AD282: How trustworthy and professional is Togo’s military? Depends on whom you ask

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Dépêches
2019
282
David Jacobs and Thomas Isbell

Au Togo, l'armée est un acteur politique très influent. En 1967, un coup d'état militaire a installé Eyadema Gnassingbé à la présidence, et il a gardé le pouvoir jusqu'à sa mort en 2005. Juste après son décès, le fils d'Eyadema, Faure Gnassingbé, a été déclaré président avec le soutien de l'armée. Il a démissionné sous la pression des dirigeants de la sous-région mais a repris le pouvoir après avoir gagné les élections d'avril 2005, jugées « libres et transparentes » par la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) mais qui ont occasionné des affrontements violents réprimés par l'armée togolaise (Venkatachalam, 2017; Wong, 2017). La proximité des militaires avec le pouvoir exécutif a été longtemps décriée par les partis d'opposition, qui accusent les forces armées d'avoir l'emprise non seulement sur l'autorité gouvernementale mais également sur les principales institutions financières du Togo (IRIN, 2005).

Le lien étroit de l'armée avec le pouvoir s'explique essentiellement par sa composition ethnique; elle se compose en effet principalement des membres du groupe ethnique du président, la tribu Kabyè du Nord (Venkatachalam, 2017). Au moment du coup d'état militaire de 1967, le groupe ethnique dominant en politique au Togo était les Ewé, qui occupaient environ 70% des portefeuilles ministériels. Depuis le coup d'état – dirigé par un colonel de l'armée d’origine Kabyè – les Kabyè ont dominé le paysage politique, même s'ils ne font que 13% de la population (Crux, 2018).

Amnesty International a critiqué les forces de sécurité togolaises pour l'usage excessif de la force contre les manifestants, journalistes, et membres de l'opposition politique. Sous Faure Gnassingbé, l'armée a été accusée d'être particulièrement agressive envers les médias qui affichent le moindre signe d'opposition politique (Amnesty International, 2017a). Lors de plusieurs rencontres organisées au fil des années, le gouvernement togolais a publiquement exprimé son engagement à réduire les violations des droits de l'homme perpétrées par le dispositif de sécurité, mais il n'y a que peu de preuve de ce que des efforts aient été véritablement faits, au-delà de la rhétorique (Amnesty International, 2017b).

Eu égard au rôle controversé de l'armée au niveau national, quelle perception les citoyens togolais ont-ils de leur armée? Les résultats de l'enquête d'Afrobaromètre la plus récente révèlent qu’un peu moins de la moitié des Togolais font confiance à l'armée, pensent qu'elle protège efficacement le pays, et affirment qu'elle agit avec professionnalisme et dans le respect des droits des citoyens – appréciations toutes marquées par de grands clivages ethniques, régionales, et socio-économiques.

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