. Mais la proportion de la population adulte qui 
approuve un régime dans lequel « l¶arme intervient pour gouv er» esnert pas séle pe ays
de 25 % en 2008 (avant le coup d % en 2État)012 à 34 (aprs le coup d¶ Éta2). t) (figure
 
· Par rapport aux autres pays africains, le soutien populaire au régime militaire au Mali a 
toujours été élevé. En 2012, dans douze autres pays africains, seuls 11 % des électeurs 
ont indiqu qu¶ils approuveraient un coup dÉtat militaire. Le niveau lev de soutien au 
régime militaire au Mali surprend si l¶on cons li¶dpvriedente fai±bl sures le cse hamp de 
bataille comme en gouvernance ± des forces armées, dirigées par le capitaine Amadou 
Sanogo.  
 
· Les Maliens ont toujours accordé une confiance considérable aux institutions militaires. 
Environ huit sondés sur dix ont exprimé « beaucoup de confiance » ou « une très grande 
confiance ª envers l¶arme à pa de 2000 rt(queir stion non posée en 2008). Cette 
confiance a tout de même été quelque peu branle par le coup d¶État de mars 2012 car, 
par la suite, la confiance populaire a baissé de 20 % (à 67 % en décembre 2012). Mais 
deux Maliens sur trois accordent toujours leur confiance à  l¶arme. 
 
· Les attitudes générales envers les politiciens civils permettent de mettre ce résultat en 
perspective. En décembre 2012, moins de la moitié (43 %) ont exprimé leur confiance au 
président civil par intérim installé après le coup d¶État militaire. Une proportion tout 
aussi faible accorde sa confiance à l¶A ssemble nationale. 
 
 
 3 

Figure 2 : Attitudes à l¶pgard de larmpe,
Mali 2000-2012* 
100
9087
79
808081
7170
7072656267
60
61
5043
42
40
34
30242425
19
20
10
0
20002002200520082012
Approuvent le régime militaire
Accordent leur confiance à l¶armpe
Accordent leur confiance au Président
Accordent leur confiance à l¶Assemblpe nationale
Pourcentage des adultes exprimant cet avis. Se reporter au texte pour la formulation de la question.
*Six régions en 2012 (Bamako, Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou et Sikasso). Les neuf régions pour 2000-2008.



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· Interrogés sur : « la crise au Mali a-t-elle chang votre perception d », deux fe lo¶is arme
plus de Maliens répondent positivement (55 %) que négativement (27 %). 
 
Les attitudes à l¶gard de  l¶État
· Bien que les insurgés aient mis à mal l¶intgrit territoriale du Mali, les citoyens 
continuent de conférer une légitimité aux institutions de l¶É. Ltat enqute de 2012 rvle 
un effet de « rassemblement autour du drapeau », du moins parmi les habitants des 
rgions mridionales du pays. Ces citoyens indiquent une plus grande volont dobir aux 
décisions de justice, aux ordonnances de police et aux demandes de paiement de l¶impôt 
quils ne le faisaient  auparavant. 
 
· Par ailleurs, une écrasante majorité des Maliens (88 %) pense qu¶« il est important 
dobir au pouvoir en place, quel que soi »t. C son e résucholtat icontx rasltee actvorec al
la minorité des 11 % qui affirme qu¶« il n¶est pas ncessaire d¶obir aux lois dun 
gouvernement pour lequel vous n av». ez pas votp
 
· En attribuant les causes de la crise aux multiples facettes au Mali, les citoyens ont 
tendance à blâmer les politiciens (figure 3). Ils soulignent avant tout « un manque de 
patriotisme chez les dirigeants », suggérant peut-être que les politiciens civils sont trop 
complaisants lorsqu¶il s¶agit de dfendre l Dan¶s line mtgêmre eitspr dit, e lles ¶État.
sondés soulignent également « l¶incomptence de la clasue »se. La deuxi politèimqe 
réponse la plus fréquente est « la faiblesse d e lª, pouv¶Étatant suggrer l¶incapacit des 
institutions étatiques à répondre aux défis ± y compris aux attaques armées ± de son 
environnement politique. Ils ne mentionnent « les terroristes étrangers » que comme 
troisième cause de la crise politique.  
 
· Parmi toutes les institutions politiques au Mali ± étatiques et non étatiques ± les plus 
faibles sont les partis politiques. Près de trois Maliens sur cinq (58 %) ne se reconnaissent 
pas dans un parti politique (« ne se sentent pas proches dun p »). En arti politique
conséquence, le pays souffre dun manque  ddemeandes dinstitutions qui peuvent 
associer les citoyens   à l¶État.
 
 
 4 

«Quelle est, selon vous, la principale cause de la crise actuelle au Mali ? »
Question ouverte, une réponse autorisée, codée par les enquêteurs.

Figure 3 :  Causes perçues de la crise politique
100
90
80
70
60
503136
40
3016
20116
10
0Manque de patriotismFea diebs ldeirsigseea ntsde lÉtaTerrtoristes étrangersIncompétence de la clAasustre peolitique
Causes identifiées par les sondés maliens



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Quelle voie suivre ?  
· Les Maliens sont préoccupés par la détresse politique de leur pays. En décembre 2012, 
les trois quarts (75 %) des sondés ont dclar que leur pays s dans¶or la mienauvtaaiiset  
direction ». Cette seule statistique indique que les citoyens sont conscients de la crise et 
recherchent le moyen den s ortir.
 
· Mais les Maliens sont indécis quant à la meilleure voie à suivre. Interrogés sur les 
solutions à « la crise actuelle », ils expriment des opinions ambivalentes. En décembre 
2012, certains (38 %) favorisaient « la guerre contre les groupes armés dans le nord », 
bien que, dans ce même groupe, deux fois plus privilégiaient une attaque en représailles 
dirige par l¶arme malienne plutôt que par la CEDEAO (aucune question ne portait sur 
le rôle de la France). D9¶ aut% prrée paféraientrt «, 2 le dialogue » entre les combattants. 
Et 12 % souhaitaient le retour à « un État fort ».  
 
 
 
· La question connexe « Quelle est la meilleure façon de ne plus avoir un régime corrompu 
et incompétent ? » a recueilli des réponses plus tranchées. Près de la moitié des sondés 
(48 %) optent pour des élections. Et 15 % sont attachés au « respect de la Constitution ». 
Seulement 7 % sont favorables à un coup d¶Ét at militaire. 
 
· Par conséquent, la majorité des Maliens exigent de nouvelles élections qui installeraient 
un gouvernement constitutionnellement légitime. Ils reconnaissent que la restauration 
dun rgime dmocratique est un lment essentiel au processus de rptablissement dun 
état stable et souverain.  
 
· Les citoyens maliens vont ainsi dans le même sens que le journal The Economist, 
déclarant que « la stabilisation nécessite une élection... un scrutin équitable est aussi 
important que la reconqute par l¶arme de l a m» (2 oifévtriier n 201or3, d du pays
p. 39). Cependant, dans le même temps, ils continuent de douter de la compétence et de la 
probité de la classe politique civile, en particulier par comparaison à l¶arme, dont les 
dirigeants bnficient dun plus haut ni veau de confiance.
 5 

«Par quels moyens, selon vous, peut-on sortir de la crise actuelle ? »
Question ouverte, une réponse autorisée, codée par les enquêteurs.

Figure 4 :  Solutions proposées à la crise politique
100
90
80
70
60
5038
4029
3018
2012
103
0
Guerre avec les groupesD airamlogésue avec les groupÉtaes at rmfoérstÉducation civiqueAutre
Solutions proposées par les sondés maliens



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¬ propos de l¶Afrobarome tr
 
LAfrobaromt, prroejet collaboratif de recherche par enquêtes, est conduit par un réseau de 
spécialistes des sciences sociales de plus de 30 pays africains. La coordination générale du projet 
est assurée par le Centre pour le développement démocratique (CDD-Ghana). Au niveau régional, 
les principaux partenaires coordonnent les enquêtes et les autres activités : l¶Institut pour la 
dmocratie en Afrique du Sud (Idasa), l¶Institut de recherche empirique en conomie politique 
(IREEP) au Bnin, et  dle r¶Instecheitrutche pour le dveloppement (IRD) à l¶universit de 
Nairobi au Kenya. LUniversit d¶État du Michigan et l¶Universit de Cape Town fournissent des 
services de soutien analytique et technique. Le réseau Afrobaromètre remercie vivement le 
Département britannique pour le dveloppement international (DfID), l¶Agence sudoise de 
coopration pour le dveloppement international (ASD-UIn)is pou, l¶rA le gence des États
développement international (USAID), la Banque mondiale et la Fondation Mo Ibrahim pour 
leurs généreuses contributions. Les subventions des donateurs permettent de soutenir la 
recherche, le renforcement des capacités et les activités externes des Rounds 5 et 6 de 
l¶Afrobaromtre -201(2015).1 Pour plus d¶information-vs, rous àen ldez¶ad r: esse
www.afrobarometer.org 
 
 
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Author(s) Coulibaly, Massa and Michael Bratton
Year(s) 2013