BP157: Guinéens apprécient l’influence de la Chine mais préfèrent le modèle des Etats-Unis

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Briefing papers
2015
157
Massa Guilavogui

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Si la Chine n’est pas un acteur nouveau en Afrique, sa présence s’est beaucoup renforcée au cours de la dernière décennie. En effet, le forum sino-africain tenu en 2006 confirme la place centrale que tient désormais l’Afrique dans les stratégies extérieures du gouvernement chinois.

Cet intérêt croissant de la Chine pour l’Afrique fait l’objet d’interprétations diverses. Bien que l’investissement soit bienvenu, sur le plan social, politique, et environnemental, l’intervention de la Chine en Afrique est beaucoup plus critiquée. En effet, ses détracteurs se plaignent que les droits sociaux des travailleurs africains employés par les entreprises chinoises sont régulièrement bafoués (sous-payés, non reconnaissance des syndicats, etc.) et que les entreprises chinoises ne font preuve que de très peu de responsabilité sociale et avec une main-d’œuvre chinoise ignorent le renforcement des capacités locales. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’on assiste à des réactions d’opposition à la présence chinoise de la part des populations d’Afrique.

En outre, le respect des normes environnementales constitue un autre point sur lequel la Chine fait l’objet d’attaque et de critique, accusé de négligence dans la quête des ressources naturelles et la mise en œuvre des projets d’infrastructures (routes, ponts, voies ferrées, barrages, etc.).

Une autre préoccupation concerne le renforcement de la démocratie. La Chine ne pose pas de conditions à son aide en termes de politiques et d’orientations économiques. Pas plus qu’elle n’a d’exigence vis-à-vis de ses partenaires en termes de démocratie, de transparence dans l’usage des fonds, de lutte contre la corruption, etc. Sa politique de coopération se fonde sur la « non-ingérence » dans les affaires intérieures des pays africains. Ce qui l’amène à investir dans des pays où la corruption et les violations des droits de l’homme atteignent des proportions endémiques, comme au Zimbabwe et au Soudan. D’ailleurs on reproche à la Chine de faire pire encore, en collaborent avec les états peu recommandables. En effet, l’Union Européenne et d’autres bailleurs de fonds soulignent qu’en collaborant avec ces régimes, la Chine sape les effets des pressions de la communauté internationale qui sont exercées sur eux, fait voler en éclat le consensus des bailleurs à leur sujet, et ce faisant, les conforte.

Toutefois, on peut se demander si les autres bailleurs dans leurs relations avec les pays africains détiennent-ils le monopole de la vertu. Les conditionnalités démocratiques avancées par ces bailleurs tiennent parfois aussi du double discours quand on sait les relations très complices entretenues par les Européens avec un certain nombre de régimes autoritaires ou tout au moins douteux. Par ailleurs, étant la « dernière arrivante » en Afrique, la Chine n’a-t-elle pas été forcée d’investir dans des pays « moins recommandables » sur le plan international, les compagnies occidentales monopolisant déjà les marchés dans d’autres pays?